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Lever l’interdiction de don de sang

La Société canadienne du sang et Héma-Québec n'acceptent pas le sang des personnes qui ont des comportements sexuels à risque élevé. FAUX

Les maladies transmises par le sang résultent de comportements sexuels à risque élevé qui ne sont pas exclusifs à une orientation sexuelle ou à un sexe en particulier. Les pratiques sexuelles d'une personne ne sont pas dictées par ses organes génitaux. N'importe qui peut se livrer à des activités sexuelles dangereuses.

Les hommes homosexuels sont plus susceptibles d’être séropositifs et de ne pas le savoir. FAUX

Au Canada, les hommes homosexuels ne représentent qu'un peu plus de la moitié de toutes les personnes vivant avec le VIH. Par ailleurs, les personnes exposées au virus du sida par des rapports hétérosexuels sont plus nombreuses à ignorer leur séropositivité. Afin de tenir compte de toutes les maladies transmissibles par le sang, les questions de dépistage devraient porter sur les comportements à risque élevé au lieu de se concentrer sur l'orientation sexuelle ou l'identité de genre.

L’interdiction du don de sang ne nuit à personne. FAUX

Le Canada est aux prises avec une grave pénurie de sang.  Nous avons besoin d’un plus grand nombre de donneurs. L’interdiction empêche de nombreuses personnes de donner de leur sang, même si elles ne s'adonnent pas à des comportements sexuels à risque élevé, ce qui réduit inutilement le bassin de donneurs.

L’interdiction cause aussi du tort aux personnes contre qui elle est discriminatoire, de même qu’à tous les membres de la communauté LGBTQ au Canada. En posant des questions de dépistage qui ciblent l’orientation sexuelle (c.‑à‑d. les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes) plutôt que certains comportements à risque élevé, la SCS et Héma-Québec perpétuent les préjugés à l’encontre de la communauté LGBTQ. 

Mettre fin à l’interdiction mettra la population en danger. FAUX

La récente modification de l'interdiction à vie en une période d’exclusion de cinq ans n’a pas entraîné de changement dans la sécurité des réserves de sang ni d’augmentation du nombre de tests sanguins positifs ciblant les infections transmissibles par le sang comme l’hépatite C ou le sida.

Unifor ne militerait pas en faveur d'un changement de politique qui mettrait la population en danger. La politique actuelle ne tient pas compte des importants progrès réalisés dans les tests de dépistage, grâce auxquels il est maintenant possible de détecter de nouvelles infections au VIH neuf jours seulement après une exposition. Chaque échantillon de sang est analysé de façon approfondie, quelle que soit l’orientation sexuelle ou l’identité de genre du donneur.

Modifier les questions de dépistage de façon à ce qu’elles ciblent le comportement pourrait en fait améliorer le processus de dépistage, puisque tous les donneurs devraient répondre aux mêmes questions portant sur certains comportements sexuels à risque élevé, au lieu que la SCS et Héma-Québec tiennent pour acquis que ces comportements sont l'exclusivité des homosexuels et de certaines femmes transgenres.

La Société canadienne du sang et le gouvernement reconnaissent tous deux ce fait. En juin 2016, la SCS a fait savoir dans un communiqué de presse qu’elle « explore la possibilité de passer à un dépistage axé sur le comportement ».[i] Le premier ministre Justin Trudeau a fait campagne en promettant de mettre fin à l'interdiction discriminatoire visant les dons de sang.

Malgré tout cela, l’interdiction du sang est encore maintenue sans qu'on puisse en entrevoir la fin.