Lettre au ministre du Travail McNaughton sur l'utilisation de briseurs de grève lors de la grève d'Unifor chez HBC Logistics

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Picketers at HBC Logistics warehouse
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L’honorable Monte McNaughton, député

Ministre du Travail, de la Formation et du Développement des compétences

Cher ministre McNaughton,

OBJET : Utilisation de briseurs de grève lors de la grève d’Unifor chez HBC Logistics à Scarborough

Je vous écris pour demander la tenue d’une réunion urgente afin de discuter de la situation qui prévaut à Scarborough, où plus de 330 employés de l’entrepôt de commerce électronique de HBC Logistics sont en grève depuis midi, le 22 juin 2022. Moins de 48 heures après le début du conflit, l’employeur a déjà tenté à plusieurs reprises de faire appel à des briseurs de grève pour perturber le processus de grève et miner la capacité des travailleuses et travailleurs à négocier et à négocier une convention équitable.

Ces manutentionnaires du commerce électronique ont permis à La Baie de faire face à la montée en flèche des achats en ligne et de la collecte porte-à-porte pendant la COVID-19, allant même jusqu’à reporter la négociation quand leur convention collective est arrivée à échéance en mai 2021. Ils auraient alors obtenu une augmentation s’ils avaient négocié à ce moment-là, mais il semble maintenant que le détaillant phare du Canada exploite cyniquement la bonne volonté de ses travailleuses et travailleurs pour les priver de l’augmentation salariale qu’ils auraient dû recevoir et qu’ils auraient reçue en refusant le paiement rétroactif.

Les travailleuses et travailleurs de l’Ontario méritent de pouvoir négocier collectivement des conventions équitables qui leur permettront de subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille, sans être menacés par l’utilisation de briseurs de grève par les employeurs.

En mars 2021, Unifor a publié un document de travail intitulé Le bien-fondé d’une loi anti-briseurs de grève au Canada. Dans ce document, nous avons montré comment le recours aux briseurs de grève :

  • sape le pouvoir collectif des travailleuses et des travailleurs ;
  • prolonge inutilement les conflits de travail ;
  • supprime le pouvoir essentiel que le retrait de la main-d’œuvre est censé donner aux travailleuses et travailleurs pour aider à mettre fin à un conflit, c’est-à-dire la capacité d’exercer une pression économique ;
  • contribue à des lignes de piquetage plus conflictuelles ;
  • compromet la sécurité sur le lieu de travail ;
  • déstabilise les relations de travail normalisées entre les travailleuses et travailleurs et leurs employeurs ; et
  • supprime l’incitation des employeurs à négocier et à conclure des contrats équitables.

Le recours aux briseurs de grève prolonge les conflits de travail, rend les lignes de piquetage plus conflictuelles et sape les relations de travail normalisées. Les trois plus longs conflits de travail de l’histoire d’Unifor impliquaient le recours à des briseurs de grève, et dans l’histoire de notre syndicat, les conflits impliquant le recours à des briseurs de grève ont duré six fois plus longtemps.

Depuis mars 2021, nous avons fait campagne à l’échelle nationale, provinciale et locale pour soutenir l’établissement d’une vigoureuse législation anti-briseurs de grève aux niveaux fédéral et provincial dans tout le Canada, y compris pour le renforcement d’une telle législation dans les compétences où elle existe déjà.

En mars 2022, les libéraux et les néo-démocrates fédéraux ont annoncé qu’ils avaient conclu un « accord de confiance et de soutien ». Cet accord comportait l’engagement de présenter, d’ici la fin de 2023, une loi interdisant le recours aux briseurs de grève lorsqu’un employeur syndiqué d’une industrie sous réglementation fédérale a mis ses employés en lock-out ou en cas de grève. Nous continuons à faire pression pour que cette indispensable législation soit adoptée avant la fin de l’année 2023.

Le comportement anti-travailleur agressif de HBC Logistics est un autre exemple de la raison pour laquelle il est urgent qu’une législation anti-briseurs de grève rigoureuse soit aussi mise en place ici en Ontario.

En 2018, près de 300 membres de la section locale 16-O d’Unifor travaillant chez Compass Minerals à Goderich, en Ontario, ont fait la grève après avoir rejeté une proposition de l’entreprise en dessous des normes. En avril de cette année, environ 160 membres de la section locale 1859 d’Unifor chez le fabricant de pièces automobiles THK Rhythm Automotive ont fait une grève de trois jours, pendant laquelle leur employeur a eu recours à des travailleurs de remplacement. Plus tôt ce mois-ci, 220 membres représentés par la section locale 112 d’Unifor et travaillant chez UTIL Canada Ltd. ont fait la grève, et leur employeur a également eu recours à des travailleurs de remplacement.

Je sollicite respectueusement une rencontre dès que possible pour discuter de cette situation préoccupante et vous en dire plus sur les expériences des manutentionnaires de HBC Logistics à Scarborough. Tout au long de la récente élection, vous avez défendu la cause des travailleuses et travailleurs de l’Ontario, et nous sommes impatients de collaborer avec vous pour les aider à faire un autre pas en avant grâce à l’adoption d’une loi anti-briseurs de grève en Ontario.

Cordialement,

Naureen Rizvi,
Directrice de la région de l’Ontario, Unifor

cc. L’honorable Doug Ford, premier ministre de l’Ontario, Walid Abou-Hamde

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