Résister. Revendiquer. Réinventer. La Conférence nationale sur la condition féminine rend hommage au passé et prépare un avenir meilleur

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A woman speaking to an audience
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Devant près de 400 participantes lors de la Conférence nationale sur la condition féminine d’Unifor à Port Elgin, en Ontario, Joanna Johnson, enseignante et créatrice de contenu sur TikTok, a lancé l’événement avec une allocution liminaire mettant de l'avant la force des femmes et la vérité qu’elles doivent faire valoir, posant ainsi le cadre des discussions prévues pour les jours à venir. 

« Nous avons peur de dire la vérité, car elle risque de freiner nos progrès et de limiter notre accès. »

Elle a invité les déléguées à assumer leur individualité et leur pouvoir, et à surmonter ces craintes : « Je n’oserais jamais remettre en cause la profondeur de notre réflexion ni celle de nos sentiments. L’émotion est notre super-pouvoir. »

Au cours des trois journées qui ont suivi, les participantes ont partagé leur vérité et participé à des activités militantes pour un avenir repensé, fondé sur la justice et l’équité pour toutes. 

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Résister : Le leadership d’Unifor met de l'avant le pouvoir du syndicat 

Dans un discours sincère et sans détours adressé aux déléguées, Lana Payne, présidente nationale d’Unifor, a abordé des sujets allant de la culture du viol à la défense du droit de grève, expliquant comment chacune de ces grandes questions pèse sur les membres en tant que dirigeantes syndicales, militantes et femmes. 
 

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A women speaking at a podium

« Je vois votre militantisme, votre leadership et ce que vous faites pour changer les choses au sein de vos sections locales et de vos communautés. Je vois la force imparable que vous représentez. Je vois votre colère face à l’injustice. »

« Nous voulons un monde où les femmes n’ont pas besoin d’être protégées, où il n’y a plus de femmes anonymes. Cette inconnue qui a été abandonnée par tout le monde, sauf par les femmes, notamment par les étudiantes en journalisme qui ont raconté son histoire. Ne doutez jamais de l’importance du journalisme d’enquête dans ce monde. » 

Mme Payne a remercié tout particulièrement les consœurs et leurs proches qui soutiennent les survivantes de violences conjugales. Elle a appelé tous les gouvernements de ce pays à déclarer la violence entre partenaires intimes comme une épidémie, exhortant les déléguées à prendre part à ce combat.

« Nos membres méritent un syndicat qui ne recule jamais, qui ne se contente jamais de moins et qui n’oublie jamais pour qui il se bat. »

Les travailleuses et les travailleurs, particulièrement les membres d’Unifor dans le secteur industriel au Canada, subissent de plein fouet les conséquences d’une guerre commerciale. Au milieu de cette crise, le gouvernement fédéral prend des mesures législatives destinées à les priver davantage de leur pouvoir et de leurs droits. 

Le projet de loi C-39 porte atteinte au Code canadien du travail, mettant ainsi en péril les codes du travail des provinces. Les modifications proposées ont pour but d’affaiblir la négociation collective libre et équitable. 

Mme Payne a rappelé son message au gouvernement, qu’elle lui renouvelle depuis le premier jour de cette consultation menée à la hâte : « Soit nous avons des règles équitables qui respectent nos droits constitutionnels, soit c’est le chaos. » 

Les membres peuvent se joindre à la lutte pour protéger le droit de grève et la libre négociation collective en s’inscrivant à la campagne du syndicat. 

Jennifer Murray, directrice de la région de l’Atlantique d’Unifor, et Samia Hashi, directrice de la région de l’Ontario d’Unifor, ont également pris part à la conférence. Les deux dirigeantes, après avoir évoqué les enjeux actuels auxquels sont confrontées les femmes dans leurs régions respectives, ont invité les déléguées à se joindre à leur combat. 
 

Mme Hashi, qui a elle-même fait syndiquer son lieu de travail au sein d’Unifor, a déclaré : « Nous nous syndiquons parce que chaque femme qui fait son entrée sur le marché du travail doit savoir qu’il existe un syndicat canadien fort, prêt à se tenir à ses côtés. »

L’un des moyens les plus percutants par lesquels nos consœurs et nos confrères syndicalistes ont fait preuve de solidarité réside dans les gains historiques obtenus lors des négociations collectives, comme le Programme des intervenantes auprès des femmes.

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A women at a podium speaking

« Notre combat pour les intervenantes auprès des femmes, a poursuivi Mme Hashi, vise à garantir la présence, sur le lieu de travail, d’une personne qui comprenne, qui écoute et qui sache comment aider. » 

Elle a remercié les militantes syndicales de longue date qui ouvrent la voie aux femmes et instaurent le changement : « Elles se sont battues parce qu’elles voulaient un avenir meilleur pour les femmes qui viendraient après elles. » 
 

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A women arms raised speaking at a podium

Mme Murray, qui a fait ses débuts dans le secteur ferroviaire, sait ce qu’il en est d’être la seule femme dans une salle. « Les femmes n’ont pas attendu que le mouvement syndical devienne féministe. Ce sont elles qui l’ont rendu plus féministe », a-t-elle ajouté.

Elle a évoqué les lieux de travail où les membres d’Unifor, tant les femmes que les hommes, militent pour obtenir plus de place et plus de pouvoir, notamment grâce à la récente création d’un comité sur la condition féminine au sein de la section locale 2121, sur les plateformes pétrolières au large de Terre-Neuve-et-Labrador. 

« Ce travail a indéniablement besoin de femmes intrépides. Il n’est pas facile d’être courageuse, mais c’est pourtant ainsi que nous trouvons notre force », a déclaré Mme Murray, faisant référence à ces actes de solidarité et à l’esprit d’entraide propre à la région de l’Atlantique qui caractérise le travail des consœurs et des confrères d’Unifor dans toute la région. 

Julie White et Peggy Nash ont récemment publié Women United un ouvrage rassemblant, à partir d’entrevues, des témoignages de première main de femmes dirigeantes des travailleuses et travailleurs canadiens de l’automobile (TCA), l’un des syndicats fondateurs d’Unifor. 

Elles sont revenues sur la lutte menée à Fleck Manufacturing, où la mobilisation des travailleuses et une grève de 163 jours ont réussi à imposer la formule Rand, soit le prélèvement automatique des cotisations syndicales.

Revendiquer : Bâtir une opposition féministe

Ces récits d’activisme passé ont alimenté une table ronde sur la Montée de la droite antiféministe, à laquelle participaient Frédérique Chabot, directrice générale d’Action Canada pour la santé et les droits sexuels, la journaliste Rachel Gilmore et Sarom Rho, coordonnatrice de l’Alliance des travailleurs migrants pour le changement (MWAC). 

Ces femmes ont parlé de la nécessité de lutter avec espoir dans des régions où la droite antiféministe a pris pied et gagne du terrain.

Mme Gilmore a commencé à couvrir l'extrême droite pendant la pandémie. « Ce mouvement a réellement explosé à cette époque où nous étions toutes et tous confinés », a-t-elle affirmé. 

Selon elle, ces groupes attirent les gens en apportant des réponses claires et simples à leurs craintes. 
 

Concernant l’avortement et les droits reproductifs, Mme Chabot a expliqué : « Quand on dit que l’avortement relève des soins de santé, un seul pays peut affirmer cette réalité : le Canada. Nous sommes la référence absolue. »

Elle a également rappelé aux déléguées qu’« il n’y a pas de prise en charge de l’avortement s’il n’y a pas de système de santé, s’il n’y a pas d’infirmières et d’infirmiers ».

C’est pourquoi Action Canada milite en faveur d’un système de santé public et de l’amélioration des normes du travail, conditions indispensables à la justice reproductive dans notre pays. 

Le travail de Mme Rho l’a amenée à côtoyer des travailleuses migrantes dans des entrepôts, des exploitations agricoles, des restaurants, des écoles, des bureaux et bien d’autres lieux encore. 

Elle a demandé aux déléguées de réfléchir aux facteurs responsables de la détérioration des conditions de travail.  

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A women speaking at a podium

« Ces migrantes sont-elles responsables de la baisse de nos salaires? Ont-elles demandé au gouvernement fédéral de réduire le financement du logement social? Ce sont les décisions prises par les employeurs et le gouvernement qui nuisent à l’ensemble des travailleuses. »

Leah Ward, directrice de l’Action politique et des communications au Congrès du travail du Canada, a fait le point sur sa carrière dans les domaines de la communication et de l’action politique.

« En politique, quand quelque chose ne se passe pas comme prévu, on entend : « Appelez les responsables de la communication, nous avons un problème de communication. » Mais notre vision du monde n’est pas façonnée par ce que nous entendons, mais par ce que nous vivons. »

Elle a cité l’exemple du projet de loi n° 6 en Alberta, qui visait à accorder aux travailleuses et travailleurs agricoles l’accès à certaines des protections du travail les plus élémentaires dont bénéficiaient déjà les autres travailleuses et travailleurs.

« Nous pensions mener un débat sur la sécurité au travail, mais les Albertains des zones rurales en avaient un autre, celui des difficultés et des problèmes auxquels sont confrontées les exploitations agricoles familiales. La question qui les préoccupait était la suivante : Y a-t-il une place pour mon mode de vie dans ce nouveau monde? » 

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Five women smiling

Réinventer : Rendre hommage aux femmes, filles et personnes bispirituelles autochtones disparues et assassinées et s’engager dans l’activisme de demain 

La conférence a débuté le 4 octobre, date qui marque la Journée nationale d’action pour les FFADA2S, soit les femmes, filles et personnes bispirituelles autochtones disparues et assassinées dont la vie a été emportée ou bouleversée par la violence.

Sandra DeLaronde, présidente de Giganawenimaanaanig (anciennement la Coalition des femmes et filles autochtones disparues et assassinées du Manitoba), a évoqué la réalité historique et toujours présente du génocide au Canada.
 

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A crowd walking behind a banner that reads; no more stolen sisters

« Des générations et des générations de femmes et leurs familles ont été déplacées. Nos pratiques ont été criminalisées. Pendant de nombreuses années, l’aspect spirituel de notre mode de vie n’a pas pu être pratiqué. » 

« Aujourd’hui, se réapproprier la langue est un acte de résistance. Se réapproprier notre place dans la cérémonie est un acte de résistance. »

Les déléguées ont défilé en soutien aux FFADA2S, rendant hommage aux vies perdues et s’engageant à agir pour mettre fin à la violence. 

Le projet d’« Alerte robe rouge » est un système d’alerte dédié aux femmes, filles et personnes bispirituelles autochtones disparues qui a le potentiel de sauver des vies dans tout le pays. 

Giganawenimaanaanig dirige les travaux de développement et de mise en œuvre d’un projet pilote de système d’« Alerte robe rouge » au Manitoba, mais les gouvernements provinciaux et fédéral n’ont pas encore entièrement financé ce système ni pris d’engagement quant à son adoption. 

Katherine Proulx White, Bii Waubun Kwe (Bee-Waa-Bun Quay), détentrice du savoir anishinaabe, apprenante de la langue, éducatrice culturelle et militante communautaire, s’est jointe aux déléguées lors de leur marche pour la justice. Elle s’est ensuite adressée à l’assemblée, répondant aux questions sur l’histoire et l’importance de la robe rouge en tant que symbole. 

« Les gens accrocheront des robes rouges, une couleur choisie par les aînés pour rendre hommage aux femmes disparues et assassinées. Le rouge est intimement lié à notre roue médicinale. Il symbolise le lien qui unit toutes les nations à travers l’Île de la Tortue. » 

Tracey Ramsey, directrice du Service de la condition féminine d’Unifor, a évoqué cet objectif qu’est la fin de la violence à l’égard des femmes, des filles et des personnes bispirituelles autochtones : « L’un des moments qui resteront gravés dans ma mémoire de cette semaine a été de traverser la longue file où vous étiez toutes vêtues de ce magnifique rouge lors de notre marche pour les femmes, filles et personnes bispirituelles autochtones disparues et assassinées. Vous voir toutes scander des slogans, brandir des pancartes et occuper l’espace pour réclamer la fin de la violence à l’égard des femmes autochtones. » 

« Et je me suis dit : Voilà ce à quoi doit ressembler la solidarité.
 

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A women speaking at a podium
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A women banging on a drum

Les femmes d’Unifor mènent des campagnes nationales et locales pour exiger un avenir sans violence entre partenaires intimes, pour l’égalité salariale, la justice reproductive et un régime de services de garde d’enfants entièrement financé. 

Au cours de la conférence, un groupe de membres a fait le point sur ces campagnes et a invité les déléguées à passer à l’action. 

Le mercredi matin, alors que la conférence touchait à sa fin, les déléguées se sont réunies en groupes régionaux afin de planifier la poursuite de leur militantisme et de mettre en œuvre ces campagnes dans leurs régions respectives. 

« À notre arrivée ici dimanche, certaines d’entre nous étaient accompagnées de femmes de nos sections locales, alors que d’autres ne connaissaient presque personne, voire personne du tout. Mais regardez autour de vous dans cette salle à présent. Des liens d’amitié se sont tissés ici », a fait remarquer Mme Ramsey aux déléguées.

« Les victoires dont nous avons héritées sont le fruit du combat de tant de femmes qui ont refusé de se taire. Il nous incombe désormais de protéger ces victoires et de continuer à progresser. »

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stage pannel from the back of the room
Four women pose in front of a banner that reads; sisterhood builds better, smiling