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L'assurance-médicaments

Unifor milite pour la création d’un régime national public d’assurance-médicaments. Le Canada a absolument besoin d’un système social solide qui offre un accès universel à des soins de santé pour prospérer dans l’économie mondiale. Or, le Canada est le seul pays développé doté d’un système de santé universel qui n’a pas de régime universel d’assurance-médicaments.  Les sondages les plus récents indiquent que 91 p. cent des Canadiennes et Canadiens veulent un régime national d’assurance-médicaments. Il est temps d’agir maintenant. Ensemble, nous devons revendiquer un régime universel d’assurance-médicaments pour tout le monde, peu importe le revenu, l’âge ou l’endroit où une personne vit et travaille.

Pourquoi un régime d’assurance-médicaments?

Une population en meilleure santé

En tout, 8,4 millions de Canadiens, dont un nombre disproportionné de femmes et de jeunes travailleurs, n’ont aucune assurance-médicaments.   L’absence d’accès universel provoque souvent des conséquences néfastes. Par exemple, le non-respect des ordonnances et les interactions médicamenteuses peuvent entraîner des hospitalisations et des décès, en sus de coûts supplémentaires pour le système. Pire encore, plus on occupe un emploi précaire, moins on est susceptible d’avoir des assurances.

Un sondage réalisé par Angus Reid en 2015 a révélé que 23 p. cent des Canadiennes et Canadiens ont signalé que l'an dernier, une personne de leur foyer n’avait pas pris ses médicaments tels que prescrits en raison du coût. Un régime universel d’assurance-médicaments assorti d’un processus d’évaluation des médicaments fondé sur des données probantes permettrait d’établir une distinction entre les médicaments pour assurer leur qualité, leur innocuité et leur rentabilité.

Couverture complète

Les Canadiennes et Canadiens sont exposés à un ensemble disparate de programmes et de régimes d’assurance-médicaments. On estime que 43 p. cent des dépenses en médicaments sur ordonnance sont engagées par les régimes publics qui couvrent les aînés, les personnes ayant une incapacité et les Canadiens à faible revenu. Plus du tiers des dépenses, ou 35 p. cent, sont assumées par les assurances privées, alors que 22 p. cent sont directement payées par les Canadiens lorsque possible.

Notre système d’assurance-médicaments sur ordonnance est inefficace et coûteux, sans compter que les Canadiennes et Canadiens paient des tarifs qui diffèrent radicalement pour une protection variable. Au Canada, un régime universel d’assurance-médicaments améliorerait l’accès aux médicaments et leur abordabilité grâce à des achats en gros et à la négociation des prix avec les fabricants de produits pharmaceutiques, tout en encourageant l’intégration des prestataires de soins de santé.

Économie de coûts

Des études récentes ont relevé une différence majeure entre les pays à revenu élevé ayant un système universel de santé sur le plan des dépenses moyennes en produits pharmaceutiques primaires par habitant. Les dépenses étaient toujours moins élevées dans les systèmes à payeur unique en raison de la faiblesse des prix et de la sélection des traitements économiques. Comparativement aux 10 pays offrant une couverture universelle des médicaments sur ordonnance administrés en service externe, le Canada affichait des prix courants supérieurs de 61 p. cent, malgré un volume comparable. Cela représentait un « excédent de dépenses » de 2,3 milliards de dollars par rapport aux coûts moyens dans les autres pays.

Les Canadiennes et Canadiens (et leurs employeurs dans bien des cas par les régimes d’assurance-médicaments au travail) paient plus pour les produits pharmaceutiques que les citoyens de presque n’importe quel autre pays. Les dépenses des médicaments au pays par habitant dépassent de 30 p. cent la moyenne des pays de l’OCDE, et se classait deuxième parmi les pays de l’OCDE après les États-Unis. C’est clairement insoutenable à long terme, et les régimes d’assurance-médicaments d’employeur subissent d’énormes pressions pour limiter les coûts ou les transférer à d’autres (notamment aux travailleuses et travailleurs).

D’après des études récentes, un régime national d’assurance-médicaments, par l’intermédiaire des achats en gros, réduirait suffisamment les coûts des médicaments qu’il pourrait se financer sans qu’il en coûte un sou au gouvernement. En fait, cela permettrait aux gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, au secteur privé et aux particuliers canadiens d’économiser jusqu’à 11 milliards de dollars par année.  Même le bureau du directeur parlementaire du budget estime les économies à au moins 4 milliards de dollars par année sur la base de l’assurance-médicaments la plus complète.