Un leadership est nécessaire en matière de soins de santé

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The London Free Press,

Samedi 25 Juillet  2015

Byline: KATHA FORTIER

Le récent rapport du directeur parlementaire du budget indique que les conservateurs de Harper ont tenté d’équilibrer leurs comptes en refilant les coûts des soins de santé aux provinces. Dans une chronique publiée dans le London Free Press le 25 juillet, la directrice de la région de l’Ontario, Katha Fortier, souligne que l’argent existe bien, mais qu’il faut faire les bons choix.

Le gouvernement Harper est devenu tellement obsédé à vouloir équilibrer son propre budget qu'il échoue à répondre aux besoins de soins de santé des Canadiens, et refile les dépenses à d'autres paliers du gouvernement pour corriger ses propres erreurs.

Le rapport de mardi du directeur parlementaire du budget exprime clairement que les prévisions budgétaires relativement roses du gouvernement fédéral sont dues en grande partie à ses projets de limiter les transferts aux provinces pour les soins de santé.

Comme le rapport du directeur parlementaire du budget le souligne, le gouvernement Harper a imposé par la loi que les dépenses en soins de santé vont augmenter de seulement trois p. cent par année afin de contribuer à équilibrer son budget, une réduction draconienne des augmentations de six p. cent en vertu de précédentes dispositions de transfert.

La différence équivaut à 36 milliards de dollars qui n’iront pas aux provinces pour maintenir un système durable de soins de santé.

Mais les besoins en matière de soins de santé qui auraient été couverts par les 36 milliards de dollars ne vont pas disparaître, et les coûts ne disparaîtront pas non plus simplement parce que le gouvernement Harper a décidé de limiter ses propres dépenses. Comme le souligne avec justesse le directeur parlementaire du budget, cela signifie que les gouvernements provinciaux doivent en porter la charge.

Et cette charge, souligne le rapport, risque d’être trop lourde pour eux.

« Les dépenses en soins de santé ont ralenti. La croissance des dépenses en 2014 est estimée avoir atteint son plus bas niveau en vingt ans », indique le rapport.

« Les gouvernements infranationaux ne peuvent pas répondre aux défis d'une population vieillissante en vertu de la politique actuelle.  Le directeur parlementaire du budget estime que des mesures politiques permanentes de 1,4 p. cent du PIB sont nécessaires pour que la dette des gouvernements infranationaux soit viable », indique le rapport de mardi.

La population vieillit. Nous le savons toutes et tous. En fait, tous les paliers gouvernementaux, les universitaires et de nombreux groupes de réflexion lancent des avertissements depuis plusieurs années.

Ces avertissements auraient dû inciter notre gouvernement fédéral à assumer un rôle de leadership en travaillant avec tous les paliers gouvernementaux pour garantir un avenir stable et en santé à tous les Canadiens.

Mais, plutôt que d’assumer un leadership, le gouvernement Harper diminue son engagement à l'égard des soins de santé, refile la charge aux provinces qui devront soit réduire les dépenses en soins de santé ou augmenter les impôts pour gérer nos besoins croissants en matière de soins de santé.

Le rapport souligne aussi que le gouvernement fédéral pourrait augmenter les dépenses (ou diminuer les impôts) de l’ordre de 1,4 p. cent du PIB, et être toujours en mesure de maintenir le ratio actuel entre la dette et le PIB.

Cela coïncide exactement au montant nécessaire, comme l’indique le rapport, pour que les coûts en soins de santé n’entraînent pas les provinces dans une crise fiscale.

En d’autres termes, l’argent est là, ou pourrait être là, mais « exigerait que le gouvernement fédéral mette de côté sa loi d’équilibre budgétaire ».

Compte tenu de l’obsession du gouvernement Harper de vouloir équilibrer le budget à tout prix alors que nous nous approchons des élections fédérales, il y a de fortes chances que cela n'arrive pas.

Et ce n’est pas suffisant.

Les Canadiens veulent savoir que les soins de santé non seulement seront disponibles lorsqu'ils en auront besoin le plus, mais qu'ils sont disponibles maintenant aussi pour leurs parents et grands-parents.

Pour que cela arrive, il faut un leadership politique, et non de la politicaillerie.  Nous avons besoin d’un gouvernement fédéral qui travaillera avec les provinces pour trouver une solution durable à la hausse des coûts en soins de santé alors que notre population vieillit.

À la place, le gouvernement Harper ne fait que de la partisanerie et déploie des manœuvres politiques. La population canadienne mérite mieux.