Se souvenir et réclamer des mesures contre la violence faite aux femmes

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Par Cody Crick

Président, comité des jeunes travailleuses et travailleurs de la C.-B. d’Unifor

Cette année a été marquée par des tragédies un peu partout dans le monde, qu’il s’agisse d’avions disparus, de naufrages de traversiers, de troubles civils et conflits armés, et d'enlèvement d'écolières.  Plus près de nous, 2014 marque aussi un anniversaire important dans la vie des Canadiennes et Canadiens, jeunes et moins jeunes. Cette année marque le 25e anniversaire de la tuerie de Montréal lors de laquelle 14 femmes ont été assassinées à l’École Polytechnique, au Québec. La raison de cette attaque brutale : un homme « luttant contre le féminisme » et cherchant à se venger contre des femmes qui, selon lui, avaient ruiné sa vie.

Il y a 25 ans, le 6 décembre 1989, je n’étais pas encore né, mais j'ai appris depuis à comprendre ce qui s'est passé au moment de cette journée tragique de l'histoire canadienne. Nous n'avons qu'à regarder la télévision pour constater que la violence faite aux femmes survient encore aujourd'hui. Qu’il s’agisse d’une entrevue avec le Dr Phil ou dans le cadre de votre émission préférée à la télévision, la violence conjugale est présente partout dans nos vies et survient dans toutes les provinces, toutes les villes et toutes les communautés.

Un récent sondage mené par l’Université Western en Ontario sur la violence conjugale et ses impacts en milieu de travail révèle que, même aujourd’hui, après des années de sensibilisation sur le sujet, 33 p. cent des répondant(e)s avaient rapporté subir des abus à la maison. Évidemment, il ne s'agit que des cas signalés. Le sondage de l’Université Western révèle aussi que 53 p. cent des personnes qui ont signalé subir des actes de violence conjugale avaient connu une certaine forme de violence en milieu de travail.

Un exemple frappant des dangers auxquels sont confrontés les femmes est le nombre scandaleux de femmes autochtones disparues et assassinées au Canada. La semaine dernière seulement, une femme vivant à une heure au nord de ma ville natale a disparu sans laisser de trace et fait désormais partie du bilan des femmes disparues à l'échelle du Canada. Le manque d’intervention de nos forces policières et du gouvernement dans ce dossier est condamnable.

En tant qu’homme, je comprends que la violence faite aux femmes ne cessera jamais si nous n’assumons pas la responsabilité d’y mettre fin. En tant que jeune, mes pairs et moi-même sommes sur la ligne de front de la lutte visant à mettre fin à la violence faite aux femmes en milieu de travail.  Pour les 25 prochaines années et toutes celles qui vont suivre, j’espère faire partie de la génération d’individus qui vont s’engager en vue d'atteindre une véritable égalité, qui vont dénoncer la violence, le sexisme et l'homophobie, lorsque ces situations se présentent, qui vont croire les femmes lorsqu’elles témoignent de leurs histoires de harcèlement et d’agression, et qui vont refuser de perpétuer la violence, peu importe où je me trouve, à la maison, au travail ou en marchant dans la rue.