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Dimanche matin, les derniers membres d’Unifor ont terminé leur quart de travail à l’usine RYAM de Témiscaming. Après des semaines d’incertitude et un premier report de l’arrêt annoncé par l’employeur, la production est maintenant officiellement interrompue.
Depuis, plus de vapeur ne s’échappe des cheminées de l’usine. Une image inhabituelle à Témiscaming, qui traduit une réalité beaucoup plus concrète : environ 300 travailleuses et travailleurs se retrouvent aujourd’hui sans travail, tandis qu’un nombre restreint d’employés demeureront en poste afin d’assurer les services essentiels et le maintien des installations pendant l’arrêt de la production.
L’arrêt économique avait été annoncé à la fin du mois d’août. Initialement prévu pour la mi-septembre, il avait par la suite été repoussé au début du mois d’octobre.
Pour Unifor, la multiplication des arrêts de production dans le secteur forestier soulève un enjeu beaucoup plus large quant à l’avenir de la capacité industrielle du Canada et des communautés qui en dépendent.
« Lorsque nous perdons de la capacité de production, ce ne sont pas seulement des emplois qui sont menacés. Nous risquons de perdre une expertise, des infrastructures et des communautés industrielles qu’il sera extrêmement difficile de reconstruire par la suite. Les gouvernements doivent agir maintenant pour protéger les emplois forestiers et s’assurer que cette industrie stratégique ait un avenir au Canada », déclare Lana Payne, présidente nationale d’Unifor.
Une industrie sous pression
La situation à Témiscaming survient dans un contexte extrêmement difficile pour l’ensemble du secteur forestier québécois. Depuis plusieurs mois, les annonces de ralentissements, d’arrêts de production et de fermetures se multiplient dans différentes régions du Québec.
« L’arrêt de la production est un coup dur, mais pour nous, ce n’est certainement pas la fin de l’histoire. Plusieurs scénarios sont actuellement sur la table pour assurer l’avenir de l’usine et permettre une relance de ses activités. Notre travail maintenant, c’est de nous assurer que ces possibilités soient explorées jusqu’au bout et, surtout, qu’elles puissent se concrétiser. On va continuer de pousser, de mobiliser les acteurs concernés et de maintenir la pression pour qu’on passe des discussions aux actions. Nos membres et toute la communauté de Témiscaming peuvent compter sur nous : on ne lâchera pas », affirme Daniel Cloutier, directeur québécois d’Unifor.
Pour les membres de la section locale 233, cette crise se vit maintenant au quotidien. Jusqu’à dimanche, ils continuaient de se présenter à l’usine et d’effectuer leur travail malgré l’incertitude entourant l’avenir des activités.
« Jusqu’à dimanche, malgré toute l’incertitude des dernières semaines, nos membres continuaient de rentrer travailler et de faire leur travail comme ils l’ont toujours fait. Aujourd’hui, la production est arrêtée et la réalité nous frappe de plein fouet. Derrière cette fermeture, il y a des centaines de personnes et de familles qui se demandent quand elles pourront retourner travailler », souligne Stéphane Lefebvre, président de la section locale 233 d’Unifor.
Pour Unifor, la priorité demeure d’accompagner les membres pendant cette période difficile et de travailler à préserver les emplois et l’avenir de l’usine. Le syndicat et l’employeur travaillent notamment à la mise en place du programme de Travail partagé.
Une mobilisation nationale le 16 octobre
Cette situation prend une résonance particulière à l’approche de la Journée nationale d’action pour la foresterie, organisée par Unifor le 16 octobre prochain. Partout au pays, des membres et des communautés forestières se mobiliseront pour rappeler l’importance de protéger les emplois, de soutenir les communautés qui dépendent de l’industrie et d’assurer un avenir au secteur forestier canadien.
À Témiscaming, ces enjeux ne sont plus théoriques. Ils se vivent maintenant au quotidien par des centaines de travailleuses et de travailleurs et leurs familles.
Unifor continuera de travailler avec ses membres et les différents intervenants afin de trouver des solutions pour assurer l’avenir de l’usine de Témiscaming.