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Alors que le gouvernement canadien se retirait des négociations commerciales avec les États-Unis, dans un contexte d’escalade des tensions, les déléguées et délégués au Conseil canadien 2026 d’Unifor se sont engagés à intensifier la lutte pour protéger les emplois au Canada.
Le premier jour du Conseil, le vendredi 28 août, la présidente nationale d’Unifor Lana Payne a accueilli favorablement la détermination croissante contre les tarifs douaniers américains et les menaces du président Donald Trump visant les grandes industries canadiennes.
« Notre syndicat se bat dans cette guerre commerciale depuis près de deux ans, et nous voyons enfin un renforcement de la détermination un peu partout. Je dis : “Bienvenue au combat”. Nous sommes le syndicat qui va sauver le Canada en protégeant les emplois au pays. Oui, c’est ce que nous allons faire, a-t-elle affirmé.
Tant qu’il me restera un souffle de vie, nous – notre syndicat – nous n’abandonnerons pas et nous ne céderons pas. »
Lana Payne a approuvé l’équipe de négociation du Canada d’avoir refusé un accord commercial qui aurait lié le Canada à des tarifs douaniers et à des concessions préjudiciables, et elle a souligné que les futures négociations doivent accorder la priorité aux travailleuses et travailleurs.
« Nous nous battons pour changer le monde, a-t-elle déclaré. Pour bâtir le monde dans lequel nous voulons vivre. Et pour les travailleuses et travailleurs qui viendront après nous. »
Le Conseil canadien a débuté vendredi par une cérémonie de reconnaissance territoriale et d’accueil autochtone dirigée par Donovan Gordon Tootoo, un professionnel de la danse au son du tambour. Des artistes du groupe Isaruit, un organisme inuit établi à Ottawa, ont présenté une prestation de chant guttural traditionnel.
UNE MARCHE POUR RÉCLAMER LA PROTECTION DES EMPLOIS CANADIENS
Plus d’un millier de déléguées et délégués ont marché du Centre Rogers d’Ottawa jusqu’à la Colline du Parlement, en scandant « Protégez les emplois au Canada » et en agitant des drapeaux Unifor.
La foule rassemblée a entendu des allocutions de Lana Payne, du directeur québécois Daniel Cloutier et de la présidente du Congrès du travail du Canada, Bea Bruske. Cette dernière a promis que le mouvement syndical allait faire front commun contre les conséquences de la guerre commerciale.
« Nous délimitons clairement nos limites. Ils ont été élus pour défendre les travailleuses et travailleurs canadiens et leurs emplois, et c’est ce que nous attendons d’eux, a affirmé Lana Payne à la foule.
« Nous sommes ici pour leur rappeler qu’une chose promise est une promesse qui doit être respectée. Et nous allons nous battre pour protéger les emplois canadiens aujourd’hui, demain et aussi longtemps qu’il le faudra. »
PROTÉGER L’ÉCONOMIE DU QUÉBEC
Dans son discours, Daniel Cloutier a prévenu que la guerre commerciale avec les États-Unis menace les emplois manufacturiers, les collectivités et la souveraineté économique du Canada. Il a lancé un appel en faveur d’accroître la production nationale et de renforcer les chaînes d’approvisionnement et réclamé des politiques industrielles orientées par les travailleuses et travailleurs.
« Le moment est venu pour nous de cesser d’éteindre les feux et de prendre le rôle d’architectes », a-t-il déclaré.
« Nous devons arrêter de courir d’un feu à l’autre. Nous devons commencer à dresser des plans. Nous avons déjà bâti des industries de classe mondiale dans ce pays. Nous pouvons le faire encore. Mais nous devons premièrement décider de le faire. Et nous devons prendre cette décision ensemble. »
UNE MILITANTE 2ELGBTQIA+ RACONTE SON EXPÉRIENCE
La défenseure des droits de la personne, Michelle Douglas, a raconté avoir été renvoyée des Forces armées canadiennes en 1989, à cause de son orientation sexuelle. La contestation judiciaire qu’elle a lancée a contribué à mettre fin à l’interdiction officielle contre les personnes 2ELGBTQIA+ qui servaient dans une unité militaire.
Michelle Douglas a invité les déléguées et délégués à aller visiter Coup de tonnerre, le monument national 2ELGBTQIA+ du Canada à Ottawa.
« Si vous avez passé, peut-être, toute votre vie dans le placard, peut-être sans utiliser les pronoms qui vous conviennent vraiment, peut-être en vous cachant, peut-être sans dire toute la vérité sur vous-même aux personnes en qui vous aviez pourtant confiance au travail – ce monument pourrait vous apporter un merveilleux réconfort », a-t-elle déclaré.
NOUVEAU PROGRAMME NATIONAL DE NÉGOCIATION
Les déléguées et délégués ont eu un aperçu du Programme national de négociation d’Unifor pour les années 2026 à 2029, qui a été élaboré après consultation auprès des membres de partout au pays
Le nouveau programme établit des priorités de négociation intersectorielles pour répondre à la guerre commerciale avec les États-Unis, à l’intelligence artificielle, à la polarisation politique et à l’incertitude économique. Le Conseil a approuvé la recommandation de la présidente nationale d’adopter le Programme de négociation visant à protéger les emplois au Canada.
« Nous avons tenu d’excellentes discussions sur les résolutions qui traceront la voie à suivre pour continuer de réaliser les progrès que nous savons nécessaires pour notre syndicat », a affirmé Lana Payne.
Lisez le résumé de la première journée du Conseil canadien
RAPPORTS DES DIRECTRICES ET DIRECTEURS RÉGIONAUX
Le deuxième jour du Conseil canadien, les directrices et le directeur des autres régions d’Unifor ont présenté un compte rendu sur les campagnes et les victoires menées d’un bout à l’autre du pays.
Le directeur de la région de l’Ouest, Gavin McGarrigle, a parlé de la crise du secteur forestier en Colombie-Britannique, de l’action politique en Alberta et des gains réalisés concernant la syndicalisation de l’entrepôt d’Amazon à Delta.
« L’objectif n’a jamais été de se limiter à un seul entrepôt, mais bien de transformer un secteur d’activité et de changer la vie des gens tout en renforçant le pouvoir des travailleuses et des travailleurs », a-t-il déclaré. « Nous affrontons les plus grands géants du monde et nous sortons vainqueurs. »
La directrice régionale de l’Ontario, Samia Hashi, a parlé des campagnes menées pour protéger les emplois canadiens, améliorer les soins de santé, reconnaître la violence entre partenaires intimes comme une épidémie et faire adopter des lois interdisant le recours à des briseurs de grève. Elle a également salué le militantisme accru de la part des membres 2ELGBTQIA+ et des membres noirs, autochtones et de couleur.
« Nous sommes Unifor. Nous ne cédons pas et nous nous serrons les coudes », a-t-elle résumé.
La directrice régionale de l’Atlantique, Jennifer Murray, a parlé des victoires remportées à l’Académie Munro et à la laiterie Agropur, ainsi que le succès de la contestation constitutionnelle contre le projet de loi 148 de la Nouvelle-Écosse, qui était hostile aux syndicats et aux travailleurs.
« J’espère qu’ils raconteront l’histoire d’un syndicat qui était présent, d’un syndicat qui a écouté, d’un syndicat qui a lutté, d’un syndicat qui a refusé de laisser qui que ce soit derrière », a-t-elle affirmé.
« Et quand les gens avaient besoin qu’un allié se batte à leurs côtés, Unifor était là. »
PRENDRE LA DÉFENSE DU SECTEUR FORESTIER
Le Conseil a adopté une recommandation réclamant une stratégie globale pour renforcer le secteur canadien de la foresterie et promouvoir des chaînes d’approvisionnement éthiques et des politiques en matière d’approvisionnement au Canada.
« Nous allons organiser une journée nationale d’action dans les communautés forestières du pays, a déclaré Lana Payne.
« Nous veillerons à ce que tout le monde [au Parlement] comprenne qu’il s’agit d’une crise. Nous continuerons jusqu’à ce que nous obtenions ce dont nous avons besoin pour soutenir les travailleuses et travailleurs forestiers dans chaque collectivité. »
Lisez le résumé de la deuxième journée du Conseil canadien
PRIX BUD JIMMERFIELD
Le dernier jour du Conseil canadien, le prix Bud Jimmerfield 2026 a été décerné à une membre de la section locale 114 d’Unifor, Cheryl Williams, qui se consacre depuis dix ans à l’amélioration de la sécurité des travailleuses et travailleurs à l’entreprise Cascade Aerospace.
Le Prix Bud Jimmerfield récompense les membres qui font preuve d’un engagement sans faille à prévenir les maladies, les accidents et les décès sur le lieu de travail. Il est décerné chaque année à un membre d’Unifor, qui, par son exemple, veille à ce que chaque travailleuse et chaque travailleur rentre à la maison sain et sauf.
« Ce prix est un rappel que la santé et la sécurité ne signifient pas seulement éviter les accidents; l'objectif est de créer une culture où les gens se sentent valorisés, respectés et protégés », a expliqué Cheryl Williams.
« Nous devons créer une culture où les gens se sentent valorisés, respectés et protégés. Pour l'avenir, je m'engage à continuer à défendre la sécurité de façon proactive et en demeurant prête. »
« FABRIQUÉ ICI, POUR ICI »
Unifor a dévoilé sa campagne nationale « Fabriqué ici, pour ici », destinée aux travailleuses et travailleurs non syndiqués. Cette campagne s’appuie sur les victoires de syndicalisation remportées à l’entrepôt de Walmart à Mississauga, en Ontario, et à l’entrepôt d’Amazon à Delta, en Colombie-Britannique, ainsi qu’aux plateformes de forage pétrolier au large des côtes de Terre-Neuve et aux centres de recyclage à travers le Québec.
Cette campagne fait valoir que, dans le contexte de la guerre commerciale avec les États-Unis et l’incertitude économique, les travailleuses et travailleurs canadiens ont tout intérêt à être membres d’un syndicat dont les décisions, les stratégies juridiques et les priorités de négociation demeurent au Canada.
« Si votre travail est ici et que votre vie est ici, nous croyons que votre syndicat devrait également être ici, au Canada, a déclaré le directeur du Service du recrutement d’Unifor, Justin Gniposky.
« Nous respectons tous les travailleurs et travailleuses qui se battent pour leurs droits, quel que soit leur pays. Cela dit, cette nouvelle campagne pour les travailleuses et travailleurs non syndiqués du Canada, les millions de personnes ici même, au Canada, qui n’ont pas encore une voix collective à leur lieu de travail. »
Des vidéos en anglais et en français, ainsi qu’une campagne de panneaux d’affichage à l’échelle du pays, seront lancés pendant la fin de semaine de la fête du Travail, avec le message suivant : « Si vous travaillez ici et si vous vivez ici, votre syndicat devrait être ici aussi. »
Dimanche, le Conseil a adopté deux des recommandations de la présidente nationale : Programme national de négociation « Protégeons les emplois au Canada! » et Promouvoir des chaînes d’approvisionnement éthiques et des politiques en matière d’approvisionnement au Canada.
Plusieurs résolutions ont été adoptées, notamment celles visant à promouvoir Unifor et des fournisseurs d’avantages sociaux syndiqués, à syndiquer le secteur de l’énergie, à protéger l’expertise technique des réacteurs nucléaires CANDU et à renforcer le pouvoir et les connaissances des travailleuses et travailleurs face à l’intelligence artificielle.
Voici d’autres résolutions qui ont été adoptées : soutenir le mouvement croissant contre les mégacentres de données; encourager le développement responsable des ressources minérales du Canada; établir un plan d’action d’Unifor en matière d’équité; protéger le secteur canadien du transport aérien contre la privatisation et l’automatisation; protéger les services de transport en commun détenus et exploités par l’État.
Unifor a remis un don de 10 000 $ au projet Ten Oaks, un programme de camps d’été à Ottawa et dans tout le pays, qui offre aux jeunes 2ELGBTQ+ un soutien, un milieu accueillant et des occasions de s’exprimer librement et d’avoir prise sur leur propre vie.
LES TRAVAILLEUSES ET TRAVAILLEURS DES TÉLÉCOMMUNICATIONS PASSENT À L’ACTION
Unifor a attiré l’attention sur la nouvelle Alliance canadienne des travailleurs et travailleuses des télécommunications, une coalition qui regroupe le Syndicat canadien de la fonction publique et le Syndicat des Métallos, et dont l’objectif est de protéger les emplois et les infrastructures du secteur canadien des télécommunications, notamment en ce qui a trait à la réglementation de l’IA.
« Comme le contrôle opérationnel de nos réseaux est assuré depuis l’étranger, il y a un risque de violation des données. Que pourrions-nous faire si cela se produisait? a demandé Jeff Brohman, président du Conseil sectoriel des télécommunications.
« Les lois des autres pays ne nous protègent pas. Il n’y a pas de contrôle canadien. Des centaines de millions de dollars provenant de l’argent des contribuables ont été versés à ces entreprises pour bâtir ce réseau au Canada, alors qu’elles en récoltent tous les avantages et tous les bénéfices. Nous devons rapatrier ces emplois au Canada et protéger les renseignements personnels des Canadiennes et Canadiens, afin de préserver notre souveraineté en matière de données et notre sécurité nationale. Exigez de parler à une travailleuse ou à un travailleur basé au Canada. Lorsque vous appelez un fournisseur de services de télécommunications, celui-ci a l’obligation de vous rediriger vers notre pays. »
LE CONSEIL CANADIEN EST TERMINÉ, MAIS LA LUTTE SE POURSUIT
Le secrétaire-trésorier national d’Unifor, Len Poirier, a déclaré la clôture du Conseil en encourageant les déléguées et délégués à participer au défilé Fierté dans la Capitale qui aura lieu cet après-midi sous le thème de la Fierté d’Unifor 2026 : « Ensemble, on rayonne! »
« Au nom de toute l’équipe de direction, je tiens à vous remercier chaleureusement pour votre présence et le travail que vous faites pour assurer la force de notre syndicat, a-t-il déclaré. Protégeons les emplois au Canada! »