Le Canada doit maximiser les avantages qu'il tire des véhicules zéro émission

Partager
Main Image
Image
NOte de recherche: Angelo DiCaro

Le 26 octobre 2020, le Comité permanent de la Chambre des communes sur l'environnement et le développement durable a entamé une étude approfondie sur les véhicules zéro émission (VZE) au Canada. Initié par une motion du Bloc Québécois, le Comité cherche à « examiner les mesures supplémentaires qui pourraient être prises pour encourager la production et l'achat de véhicules zéro émission, y compris une loi sur les véhicules zéro émission ».

Il y a une volonté claire de mettre les VZE sur le marché, et rapidement. Les émissions de gaz à effet de serre des véhicules routiers représentent 21 % du total national du Canada. Toute tentative sérieuse de lutter contre le changement climatique et d'atteindre le nouvel objectif de carboneutralité du gouvernement fédéral – inscrit dans le projet de Loi canadienne sur la responsabilité en matière de carboneutralité – doit passer par une réduction des émissions d'échappement.

Pour mener à bien cette transition, les gouvernements ont mis en place des mesures d’incitation à l’intention des consommateurs pour compenser le coût des achats de VZE. D'autres, comme en Colombie-Britannique et au Québec, ont pris des mesures pour interdire la vente de véhicules légers à essence dans les années à venir. Des endroits comme la Californie et le Royaume-Uni font de même.

Le fait est que, bien que les VZE ne représentent qu'une petite fraction des ventes de véhicules légers neufs – à peine 3 % au Canada – les ventes augmentent rapidement. Les analystes estiment que d'ici 2040, les VZE représenteront près de 60 % des ventes mondiales de voitures. Pour respecter leurs engagements en matière de climat, les gouvernements ont dû pousser les consommateurs dans une autre direction. Conscients que ce changement est déjà en cours, les constructeurs automobiles consacrent des centaines de milliards aux efforts de développement et de déploiement des VZE.

Lors de mon témoignage devant les membres de la commission cette semaine, j'ai insisté sur la nécessité d'une politique gouvernementale active pour tracer la voie à suivre, y compris une stratégie industrielle pour la fabrication automobile, comme le prévoit la Feuille de route d’Unifor pour une relance économique équitable, inclusive et résiliente.

Le Canada est prêt à devenir le chef de file du mouvement. Les universités canadiennes, comme l’Université de Toronto, sont spécialisées dans les technologies des véhicules électriques. L'importante capacité du Canada en matière d'hydroélectricité et d'énergie sans émissions nous place sur une base solide pour être un leader mondial dans la fabrication de véhicules à faible émission de carbone et à cycle de vie, et peut stimuler le développement de nouvelles énergies renouvelables. Nos réserves de minéraux essentiels, comme le lithium et le cobalt, font du Canada un site stratégique pour le développement de la chaîne d'approvisionnement. C'est un moment charnière, non seulement pour mettre plus de VZE sur la route, mais aussi pour rétablir le Canada en tant que puissance industrielle dans le domaine de la fabrication de véhicules passagers et commerciaux.

Les grands investissements nationaux à venir dans les VE de Ford et de FCA, obtenus grâce aux négociations d'Unifor dans le secteur de l'automobile, ne sont pas le fruit d'une loi économique mythique. Ils sont issus de la volonté des gouvernements d'investir. Ils le font de manière importante.

Une partie de mon discours devant le Comité était que les gouvernements continuent à jouer un rôle actif, notamment en identifiant les lacunes de la chaîne d'approvisionnement et en localisant les objectifs d'investissement pour les batteries et autres composants clés.

J'ai recommandé d'appliquer des règles de contenu national pour l'achat de parcs de véhicules gouvernementaux, ainsi que des exigences spécifiques concernant l'après-vie des véhicules, en liant le démontage et le recyclage aux efforts de création d'emplois. J'ai également insisté sur la nécessité d'étendre les infrastructures nécessaires (par exemple, la capacité de charge) et de synchroniser une politique commerciale progressiste, notamment en s'efforçant de désinciter les importations de produits à forte intensité de GES et en fixant des conditions environnementales et de travail strictes pour les marchandises entrant sur le marché canadien.

Pour atteindre son propre objectif de 100 % de ventes de véhicules sans émissions d'ici 2040, le Canada accélèrera sans aucun doute les efforts de politique publique visant à modifier le comportement des consommateurs en faveur des VZE. Sans une stratégie correspondante pour soutenir la production intérieure et les bons emplois dans le secteur automobile, le Canada ne pourra pas tirer pleinement parti de cette transformation industrielle.

Regardez la déclaration d’ouverture d’Angelo Dicaro: