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Le jeudi 30 avril, Unifor, les Métallos et le SCFP, réunis au sein de l’Alliance canadienne des travailleurs et travailleuses des télécommunications (ACTT), se sont présentés conjointement devant le Comité parlementaire permanent de l’industrie et de la technologie.
Roch LeBlanc, directeur du secteur des télécommunications d’Unifor, a prononcé l’allocution d’ouverture au nom de l’Alliance, aux côtés de Natalie Blais, représentante à la recherche du SCFP, et de Corey Mandryk, organisateur principal de la section locale nationale 1944 des Métallos.
L’ACTT est une alliance regroupant trois des plus grands syndicats du Canada, représentant plus de 32 000 travailleuses et travailleurs du secteur des télécommunications, notamment à Bell, Rogers et TELUS.
Dans son allocution d’ouverture, M. LeBlanc a sonné l’alarme quant au recours à la nouvelle technologie d’IA à des fins fallacieuses dans le secteur des télécommunications, citant notamment le cas d’une entreprise qui l’utilise pour masquer l’accent des employées et employés des centres d’appels situés à l’étranger.
« On ne peut pas parler d’IA sans qu’on nous réponde : “Oui, mais ça va me faire perdre mon emploi.” Il est important d’adopter rapidement un cadre réglementaire adéquat en matière d’intelligence artificielle, établi par le gouvernement, accompagné des règlements nécessaires, a indiqué M. Mandryk lors de la réunion. Les Canadiennes et les Canadiens s’inquiètent de l’adoption de l’IA et du fait que celle-ci puisse remplacer leur travail. »
Au Canada, cela fait plus d’un siècle que les travailleuses et travailleurs des télécommunications s’adaptent et adoptent les nouvelles technologies dans le cadre de leur travail.
Si l’IA peut offrir de nouvelles opportunités, l’ACTT sait par expérience que les entreprises de télécommunications canadiennes adoptent de nouvelles technologies expressément dans le but de réduire les effectifs, au détriment même du service à la clientèle et de la prestation des services.
« Au cours des 10 à 15 dernières années, l’automatisation et la délocalisation du travail ont entraîné la perte de plus de 20 000 emplois dans le secteur des télécommunications, une tendance que l’IA accentue désormais progressivement avec des offres de départs volontaires chaque année », a déclaré M. LeBlanc.
L’ACTT a exhorté le gouvernement à mettre en place un cadre national sur l’IA qui protège la vie privée, les données et les droits des consommateurs et des travailleuses et travailleurs, ainsi que les emplois au Canada.
« Si nous ignorons la voix des travailleuses et des travailleurs ainsi que celle du public, le suivi des données personnelles risque de nous échapper. Le traitement de ces données par des systèmes d’intelligence artificielle, dont la plupart opèrent depuis le sud de la frontière, comporte des risques, a fait valoir Mme Blais. Par ailleurs, si l’adoption de l’IA se traduit par une intensification des pertes d’emploi, notre régime d’assurance-emploi est-il prêt à y faire face? L’attention du gouvernement à l’égard de l’IA est entièrement centrée sur la science et le développement commercial, plutôt que sur le développement social. »
À cette fin, l'ACTT recommande au gouvernement fédéral de mettre en place un groupe de travail tripartite permanent sur l’IA – réunissant les employeurs, les syndicats et la société civile – chargé de poursuivre le développement de ce cadre visant à protéger la vie privée, la souveraineté et les emplois des Canadiennes et Canadiens en cette période de mutations technologiques rapides.
Pour consulter les dernières actualités de l’ACTT, rendez-vous sur ctwa-actt.ca