La lutte pour l'équité ne s'arrête jamais

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Message du president

Le 8 mars, nous célébrons, nous pleurons et nous redoublons de détermination pour en faire plus.

La Journée internationale des femmes coïncide cette année avec le 50e anniversaire de deux événements importants : la caravane pour le droit à l'avortement à Ottawa et la Commission royale d'enquête sur la situation de la femme.

Ces événements méritent d'être célébrés, même si nous reconnaissons qu'il reste du travail à faire.

Les membres des syndicats qui ont précédé Unifor ont participé à la caravane, qui a commencé à Vancouver et s'est rendue à Ottawa pour faire pression contre les modifications du Code criminel canadien sur l'avortement.

Ces changements stipulaient que les avortements ne pouvaient être pratiqués que par un médecin agréé dans un cadre hospitalier, et seulement après que trois autres médecins l'aient approuvé. C'était une violation flagrante du droit de la femme à choisir.

La loi sera finalement abrogée, mais le combat pour obtenir cette victoire a commencé avec la caravane il y a 50 ans.

La Commission royale d'enquête sur la situation de la femme a été établie à l'occasion du centenaire du Canada et a publié son rapport final en 1970.

Il a fallu des décennies pour donner suite à ses recommandations, et ce travail n'est toujours pas terminé. La lenteur de cette réponse inachevée ne mérite pas d'être célébrée, mais il convient de souligner que le rapport a marqué un tournant dans les droits des femmes.

Pendant trois ans, les inégalités entre les sexes dans notre pays ont fait l'objet d'auditions et de débats publics. Le rapport de la Commission a mis à nu la noirceur de l'injustice à laquelle les femmes sont confrontées et le travail qui doit être fait. Aucun progrès n'est possible sans une telle évaluation.

Cependant, le simple fait de dire que nous avons un problème ne permet pas d'aborder réellement les questions en jeu. Cela exige un réel engagement et un large soutien en faveur du changement. Ce qui, malheureusement, a trop souvent fait défaut.

Il y a cinquante ans, on reconnaissait peu ou pas du tout les défis supplémentaires auxquels étaient confrontées les femmes de couleur, les femmes vivant dans la pauvreté, les femmes transgenres ou les femmes s'identifiant comme faisant partie de la communauté LGBTQ.

La situation commence à changer, mais n'a en aucun cas atteint le niveau nécessaire pour rendre possible un réel changement.

Nous continuons à pleurer les sœurs, filles, nièces, mères et tantes disparues parmi les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées dans tout le Canada, et les mesures trop lentes prises pour lutter contre ce fléau.

En 1970, la Commission royale d'enquête a mis en évidence les inégalités au Canada, notamment le faible nombre de femmes occupant des postes de responsabilité en politique et dans le monde du travail. Des progrès ont été réalisés sur ces fronts, mais la discrimination systémique continue de limiter les progrès.

La caravane de l'avortement a marqué le début de la lutte moderne pour le droit des femmes à choisir, mais des efforts persistent encore pour limiter l'accès à l'avortement au Canada, y compris parmi les principaux politiciens de ce pays.

Pour toutes ces raisons, la Journée internationale des femmes est l'occasion pour nous toutes et tous – femmes et alliés – de redoubler de détermination pour lutter pour l'équité et pour relever véritablement les défis auxquels sont confrontées les femmes de couleur, les femmes vivant dans la pauvreté, les femmes transgenres ou les femmes s'identifiant comme faisant partie de la communauté LGBTQ.

Malgré les défis permanents que nous devons relever en ce qui concerne les droits des femmes et l'inaction sur des questions telles que les FFADA, nous avons une réelle opportunité de progresser en ce moment.

Avec un gouvernement minoritaire à Ottawa, et un Parlement dominé par des partis politiques progressistes, je crois que nous avons la possibilité d'apporter de réels changements et de pousser nos gouvernements à aborder la question de l'égalité des genres de manière significative.

Commençons par éliminer le harcèlement et la violence dans le monde du travail et ratifions la Convention 190 et la Recommandation 206 de l'Organisation internationale du Travail.

Ce faisant, nous devons bien sûr reconnaître que le simple fait de modifier les lois ne suffit pas. Les lois et les décisions de justice passées qui ont légalisé l'avortement, ouvert des perspectives de carrière aux femmes et supprimé les discriminations fondées sur le sexe ou l'état civil n'ont pas éliminé l'inégalité.

Des lois restent inadéquates, et il est possible d'y remédier. Toutefois, la plus grande menace pour l'équité est la montée de la droite radicale et son opposition active à l'équité.

Nous devons à toutes celles qui continuent à être confrontées à l'inégalité non seulement de lutter pour de meilleures lois, mais aussi d'œuvrer pour changer les esprits et les cœurs afin que tout progrès que nous sommes en mesure de réaliser repose sur une base solide qui contribuera à assurer un véritable progrès.