La collecte d'un million de dollars pour les refuges n'est qu'un début

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Jerry Dias with other men at the 2021 Hope in High Heels walk.
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Nous ne devrions pas avoir à collecter des fonds, mais nous le faisons. Chaque année, mon fils et moi nous associons aux refuges Halton Women's Place pour un événement de collecte de fonds qui permet de réunir d'énormes sommes d'argent sans lesquelles l'organisme serait dévasté.

Au fil des ans, nos efforts dans le cadre de la marche Espoir en talons hauts – au cours de laquelle nous marchons littéralement un kilomètre dans des chaussures de femmes, des chaussures à talons hauts rose vif, y compris la fin de semaine dernière – ont permis de recueillir un million de dollars pour les refuges Halton Women's Place.

Je siège également au conseil d'administration des refuges Halton Women's Place et je suis incroyablement fier du travail accompli par ces refuges et d'autres semblables.

Outre la collecte de fonds indispensables, la marche annuelle a également été l'occasion d'engager le dialogue avec d'autres hommes sur les causes profondes de la violence fondée sur le genre et sur notre rôle dans la prévention.

Financer des refuges, aussi nécessaire que cela soit, revient à remplir les étagères des banques alimentaires sans se demander pourquoi les gens ont faim.

La violence sexiste a connu un pic pendant la pandémie. Les appels aux lignes d'assistance ont augmenté de façon spectaculaire. La violence et le harcèlement sur le lieu de travail se sont poursuivis, même si de nombreuses personnes travaillent à domicile. Les rapports d'agressions sexuelles dans les universités continuent de faire la une des journaux. 

Il a été extrêmement troublant de lire le rapport de l’Observatoire canadien du fémicide pour la justice et la responsabilisation qui fait état d'une augmentation des meurtres de femmes et de filles en 2020, avec une moyenne d'une femme ou d'une fille tuée tous les deux jours et demi. Le rapport, intitulé #Cestunfémicide, expose les facteurs et les tendances sexospécifiques à l'origine de ces décès.

Pour chaque meurtre, nous savons qu'il y a d'innombrables autres femmes qui vivent sous le contrôle coercitif des hommes. Les facteurs de risque et l'inaccessibilité des ressources sont pires pour les femmes confrontées à de multiples formes de discrimination : femmes ayant une incapacité, femmes trans, femmes noires, autochtones et de couleur.

J'invite les hommes qui se sont joints à moi pour collecter des fonds pour les refuges une fois par an à rester actifs toute l'année sur la question de la violence sexiste.

Sur le lieu de travail, nous négocions des postes d’intervenantes pour les femmes d'Unifor dans le cadre d'une politique contre la violence familiale au travail. Nous nous appuyons sur le congé pour violence familiale prévu dans les lois sur les normes d'emploi en négociant des congés plus longs si nécessaire et en veillant à ce qu'il existe des processus confidentiels pour accéder aux congés payés.

Nous incitons les employeurs à observer une minute de silence le 6 décembre pour les femmes décédées à l'École Polytechnique, ainsi que pour toutes les victimes et survivantes de violence sexiste, y compris les femmes et filles autochtones et les personnes bispirituelles disparues ou assassinées. 

Dans les secteurs qui connaissent des formes particulières de harcèlement et de violence, comme dans le secteur des médias où le harcèlement en ligne est un problème croissant, nous nous joignons à la Fédération internationale des journalistes pour mettre en œuvre des politiques et des recours pour lutter contre ce risque inacceptable sur le lieu de travail.

Les récentes élections fédérales ont été l'occasion de poursuivre notre action politique – en exerçant des pressions pour la mise en œuvre des 231 appels à la justice du rapport d'enquête sur les FFADA, d'un plan d'action national sur la violence fondée sur le genre, et en augmentant la sécurité du revenu et les soutiens sociaux, éléments essentiels de la sécurité. La volte-face des conservateurs sur le contrôle des armes à feu a été un facteur clé de leur défaite et j'ai été heureux de voir leur position rejetée.

Nous sommes de fervents partisans de la Convention 190 et de la Recommandation 206 des Nations Unies visant à éliminer le harcèlement et la violence dans le monde du travail. Nous ferons pression pour que le Canada ratifie rapidement cette convention.

Au niveau provincial, nous continuons à faire pression pour que la violence familiale soit incluse dans les risques du lieu de travail dans le cadre de la santé et de la sécurité au travail.

En privé, les hommes ont la responsabilité de dénoncer la violence à l'égard des femmes lorsqu’ils en sont témoins, mais cela ne s'arrête pas là. Nous avons également la responsabilité de dénoncer toute forme de misogynie dont nous sommes témoins – blagues, commentaires ou toute autre chose qui supprime ou rabaisse les femmes – peu importe qui en est l'auteur.

Comme nous nous sommes réunis le week-end dernier pour « marcher un kilomètre dans leurs chaussures », nous allons fournir des fonds cruciaux aux refuges débordés.

Je suis fier de ce travail. Mais notre véritable travail consistera à éliminer le besoin de ces refuges en premier lieu. Cela ne peut se faire qu'en faisant participer les hommes et en s'attaquant aux racines de la violence fondée sur le genre.

Media Contact

Stuart Laidlaw

Représentant national aux communications
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