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Les membres du comité exécutif du Conseil des télécommunications d’Unifor ont posé les questions des travailleuses et travailleurs à la direction de Bell, lors de l’assemblée annuelle des actionnaires tenue le 7 mai 2026.
Les représentantes et représentants du syndicat ont posé les questions suivantes :
1. Participation des effectifs et des centres de données
Bell a déterminé que les centres de données et l’infrastructure numérique sont des secteurs de croissance clés. Le conseil d’administration peut-il expliquer comment Bell veille à la capacité de la main-d’œuvre qualifiée nécessaire à la mise en œuvre de cette stratégie et quels investissements sont faits dans le but de perfectionner la main-d’œuvre pour qu’elle en soutienne l’exécution à long terme?
Réponse de Bell (paraphrasée) :
Bell a souligné la création de Bell AI Fabric, Bell Cyber et Ateko, ainsi que la main-d’œuvre récemment embauchée, qui favorisera leur croissance en solutions d’entreprise numériques et alimentées à l’intelligence artificielle au Canada.
Analyse des faits par Unifor :
Le réseau Internet et l’avenir numérique de Bell ne peuvent pas être séparés des travailleuses et travailleurs syndiqués qui construisent, entretiennent, sécurisent et exploitent l’infrastructure. Pourtant, Bell n’a pas encore fait participer concrètement sa main-d’œuvre syndiquée à la planification des compétences et des besoins opérationnels qui seront nécessaires à la réalisation de cette vision.
2. Visibilité des carrières et stratégie de gestion des talents
Compte tenu de l’évolution rapide du monde des télécommunications et des technologies, comment le conseil d’administration évalue-t-il la capacité de Bell d’attirer, de conserver à son service et de développer les talents? Bell a-t-elle défini une stratégie de participation de la main-d’œuvre à long terme qui sera alignée sur ses objectifs de transformation?
Réponse de Bell (paraphrasée) :
Le marché des télécommunications et le cadre législatif dans lequel il évolue se sont considérablement transformés au cours des dernières années. Bell s’occupe de gérer la baisse de la demande pour les services de télécommunication traditionnels, car les clients ne s’intéressent plus aux produits traditionnels comme le téléphone résidentiel, la télévision par satellite (sauf si c’est la seule option) ou les services Internet par ligne d’abonné numérique (LAN). Ils veulent avoir accès à Internet haute vitesse, à la télévision en continu et aux services mobiles.
Analyse des faits par Unifor :
L’unique stratégie de main-d’œuvre que Bell a appliquée de façon constante dans tout le secteur des télécommunications a été les coupes de personnel. En continuant les mises à pied, la délocalisation et la sous-traitance, Bell risque de compromettre gravement sa future prospérité. Les actionnaires et les effectifs de Bell devraient s’inquiéter du fait que les cadres supérieurs n’aient pas reconnu l’importance de se doter d’une stratégie bien définie pour assurer le développement de la main-d’œuvre en vue de ces nouveaux projets. La main-d’œuvre syndiquée actuelle doit être dotée des compétences nécessaires pour garder Bell Canada à la fine pointe des télécommunications.
« Le maintien en poste et le perfectionnement des effectifs devraient être considérés comme prioritaires dans la future planification de Bell Canada, mais, d’après la réponse de la société, le syndicat est porté à croire que Bell n’a pas de plan pour assurer la transition ni conserver sa main-d’œuvre actuelle dans ses nouvelles entreprises, a déclaré Lana Payne, présidente nationale d’Unifor. Cette position est inacceptable pour notre syndicat et nous continuerons de nous battre pour que nos membres aient des emplois de qualité dans le domaine des nouvelles technologies de télécommunication. »
Le président du Conseil des télécommunications Jeff Brohman, technicien en réparation de câbles possédant 26 ans d’expérience, et la secrétaire du Conseil Nicole Beard, préposée au service à la clientèle possédant 32 ans d’expérience, étaient présents à l’assemblée annuelle des actionnaires. Un grand nombre d’employées et employés de Bell ont des parts dans la société, et ils sont nombreux à assister et à participer à l’assemblée annuelle.
« Chaque dollar de bénéfice et chaque dollar payé en dividende sont le fruit du travail des membres d’Unifor. Les membres d’Unifor qui travaillent pour Bell sont investis dans cette société et prêts à suivre de nouvelles formations afin de maîtriser la prochaine génération de changements technologiques, tout comme nous le faisons depuis 145 ans pour cette société, a déclaré Jeff Brohman. Cependant, lorsqu’on leur pose la question, les dirigeants de Bell décrivent leurs nouveaux projets sans inclure la main-d’œuvre syndiquée actuelle. »
« Les travailleuses et travailleurs de Bell méritent mieux. Notre travail génère des milliards de dollars en bénéfices dont le PDG Mirko Bibic et les autres membres de la direction profitent grandement, grâce à leurs régimes de rémunération de plusieurs millions de dollars, a fait valoir Nicole Beard.
Unifor a récemment présenté un exposé au gouvernement fédéral sur l’emploi de la technologie de l’intelligence artificielle dans le secteur des télécommunications, de concert avec les autres membres de l’Alliance canadienne des travailleurs et travailleuses des télécommunications. Les syndicats ont exhorté le gouvernement fédéral à mettre en place un cadre national en matière d’intelligence artificielle afin de protéger les renseignements personnels, les données et les droits des clients et des travailleuses et travailleurs.
« Malgré les déclarations catégoriques entendues à l’assemblée des actionnaires, Bell a déjà démontré sa conception du progrès. Jusqu’à présent, la vision de Bell pour son avenir semble consister à délocaliser les données et les emplois canadiens. En soulevant ces questions lors de l’assemblée générale annuelle, nous espérons que d’autres actionnaires réfléchiront à la manière dont l’entreprise dans laquelle ils investissent est en train de vider de sa substance son empreinte canadienne, et que Bell adaptera sa vision afin d’inclure à nouveau les travailleuses et travailleurs dans sa future prospérité », a conclu M. Brohman.