Unifor met en garde le Parlement : une stratégie énergétique « à l’aveuglette » menace la sécurité du Canada

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La présidente nationale d’Unifor, Lana Payne, a exhorté aujourd’hui le Comité permanent des ressources naturelles de la Chambre des communes à placer les travailleuses et travailleurs du secteur de l’énergie au cœur du plan du Canada visant à faire du pays une superpuissance énergétique. Elle a lancé un avertissement au sujet des infrastructures vieillissantes, des stratégies d’entretien « à l’aveuglette » et de la diminution des capacités nationales, tous des facteurs qui mettent en péril la sécurité énergétique du pays.

Au nom des 15 000 membres d’Unifor au Canada qui travaillent dans l’extraction pétrolière et gazière, la distribution de gaz naturel, les services publics d’électricité, les raffineries, la production chimique et l’énergie nucléaire, Mme Payne a déclaré aux députées et députés que les profits de l’industrie ne se traduisaient pas par des emplois, des investissements ou des infrastructures plus sécuritaires sur le terrain.

« C’est ce que j’entends à tous les niveaux de l’échiquier politique. Les politiciennes et politiciens affirment soutenir les travailleuses et travailleurs du secteur de l’énergie. Toutefois, nous ne voyons pas cette attitude se traduire par des résultats sur le terrain, a déclaré Mme Payne. Nous assistons à l’externalisation, à la sous-traitance à des travailleuses et travailleurs non syndiqués et à l’automatisation, alors même que les infrastructures sont poussées à leurs limites. Le Canada ne peut être une superpuissance énergétique si nous continuons à exploiter nos infrastructures énergétiques jusqu’à ce qu’elles tombent en panne. »

Mme Payne a déclaré au comité qu’Unifor soutient la réduction de la dépendance du Canada vis-à-vis des États-Unis en matière d’exportations et est favorable au transport sécuritaire et bien réglementé des produits énergétiques par des oléoducs, par le rail et la voie maritime. Mais elle a averti que la diversification des exportations ne doit pas se faire au détriment du raffinage, de la production chimique et des capacités en aval de notre pays.

Elle a évoqué une série de revers récents, notamment la fermeture d’INEOS à Sarnia et de Biox à Hamilton, ainsi que les retards pris par les investissements de Shell et de Dow Chemical, dont un projet pétrochimique de 9 milliards de dollars à Fort Saskatchewan repoussé de deux ans.

« Sans capacités nationales de raffinage, de production chimique et de fabrication de plastiques, le Canada ne fait que subventionner la superpuissance énergétique au sud, a déclaré Mme Payne. Nous délocalisons la production tandis que nos propres oléoducs et infrastructures en aval se détériorent. Ce n’est pas de la résilience énergétique. C’est tout le contraire. »

Mme Payne a décrit le volet production et exportation de l’industrie comme une « machine à imprimer de l’argent » pour les actionnaires, alors que l’on dépense le moins possible pour les travailleuses et travailleurs, la maintenance ou la construction de nouvelles capacités.

Elle a profité de sa déposition orale pour mettre en avant la campagne Luttons contre les fuites de gaz, d’Unifor, qui dénonce les stratégies consistant à laisser les installations fonctionner jusqu’à ce qu’elles tombent en panne et milite pour des investissements dans les travailleuses et travailleurs du secteur de l’énergie qui entretiennent les infrastructures de transport et de distribution et réduisent les fuites de méthane et de produits chimiques.

Mme Payne a également souligné que la technologie nucléaire CANDU devait faire partie du plan du Canada pour un système énergétique résilient et sécuritaire.

« Afin de bâtir une économie canadienne plus forte et plus résiliente, il faut commencer par produire davantage d’énergie et, surtout, investir dans les infrastructures énergétiques et dans les travailleuses et travailleurs qui les entretiennent et en assurent la sécurité », a déclaré Mme Payne.

Regardez les remarques préparées ou l’intégralité de la déposition orale devant le comité.

Media Contact

Ian Boyko

Représentant national aux communications - Région de l'Ouest
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