Des membres des métiers spécialisés se réunissent pour définir l’avenir du travail

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Des membres issus des métiers spécialisés de tout le pays ont participé à une conférence nationale des métiers spécialisés sur la négociation collective et les nouvelles technologies d’une durée de trois jours organisée par le syndicat national Unifor à Toronto, afin d’aborder les enjeux et les possibilités qui se présentent dans ce secteur au Canada.

A man speaks at a podium

Ken Anderson, président du Conseil national des métiers spécialisés, a souligné l’importance pour les membres de se rassembler autour d’une stratégie de négociation globale qui servira les intérêts des quelque 50 000 membres du syndicat issus de ce secteur pour les années à venir. L’objectif de cette conférence est de définir nos grandes priorités en vue des négociations qui permettront d'améliorer les normes pour tous les métiers spécialisés dans nos milieux de travail partout au pays. C’est également le moment idéal pour examiner les répercussions que les avancées technologiques en constante évolution auront sur nous et pour nous assurer que nous disposons d’un plan pour protéger, défendre et promouvoir les métiers spécialisés, aujourd’hui et à l’avenir.

 M. Anderson a également souligné que protéger le travail des unités de négociation et contrer la sous-traitance doivent rester des priorités non négociables.

« Il est plus important que jamais de rappeler aux employeurs que, bien qu’ils soient propriétaires des installations, le travail nous appartient.  Leurs arguments pour sous-traiter la construction avant d’avoir pleinement utilisé nos métiers, y compris nos apprentis, ne seront plus acceptés. » 

Plus de 230 personnes ont participé à la conférence qui s’est tenue du 10 au 12 février. Les déléguées et délégués ont été accueilli par Ken Anderson et John Breslin, directeur du Conseil national des métiers spécialisés d’Unifor, qui ont souligné la force de l’unité et de la collaboration entre les métiers spécialisés du Canada.

a women speaking at a podium

Plusieurs dirigeantes et dirigeants du syndicat national ont participé à l'événement, notamment la présidente nationale Lana Payne, le secrétaire-trésorier national Len Poirier, le directeur de la région de l’Ouest Gavin McGarrigle, la directrice de la région de l’Ontario Samia Hashi et la directrice de la région de l'Atlantique Jennifer Murray.

« Je ne peux pas vous garantir que l’année à venir ne sera pas plus difficile, puisqu'à mon avis, elle le sera, a déclaré Lana Payne aux déléguées et délégués. Je peux toutefois vous promettre que ce syndicat luttera avec détermination pour stabiliser nos industries et garantir un avenir avec de bons emplois syndiqués, d’un océan à l'autre. »

« Ce syndicat est né de l’adversité. De la lutte. Nous ne cesserons pas de militer pour le type d’économie que nous savons possible », a-t-elle ajouté.

A man speaks at a podium

Len Poirier a souligné les effets considérables des acquis obtenus par les membres issus des métiers spécialisés dans le cadre des négociations collectives. « Vous exigez davantage des employeurs. Vous négociez des salaires concurrentiels et contribuez à établir la norme pour les travailleuses et les travailleurs des métiers spécialisés au Canada, tant dans les milieux syndiqués que non syndiqués. »

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Les déléguées et les délégués ont également entendu Flavio Volpe, président de l’Association des fabricants de pièces automobiles, qui a évoqué la résilience des travailleuses et des travailleurs dans le contexte de la guerre commerciale avec les États-Unis. « Nous menons un véritable combat qui englobe tous les secteurs. La force vive du secteur automobile canadien, ce sont les gens qui accomplissent ce travail. »

Outre les priorités de négociation ciblées lors de la conférence, les déléguées et délégués se sont penchés sur toute une série de questions liées à l'apprentissage et au développement de la main-d’œuvre. Les conférencières et conférenciers ont fait le point sur les progrès réalisés et les problèmes persistants qui entravent le recrutement. Bien que l’accès aux programmes d’apprentissage se soit amélioré, la pénurie de formatrices et de formateurs demeure un problème et la conversion de l’intérêt pour les métiers spécialisés en formations et carrières concrètes reste une difficulté.

Three people talking in a huddle

L'importance du mentorat a été souligné à plusieurs reprises. « Le mentorat est essentiel pour former la prochaine génération de travailleuses et travailleurs des métiers spécialisés », a indiqué Kelly Hoey, directrice générale d’ApprenticeshipSearch.com. 

Shelley Gray, de SkilledTradesBC, a exposé aux déléguées et aux délégués les derniers changements apportés au processus de certification professionnelle en Colombie-Britannique, qui visent à élargir la liste des métiers obligatoires et à renforcer les normes de l’industrie. 

Emily Arrowsmith, directrice de la recherche et des programmes au Forum canadien sur l’apprentissage, s’est penchée sur les obstacles couramment rencontrés par les apprentis et sur les stratégies visant à améliorer les taux de réussite.

two people talking

Candice White, présidente-directrice générale de Métiers spécialisés Ontario, a souligné le nombre record d’apprentis dans la province, y compris le nombre le plus élevé de femmes qui se lancent dans les métiers, tout en insistant sur la nécessité de transformer cette demande accrue en possibilités concrètes de formation et d’emploi.

Susciter l’intérêt des jeunes le plus tôt possible demeure essentiel. Shaun Thorson, de Compétences Canada, a expliqué comment les concours et les programmes d’apprentissage au moyen d'expériences mettent les étudiantes et les étudiants en contact direct avec les employeurs et leur ouvrent la voie vers les métiers spécialisés.

Dave Cassidy, conseiller spécial en matière de métiers spécialisés auprès du ministre du Travail de l’Ontario, a présenté les efforts déployés par la province pour simplifier le processus de demande d’apprentissage, ainsi que les stratégies visant à remédier à la pénurie de formatrices et de formateurs techniques spécialisés.

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Le ministre du Travail de l’Ontario, David Piccini, a souligné la nécessité d’élargir les possibilités d’apprentissage en cette période d’évolution technologique. 

« Il est essentiel que davantage d’employeurs embauchent un plus grand nombre d’apprentis. Nos systèmes de formation doivent évoluer au même rythme que l’intelligence artificielle. Si la technologie modifie notre façon de travailler, l’intelligence artificielle et l’automatisation ne peuvent remplacer les métiers spécialisés. »

En fournissant un aperçu du fonctionnement des systèmes d’intelligence artificielle (IA), le visionnaire technologique David Chalk a souligné que l’expertise humaine restait indispensable. « L’IA n’invente rien, elle fonctionne à partir des connaissances existantes. Les personnes qui savent comment utiliser l’IA, c’est vous. La technologie a beau évoluer, l’intervention humaine aura toujours sa place. »

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Le dernier jour, Michael « Pinball » Clemons a abordé la question de la guerre commerciale en cours avec les États-Unis, avant de conclure sur une note optimiste. « L’adversité est inévitable, mais nous sommes plus forts que la difficulté. Vous êtes plus forts que la difficulté. »

En dépit des enjeux considérables, allant de la guerre commerciale américaine au besoin accru de ressources pour promouvoir, former et perfectionner les travailleuses et les travailleurs, l’avenir des métiers spécialisés au Canada est prometteur. Compte tenu du besoin croissant de construire davantage au Canada, les travailleuses et travailleurs des métiers spécialisés auront un rôle crucial à jouer dans la réalisation de cet objectif.

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