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Un sombre rapport prévoit la fermeture de stations de radio et de télévision en raison de la récession provoquée par la COVID

26 aoû 2020 - 0:00

Le 26 août 2020

TORONTO—Un rapport d'experts publié aujourd'hui par l’Association canadienne des radiodiffuseurs dépeint un avenir sombre pour la démocratie canadienne, prédisant la fermeture d'autres salles de rédaction, les radiodiffuseurs reversant leurs revenus à des géants étrangers tels que Facebook, Netflix et Google.

« La récession provoquée par la COVID est sur le point d’éliminer davantage d'emplois dans les médias, dans les stations de télévision et de radio. Il est temps que le gouvernement fédéral prenne des mesures urgentes, ce que nous réclamons depuis des années, a déclaré Jerry Dias, président national d'Unifor. Nos journaux sont déjà dans une spirale descendante, la question est donc de savoir qui va rester pour surveiller les politiciens et les puissants afin de préserver notre démocratie. »

Le rapport détaillé préparé par Ken Goldstein, un expert réputé des médias, a révélé que la crise de la COVID pourrait faire disparaître un milliard de dollars de recettes publicitaires attendues par les diffuseurs au cours des deux prochaines années. Il prévoit d’autres pertes commerciales massives qui entraîneront la fermeture de stations de radio et de télévision dans tout le pays. Les stations rurales et les médias d’information indépendants sont particulièrement menacés, selon le rapport. Les stations de radio ont vu leurs revenus baisser de 63 %, tandis que les revenus publicitaires de la télévision ont chuté de 44 %, les annonceurs conservant leurs liquidités en raison de la pandémie.

« La COVID a accéléré le démantèlement du modèle économique des médias à cause de Google et Facebook qui aspirent l'argent de la publicité hors du Canada, a déclaré M. Dias. Rien qu'aux informations locales télévisées, nous avons constaté une baisse de 23 % des emplois dans la rédaction et les opérations depuis 2014. Dans la presse écrite, les chiffres sont pires, de l'ordre de 44 %. »

L’idée maîtresse du rapport est que non seulement les petites stations indépendantes sont en danger, mais que les stations de radio et de télévision appartenant à de grandes entreprises de médias comme Bell, Rogers, Quebecor et Corus perdent leur capacité à transférer les profits des programmes de sport et de divertissement pour couvrir les pertes de leurs opérations d'information, qui ne sont pas toujours rentables et sur lesquelles les Canadiens comptent, surtout en contexte de pandémie. Les provinces de l'Ouest et de l'Atlantique abritent le plus grand nombre de stations de télévision non rentables, ce qui les rend vulnérables et encore plus à risque de fermeture, prédit le rapport.

Jerry Dias exhorte à nouveau le gouvernement fédéral d'apporter une aide financière à court terme aux médias canadiens et des solutions à long terme pour mettre fin à l'érosion des recettes publicitaires qui permettent de payer les coûts du journalisme local. 

« Le point de départ pour le gouvernement fédéral est de mettre en œuvre les recommandations du rapport du Groupe d'examen du cadre législatif en matière de radiodiffusion et de télécommunications déposé en janvier dernier », a déclaré M. Dias.

Le rapport appelle à une réforme en profondeur, et les entreprises comme Netflix devraient investir dans le contenu canadien.

Unifor est le plus grand syndicat du secteur privé au Canada, représentant 315 000 travailleurs dans tous les grands secteurs de l’économie. Le syndicat milite pour tous les travailleurs et leurs droits; il lutte pour l’égalité et la justice sociale au Canada et à l’étranger, et aspire à provoquer des changements progressistes pour un meilleur avenir.

Pour les demandes des médias, contactez la directrice des communications d’Unifor, Natalie Clancy, à  Natalie.Clancy@unifor.org ou au 416-707-5794 (cell).