Vous êtes ici

Ottawa a trop longtemps tardé à réformer l'assurance-emploi, de nouvelles mesures sont nécessaires

23 mar 2020 - 0:00

Le 23 mars 2020

TORONTO – Unifor appelle les députés à profiter de la séance parlementaire spéciale de mardi pour avancer rapidement sur les réformes et adopter des mesures d'urgence afin de garantir que tous les travailleurs touchés par la pandémie de la COVID-19 aient un chèque de paie fiable et décent.

« Nous sommes confrontés à une crise aux proportions catastrophiques qui exige une action rapide de la part du gouvernement. Malgré des premiers pas prometteurs, les progrès du gouvernement fédéral en matière de soutien aux travailleuses et travailleurs sont au point mort et je crains que notre possibilité d’instaurer des mesures rapides ne soit passée », a déclaré Jerry Dias, président national d'Unifor.

Unifor demande au Parlement d'adopter des mesures d'urgence mardi pour accélérer l'envoi des chèques de paie aux familles de travailleuses et travailleurs licenciés, par tous les moyens nécessaires, y compris via les systèmes de paie des employeurs existants ou les paiements directs aux ménages. 

« Les travailleuses et travailleurs canadiens ressentaient déjà la pression avant d'être contraints de quitter leur emploi par cette pandémie. Sans un changement de cap radical, dans quelques jours, les travailleuses et travailleurs licenciés se retrouveront avec des garde-mangers vides et rien sur la table », a déclaré M. Dias.

En décembre de l'année dernière, un sondage mené par MNP a révélé que près de la moitié des Canadiens étaient à 200 $ ou moins de l'insolvabilité financière. Jusqu'à présent, les annonces de financement du gouvernement fédéral n'ont pas répondu au besoin immédiat des familles canadiennes de couvrir leurs besoins de base.

Les deux tiers de l'aide fédérale annoncée par le gouvernement le mercredi 18 mars 2020 ne constituent pas un soutien au revenu, mais seront plutôt versés sous forme de reports d'impôt aux entreprises et aux particuliers, tandis que les nouveaux programmes de soutien au revenu pour ceux qui ne sont pas admissibles à l'assurance-emploi prendront des semaines avant même de commencer à accepter les demandes.

« La semaine dernière, plus de 500 000 demandes individuelles à l’assurance-emploi ont été déposées et il n'y a aucune raison de s'attendre à ce que ce nombre diminue, a déclaré Lana Payne, secrétaire-trésorière d'Unifor. Des millions d'autres personnes verront leur travail interrompu par cette pandémie. Le système de l'assurance-emploi, autrefois submergé, est maintenant complètement sous l'eau. »

Le Canada se situe à l'extrémité la moins bonne du spectre des soutiens puisque des gouvernements du monde entier, comme la Nouvelle-Zélande, la Suède et les États-Unis, ont déjà promis de consacrer de quatre à six pour cent de leur PIB à un soutien budgétaire immédiat. Le Canada devrait envisager d'adopter des solutions créatives, comme l'a fait le Royaume-Uni en s'engageant à verser un revenu de remplacement aux entreprises qui maintiennent leurs employés sur la liste de paie au lieu de les forcer à licencier.

« Les députés doivent être prêts à prendre une décision immédiate sur la manière dont ils prévoient de financer le remplacement du revenu des travailleuses et travailleurs canadiens demain. Si le système de l'assurance-emploi ne peut pas traiter ces demandes en temps voulu, une solution de rechange immédiate et temporaire est nécessaire pour garantir que les familles canadiennes qui travaillent dur ne sombrent pas dans la ruine financière », a poursuivi M. Dias.

Des informations sur la réponse du syndicat à la pandémie, ainsi que des ressources pour les membres, sont disponibles à l'adresse suivante unifor.org/COVID19 (au Québec : uniforquebec.org/COVID19).

Unifor est le plus grand syndicat du secteur privé au Canada, représentant 315 000 travailleuses et travailleurs dans tous les grands secteurs de l’économie. Le syndicat milite pour tous les travailleurs et leurs droits; il lutte pour l’égalité et la justice sociale au Canada et à l’étranger, et aspire à provoquer des changements progressistes pour un meilleur avenir.

Pour obtenir de plus amples informations, contactez Sarah McCue, représentante aux communications d’Unifor, au 416-458-3307 (cell) ou à sarah.mccue@unifor.org.