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HALIFAX – Unifor exhorte la Couronne à maintenir toutes les accusations portées contre le chantier naval Irving en vertu de la Loi sur la santé et la sécurité au travail, suivant le plaidoyer de culpabilité de l’entreprise au chef d’accusation moindre de défaut d’avoir établi une procédure ou un plan de travail sécuritaire pour le déneigement.
En février 2024, Jamie Knight, membre de la section locale 1-MWF d’Unifor, a tragiquement perdu la vie à la suite d’un accident du travail. Irving a donc été accusé de cinq infractions à la Loi sur la santé et la sécurité au travail. Les accusations ont mis en évidence l’incapacité à mettre en œuvre plusieurs mesures de sécurité globales, notamment le respect rigoureux des spécifications du fabricant pour la machinerie du site et l’absence de désignation d’un signaleur.
« Chaque travailleuse et chaque travailleur a le droit de rentrer à la maison sain et sauf, en bonne santé et indemne, a déclaré Lana Payne, présidente nationale d’Unifor. Ce plaidoyer de culpabilité nous rappelle que nous ne pouvons pas attendre qu’une tragédie se produise pour prendre au sérieux les risques professionnels. La prévention, doit être un élément fondamental de la sécurité au travail, et non un enseignement à tirer après la perte d'une vie. »
Dans le sillage de cette tragédie, le Comité mixte sur la santé et la sécurité au travail, la section locale 1-MWF d’Unifor et l’employeur ont collaboré pour mettre en place des mesures de sécurité essentielles, notamment le recours à des entrepreneurs tiers spécialisés pour le déneigement et l’application rigoureuse de périodes d’interdiction de circulation pendant les heures de pointe pour les piétons, telles que les changements d’équipe et les créneaux avant le dîner.
D’autres modifications ont depuis lors été apportées au site, notamment la création de voies piétonnes clairement délimitées, l’installation de panneaux « Arrêt/Stop » supplémentaires et la mise en place de miroirs routiers afin d’éliminer les angles morts. Tous les membres ont également reçu des vêtements haute visibilité, dont le port est obligatoire, et une politique interdisant l’utilisation d’écouteurs a été mise en place.
« Nous sommes conscients qu’à la suite de tragédies en milieu de travail, une justice différée revient à un déni de justice, a indiqué Jennifer Murray, directrice de la région de l’Atlantique d’Unifor Unifor a insisté pour que cette affaire soit rapidement portée devant les tribunaux afin que la responsabilité de l’employeur soit une priorité immédiate. Notre objectif reste de traduire cette responsabilité en actions concrètes, en mettant en place les changements systémiques nécessaires pour garantir que chaque travailleuse et chaque travailleur regagne son domicile en toute sécurité à la fin de son quart de travail. »
Au Canada, environ 1 000 travailleuses et travailleurs perde la vie chaque année au travail. Plus de 20 ans après l’adoption de la Loi Westray, le syndicat maintient sa demande d’application rigoureuse de la loi, affirmant que les accidents mortels sur le lieu de travail devraient entraîner plus que de simples amendes. La prévention est essentielle à la sécurité et nécessite l’application rigoureuse de la loi et la responsabilisation pénale pour garantir que les employeurs éliminent les dangers à la source, puisqu’une seule personne qui ne rentre pas à la maison après son travail est déjà une de trop.