Une nouvelle stratégie automobile verte pour le Canada

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La convention collective ratifiée par les membres d'Unifor chez Fiat Chrysler Automobiles la fin de semaine dernière est une étape essentielle pour l’avenir de l'industrie automobile canadienne.

Dans le cadre de cette convention collective, FCA s’engage à investir jusqu'à 1,5 milliard de dollars dans une nouvelle plateforme pour construire des véhicules hybrides et des véhicules électriques à batterie (VEB) à l’usine de Windsor, avec au moins un nouveau modèle d'ici 2025.

Cette convention suit l’entente type établie par les membres d’Unifor chez Ford après qu’ils aient ratifié une nouvelle convention collective le mois dernier, qui comprenait également un engagement en faveur des VEB, ce qui positionne le Canada sur la bonne voie pour revitaliser l'industrie automobile.

Les conventions collectives négociées chez Ford et FCA au cours du mois dernier résonneront dans toute l'économie canadienne, du secteur de l'extraction des ressources à la recherche et au développement en passant par la fabrication.

Auparavant considérés comme un projet du futur, les VEB sont aujourd'hui largement reconnus comme une composante vitale d'une industrie automobile moderne. Le Canada se positionne pour en faire partie, avec le soutien de tous les paliers gouvernementaux et l'engagement de FCA et de Ford de construire des VEB et des véhicules hybrides au Canada.

Les VEB permettent non seulement de revitaliser l'industrie automobile, mais aussi de garantir de nouveaux débouchés dans le secteur des pièces, de sécuriser de nouvelles chaînes d'approvisionnement nationales et de créer de nouveaux marchés pour le secteur minier qui fournit des composants pour les nouveaux véhicules, y compris un nouveau marché pour les usines d'aluminium du Québec et de la Colombie-Britannique. 

Le terrain a été préparé pour que tous les constructeurs d’automobiles et les industries qui les soutiennent soient des partenaires à part entière dans la transition de ce pays vers une nouvelle économie verte au moment où nous émergeons de la pandémie.

Après toutes les souffrances que les Canadiennes et Canadiens ont endurées au cours des sept derniers mois, nous devons nous assurer de rebâtir en mieux le pays, avec une économie tournée vers l'avenir et offrant de réelles opportunités à la prochaine génération de travailleuses et travailleurs. Rebâtir l'industrie automobile canadienne en vue des futurs véhicules électriques en fait grandement partie.

La pandémie a bouleversé notre économie. La rebâtir ne sera pas facile. Le fait que les gouvernements consacrent tant d'argent à la production de véhicules verts montre que cela fait partie d’une vision à long terme pour l'avenir – comme cela doit l’être.

En réalité, les véhicules à émissions zéro devraient représenter plus de la moitié du marché d'ici 2040 – dans 20 ans seulement. Pour que le Canada en fasse partie, et pour que ceux qui pourraient être touchés par ce changement reçoivent l'aide dont ils ont besoin, nous devons commencer à mettre en place les éléments nécessaires dès maintenant.

Unifor a participé activement à ce processus lors de nos négociations contractuelles avec Ford et FCA.

Les gouvernements fédéral et provinciaux se sont engagés à soutenir cette industrie par des investissements importants pour les entreprises qui se lancent dans cette industrie émergente.

Ils doivent le faire. La Chine s'est engagée de manière agressive dans la fabrication de véhicules à zéro émission. La Commission européenne a créé l'Alliance européenne des batteries pour y développer cette industrie. Les gouvernements, dans les deux cas, sont impliqués de manière significative.

Le Canada ne sera pas en reste et se positionne pour être un chef de file mondial dans cette nouvelle industrie automobile, et heureusement, tous les paliers gouvernementaux s'engagent à le soutenir.

Ces investissements publics, à eux seuls, ne constituent pas une stratégie industrielle – ce qui fait cruellement défaut au Canada. Ils constituent toutefois un point de départ important. Notre succès dépend de la volonté de toutes les parties prenantes de ramer dans la même direction. D'autres industries devront se joindre à nous, car elles devront également s’adapter à un avenir vert.

Le secteur de l'énergie aura bien sûr des opportunités importantes, car les véhicules fonctionnant avec des batteries auront besoin d'électricité pour les alimenter, que cette électricité provienne de l'énergie hydraulique, éolienne, solaire, nucléaire ou fossile.

Dans le même temps, la transition vers une économie verte signifie que l'on s'éloigne des combustibles fossiles. Les travailleuses et travailleurs de ce secteur ont littéralement alimenté notre économie depuis des générations. Ils sont en droit de s'attendre à de bons emplois en dehors du secteur de l'énergie à mesure que l'économie verte se développe.

La possibilité d’instaurer une économie industrielle verte est à notre portée. Nous avons la responsabilité envers les générations futures de la concrétiser.