Un régime d’assurance-médicaments est nécessaire pendant la pandémie et après

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Huit semaines après le confinement, les ordonnances que les Canadiennes et Canadiens se faisaient prescrire avant la pandémie ou dans les premiers jours commencent à manquer.

Pour ceux qui comptent sur ces médicaments pour rester en bonne santé, voire pour rester en vie, cette nouvelle crise de santé personnelle s'ajoute à une crise très publique. Après tout, les personnes ayant des problèmes de santé sous-jacents sont les plus exposées si elles contractent le coronavirus.

À bien des égards, la COVID-19 a mis en évidence les inégalités de notre société. La pandémie a fait éclater toutes les fissures de notre société, y compris l'accès aux médicaments.

Alors que nous entrons dans le deuxième mois de la pandémie où le loyer est dû, de plus en plus de travailleuses et travailleurs sont contraints de décider entre payer le loyer, mettre de la nourriture sur la table ou acheter leurs médicaments. C'est une décision terrible et potentiellement dangereuse que des gens sont obligés de prendre.

Les travailleuses et travailleurs qui dépendaient des régimes d'assurance-médicaments sur le lieu de travail, mais qui ont perdu leur emploi à cause de la COVID-19, pourraient bientôt devoir payer des factures astronomiques pour obtenir leurs médicaments sur ordonnance.

En outre, de nombreux patients voient leurs traitements et leurs tests pour des maladies potentiellement mortelles, comme le cancer et les maladies cardiaques, repoussés indéfiniment. Lorsque les hôpitaux rouvriront complètement leurs portes, il est probable que les procédures seront en retard et que les patients devront attendre longtemps et dangereusement, ce qui ne fera qu'aggraver leurs problèmes de santé.

Au même moment, les entreprises du monde entier sont en difficulté. Celles dont les travailleuses et travailleurs bénéficient encore d'un régime d'assurance-médicaments pourraient profiter de l'allègement financier qu'apporterait un tel régime, à la fois maintenant et après la pandémie, alors que nous reconstruisons l'économie.

Les millions de Canadiennes et Canadiens qui cotisent actuellement à des régimes de santé au travail verraient également plus d'argent dans leurs poches grâce à l'assurance-médicaments, ce qui leur donnerait un plus grand pouvoir d'achat pour relancer l'économie après la pandémie.

En bref, un régime d'assurance-médicaments pendant la pandémie aiderait beaucoup de gens.

D'autres programmes lancés récemment peuvent servir de modèle à l'introduction de l'assurance-médicaments pendant la pandémie : des mesures rapides pour répondre aux besoins immédiats pendant que nous travaillons sur des plans à plus long terme pour le monde post-pandémique.

Pour répondre à ce besoin immédiat, Unifor exhorte toutes les provinces à travailler avec le gouvernement fédéral pour élargir les régimes d’assurance-médicaments existants afin d'inclure tous les travailleurs et travailleuses, de renoncer à tous les frais d'exécution d'ordonnance et autres frais similaires, et de s'assurer que tous les travailleurs et travailleuses qui ont perdu leurs régimes d’assurance-médicaments au travail à cause de la COVID-19 peuvent continuer de participer à ces régimes.

Nous pouvons agir rapidement sur ce point – et nous le devons – mais le fait est que la nécessité de mettre en place un régime global d'assurance-médicaments existait bien avant la pandémie, et n'a fait qu'empirer avec la crise.

Déjà avant la pandémie, huit millions de Canadiennes et Canadiens n'avaient pas de régime d'assurance-médicaments sur le lieu de travail, et trois millions ne faisaient pas exécuter toutes leurs ordonnances ou ne prenaient pas tous leurs médicaments nécessaires en raison de leur coût. Ces chiffres ont sans doute augmenté pendant la pandémie.

Notre régime d'assurance-maladie actuel a été mis en place pour servir un système médical basé dans les hôpitaux, mais notre système médical a évolué depuis et repose maintenant davantage sur les médicaments et les ordonnances. Pour conserver son sens, l'assurance-maladie doit également évoluer pour inclure l'assurance-médicaments.

Nous pouvons y parvenir, mais en attendant, nous devons faire face à la situation actuelle et veiller à ce que la pandémie ne mette personne en danger parce qu'elle ne peut pas obtenir les médicaments dont elle a besoin.