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Le 11 août, trois membres de l’équipe de direction nationale d’Unifor se sont rendus sur la rivière Rouge pour rejoindre les bénévoles de « Drag the Red » à bord du bateau mis à l’eau avec le soutien du syndicat.
C’est ainsi que Len Poirier, secrétaire-trésorier national, Samia Hashi, directrice de la région de l’Ontario d’'Unifor, et Jennifer Murray, directrice de la région de l’Atlantique d’Unifor, ont pris part aux opérations de recherche aux côtés de la coordonnatrice Jill Wilson et de Gina Smoke, directrice des relations autochtones d’Unifor.
L’initiative « Drag the Red » a été lancée à Winnipeg après le décès de Tina Fontaine, âgée de 15 ans, en août 2014. Les bénévoles ratissent le lit de la rivière et fouillent les berges à la recherche des dépouilles de femmes, de filles et de personnes bispirituelles autochtones disparues ou assassinées. Ce travail, non rémunéré et mené par la communauté, se poursuit saison après saison sans bénéficier d’un financement public stable.
En 2020, alors que l’embarcation précédente tombait sans cesse en panne, Unifor a acheté une embarcation en aluminium spécialement conçue pour le groupe par l’intermédiaire du Fonds communautaire canadien. Des membres et des employés du syndicat ont également consacré bénévolement des heures sur l’eau.
« Être là-bas, ça vous change, a déclaré Len Poirier. Chaque gaffe crochet lancé dans cette eau appartient à une famille posant une question à laquelle on aurait dû répondre depuis longtemps. Ce sont les membres d’Unifor qui ont rendu possible l’achat de cette embarcation, et nous la maintiendrons en service tant que les familles en auront besoin. »
Pour Samia Hashi, cette journée a donné un visage humain aux chiffres qu’elle a maintes fois lus.
« J’ai vu les rapports et je connais les statistiques. Mais se tenir sur ce pont, c’est tout autre chose, explique-t-elle. Ce sont les familles qui accomplissent le travail que les gouvernements et la police auraient dû faire, et elles le font avec amour et sans se plaindre. C’est l’engagement communautaire à son meilleur. »
Elle a ajouté que cette expérience resterait gravée dans sa mémoire.
« Ce qui me revient sans cesse à l’esprit, c’est le silence qui règne là-bas, dit-elle. Personne n’a besoin de vous expliquer pourquoi c’est important. Vous le ressentez au plus profond de vous-même. Mettre fin à cette violence est l’affaire de toutes et de tous, et cela commence par être présent. »
À l’issue de cette journée passée sur l’eau, Unifor s’est engagé à verser un don de 10 000 dollars pour aider à poursuivre ce travail jusqu’à la fin de l’année 2026.
L’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées a formulé 231 appels à la justice en 2019. Des années plus tard, la plupart restent lettre morte. Unifor continue d’exhorter les gouvernements à tous les niveaux à les mettre pleinement en œuvre.