Rejet des recommandations du rapport de l’équipe PERT sur la pêche : protégons les régions rurales de Terre-Neuve-et-Labrador

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A Fair Reset: Rejecting the PERT Fishery Recommendations; Protecting Rural NL
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Par Lisa Smith, responsable de l’élaboration des politiques, SPATA-Unifor

Dans le rapport de l’équipe de relance économique du premier ministre (mieux connu sous le nom de rapport de l’équipe PERT ou rapport Greene), Dame Moya Greene recommande la concentration des entreprises dans le secteur de la pêche comme mesure nécessaire à notre relance économique, mais la pêche est déjà florissante. L’industrie continue d’alimenter un secteur côtier prospère avec des espèces lucratives, des emplois essentiels et des retombées économiques qui profitent aux collectivités de toute la province. Apporter des changements dans ce secteur enlèvera de la valeur à Terre-Neuve-et-Labrador. 

En fait, la pêche côtière de 2021 a été la plus fructueuse de l’histoire de la province. À la fin d’août 2021, la plus récente valeur au débarquement de la pêche côtière était de 765 667 721 $. Ce montant ne comprend pas les débarquements de calmar ni les données complètes sur les débarquements de morue, de capelan ou de homard, dont la valeur est habituellement révisée à la hausse plus tard dans l’année. Ces bénéfices sont actuellement réinvestis directement dans nos collectivités pour soutenir une économie rurale dynamique.

Le rapport « La grande remise à zéro » indique que les stocks de crabes des neiges diminuent, mais c’est un mensonge flagrant.

Le total autorisé des captures (TAC) pour 2021 a augmenté de 29 % par rapport à 2020. Compte tenu de l’augmentation du quota et des prix historiquement élevés, cela produira des retombées économiques positives dans toute la province. Terre-Neuve-et-Labrador verra les effets des investissements dans l’infrastructure, les services et les entreprises locales dans nos localités côtières.

Le cadre réglementaire de Terre-Neuve-et-Labrador sert déjà bien les travailleuses et travailleurs des régions rurales de la province, ce que changerait la mise en oeuvre des recommandations du rapport de l’équipe PERT.

De plus, les recommandations de ce rapport insultent les vaillants et compétents pêcheurs, les travailleuses et travailleurs d’usine et les professionnels de l’industrie de notre province, qui travaillent dur et sont bien informés. Le rapport de l’équipe PERT utilise des tactiques alarmistes pour favoriser la concentration des entreprises, en violation directe des célèbres dispositions réglementaires du gouvernement fédéral sur les propriétaires-exploitants, qui sont entrées en vigueur le 1er avril 2021. Ces dispositions réglementaires en vigueur visent à protéger l’avenir de la pêche côtière en interdisant aux entreprises de transformation d’acquérir des permis de pêche indépendants et en établissant une intégration verticale de la pêche côtière. Les dispositions réglementaires sur les propriétaires-exploitants et celles portant sur la séparation de la flottille ont été créées pour maintenir la valeur de la pêche au sein des collectivités et affirmer que ce sont elles, et non les sociétés, qui sont les principales bénéficiaires de nos ressources en poissons. Alors que le gouvernement fédéral élabore une stratégie d’économie bleue pour créer des emplois dans les collectivités côtières tout en assurant la santé de nos océans, ces politiques doivent servir de principes fondamentaux pour qu’une telle stratégie soit couronnée de succès.

En opposition directe avec ce qui précède, le rapport de l’équipe PERT recommande que la pêche côtière favorise la concentration des entreprises en diminuant le nombre d’emplois et d’usines dans l’ensemble de la province. Un tel contrôle des entreprises menace de transformer en marchandises les collectivités en vendant nos ressources et notre culture aux plus offrants. En effet, nous faisons face à de nouveaux défis sur le plan de l’économie et de l’environnement, mais nous recherchons également de nouvelles possibilités de diversification et de valorisation dans de nouveaux domaines. Nous savons que les travailleuses et travailleurs des usines de transformation sont le pilier du secteur de la transformation et de nos collectivités rurales, et nous luttons contre la concentration des entreprises de pêche à tous les niveaux, en préconisant l’octroi d’un plus grand nombre de permis de transformation à différentes entreprises afin de favoriser la concurrence et les investissements dans l’industrie à Terre-Neuve-et-Labrador.

Le rapport a aussi l’audace d’affirmer que « [l]a relation entre les pêcheurs et les transformateurs est souvent affectée négativement par la structure de négociation collective, ce qui se fait souvent au détriment de la maximisation de la valeur du marché. »

C’est un autre mensonge flagrant.

La négociation collective assure la protection contre les déséquilibres de pouvoir qui rappellent les marchands du passé. Il augmente également autant que possible les avantages pour ceux qui exploitent la ressource. Comme la pêche ne fait pas partie de la Loi sur la concurrence, le droit des pêcheurs de négocier collectivement est crucial. Le système de négociation collective fixe un prix minimal pour les pêcheurs, et il n’a pas, dans son mandat, d’incidence sur la valeur du marché.

Le changement politique offre des occasions de réexaminer constamment les politiques et les processus, de prévoir les tendances futures et d’améliorer les stratégies passées. Notre gouvernement a l’occasion d’innover, de reconnaître les compétences et la valeur de nos ressources en poissons adjacentes pour les collectivités côtières, ou encore de les donner à des sociétés et de décimer les régions rurales de Terre-Neuve-et-Labrador.

L’équipe de relance économique du premier ministre et la grande remise à zéro menacent une industrie profondément ancrée dans le tissu social et culturel de notre province. Nous devons rejeter ces recommandations afin de protéger notre pêche côtière et faire en sorte que les retombées économiques de nos ressources en poissons restent ici, dans nos collectivités côtières.

Media Contact

Kathleen O'Keefe

Représentante aux communications
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