Nous devons donner aux travailleuses et travailleurs les moyens d'une véritable relance économique

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Alors que la poussière retombe après les élections de 2020 en Colombie-Britannique, les partis des deux côtés de la ligne réfléchissent aux leçons apprises et à la suite à donner.

Pour les libéraux de la Colombie-Britannique, ils peuvent rejeter une part importante du blâme sur un leadership qui est de plus en plus déconnecté des préoccupations quotidiennes des Britanno-Colombiens. Le chef Andrew Wilkinson n'est que le symptôme d'une situation de plus en plus pourrie au sein d’un caucus indifférent à la montée en flèche des coûts du logement et hostile à la réduction des inégalités de revenus.

Dans une affirmation audacieuse de leur loyauté envers les plus riches propriétaires de la province, les libéraux ont, en réalité, mené campagne sur un programme visant à supprimer l'impôt sur la spéculation immobilière. Ils ont refusé d'assumer la responsabilité de regarder ailleurs alors que le blanchiment d'argent sur le marché immobilier contribuait à faire exploser les coûts du logement.

Les commentaires de Andrew Wilkinson sur le fait que la période de la location dans un parcours de vie est une période « amusante » et « farfelue » ne sont que la cerise sur le gâteau. Lorsque les libéraux de la Colombie-Britannique trouveront un nouveau chef et fixeront un nouveau cap pour les quatre prochaines années, il serait sage qu'ils reconsidèrent leur allégeance au « un pour cent » de la province. L'attaque féroce qu'ils ont lancée contre les travailleuses et travailleurs et leurs syndicats tout en demandant leur vote a été une énorme bévue stratégique.

Le Parti vert, pour toutes ses prétentions à être un foyer pour les électeurs qui valorisent la compassion et les valeurs démocratiques, a une fois de plus prouvé qu'il ne faisait que répéter la même rengaine. Pas une seule fois au cours des trois dernières années et demie, le caucus ou le chef n'a tendu la main à Unifor, le plus grand syndicat du secteur privé au Canada, pour en savoir plus sur les préoccupations des travailleuses et travailleurs de la Colombie-Britannique.

En fait, le seul impact discernable sur la législation du travail de l'ancien chef du Parti vert de la Colombie-Britannique, Andrew Weaver, a été d'utiliser son influence (démesurée) pour bloquer l'introduction du « contrôle des cartes » pour l'accréditation des syndicats. Le contrôle des cartes est une procédure qui permet la syndicalisation après qu'une majorité d'employés ont signé une carte syndicale, éliminant ainsi le besoin de tenir un vote sur le lieu de travail qui peut souvent être entaché par une intense campagne antisyndicale de l'employeur.

La performance peu brillante de l'opposition ne portera pas à conséquence compte tenu de la puissante victoire du NPD de la Colombie-Britannique de John Horgan. La nouvelle position de John Horgan en tant que premier ministre dans un gouvernement majoritaire signifie que la législation favorable aux travailleuses et travailleurs ne peut plus être contrecarrée par les Verts. Il ne devrait pas perdre de temps pour accélérer la relance économique de la Colombie-Britannique avec des politiques qui améliorent les droits des travailleuses et travailleurs, stimulent le taux de syndicalisation et créent de bons emplois.

Cela semble évident, mais il convient de préciser que la relance en Colombie-Britannique ne se fera pas en s’appuyant sur des emplois à temps partiel, précaires et mal payés. C'est le contraire qui est vrai. La Colombie-Britannique a besoin de la stabilité qui accompagne les emplois syndiqués, c'est-à-dire à temps plein et bien rémunérés, avec des avantages sociaux.

Un certain nombre de changements de politique sont des fruits à portée de main pour le gouvernement provincial. Tout d'abord, le gouvernement Horgan doit agir rapidement pour éliminer les obstacles inutiles à la syndicalisation mis en place par les libéraux de la Colombie-Britannique à la demande de puissants employeurs.

Les travailleuses et travailleurs des secteurs de l'hébergement, de la restauration et des services de construction à contrat sont de parfaits exemples d’une main-d’œuvre à bas salaires qui a besoin d'un accès immédiat et significatif aux négociations collectives. Dans ces emplois extrêmement précaires, ces travailleuses et travailleurs sont les plus susceptibles d'être intimidés par les employeurs, y compris par des menaces de mise à pied, au cours d'un processus d'accréditation syndicale.

Supprimer la possibilité d'intimidation de l'employeur par le système de « contrôle des cartes » est une mesure simple que le gouvernement provincial devrait adopter immédiatement.

Dans le passé, des employeurs ont hurlé qu'on leur refusait une période de vote préalable pour calomnier les syndicats. Ils prétendent avoir à cœur les intérêts de leurs employés, mais en réalité, nombre de ces employeurs sont les mêmes qui luttent contre les augmentations du salaire minimum et d'autres lois favorables aux travailleuses et travailleurs. Le processus de vote sur le lieu de travail devrait être reconnu pour ce qu'il est : la dernière chance pour l'employeur de bloquer la formation d'un syndicat.

Les employeurs ont laissé entendre que « l'intimidation » est une voie à double sens entre les employeurs et les syndicats, mais cette façon de penser est une mauvaise interprétation flagrante de la relation de pouvoir sur le lieu de travail. Les employeurs licencient régulièrement les recruteurs pro-syndicaux, et il ne faut pas confondre cela avec la « pression des pairs », qui n'a aucun pouvoir, exercée par les recruteurs pour faire signer une carte syndicale.

Lors de l'examen indépendant du Code des relations de travail de la C.-B. réalisé par le gouvernement en 2018, Me Sandra Banister, membre du panel, a tiré la même conclusion:

« L'idée que les employés puissent être contraints d'adhérer à un syndicat n'est pas soutenue par les statistiques sur les pratiques de travail déloyales. Il n'y a pas non plus de preuves pour soutenir la suggestion que certains employés adhèrent à des syndicats en raison de la pression exercée par leurs pairs... l’accréditation par contrôle de cartes reste le mécanisme le plus efficace pour éviter l'ingérence illégale de l'employeur et pour garantir le choix de l'employé. »

Alors que les emplois à temps partiel et précaires prolifèrent en Amérique du Nord, les employeurs ont acquis un pouvoir sans précédent sur les travailleuses et travailleurs, mais le gain promis par « la théorie économique des effets de retombée » n'est pas arrivé. Les salaires stagnent et la vie est de plus en plus inabordable pour les travailleuses et travailleurs et leurs familles.

Le nouveau gouvernement devrait agir rapidement pour donner aux travailleuses et travailleurs la possibilité d'accroître démocratiquement le taux de syndicalisation et de réduire les inégalités économiques qui se sont aggravées pendant le déclin économique lié à la COVID-19. De bons emplois syndiqués sont un élément essentiel à une reprise économique qui profite à tous les Britanno-Colombiens.

Gavin McGarrigle, Directeur de la région de l'Ouest