Notre secteur des télécommunications, nos emplois

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Notre secteur des télécommunications, nos emplois

Tout le monde ayant contacté son fournisseur de téléphonie ou d’Internet l’a remarqué : depuis plusieurs années presque tous les appels au service à la clientèle des grandes compagnies de télécommunications canadiennes sont transférés à l’étranger. Le même phénomène se produit à un rythme alarmant pour les emplois techniques et de gestion des réseaux. Mais est-ce normal que des compagnies qui reçoivent des centaines de millions de dollars en subvention, puissent remplacer des milliers de bons emplois syndiqués au Canada par des emplois précaires à bas salaire à l’étranger?

Alors que nous amorçons la nouvelle et, nous l’espérons, dernière phase de la pandémie, le prochain gouvernement fédéral aura la responsabilité de relancer notre économie en investissant dans les entreprises et les emplois locaux et en saisissant toutes les opportunités pour développer l’expertise et la capacité de répondre aux besoins ici au Canada.

Par conséquent, devons-nous accepter que des compagnies qui génèrent des profits records tout en bénéficiant d’avantages réglementaires exclusifs au Canada puissent délocaliser de bons emplois canadiens à l’étranger?

Les deux plus grands syndicats au Canada pensent que non. Et nous ne sommes pas les seuls à penser ainsi.

Un sondage CROP commandé par le SCFP-Québec tout juste avant la pandémie démontre que presque 86 pour cent des personnes sondées pensent qu’on devrait empêcher les entreprises qui réalisent des profits et touchent des subventions de délocaliser des emplois à l’extérieur de nos frontières. Le gouvernement fédéral peut d’ailleurs imposer une telle interdiction.

Des profits exorbitants ici pour créer de la richesse à l’étranger

L’année dernière, les grandes compagnies de télécommunications ont généré des revenus de plus de 60 milliards de dollars, dont près de 7 milliards en profits. Si les dizaines de milliers d’emplois créés à l’étranger étaient rapatriés au Canada, les salaires et les impôts de ces travailleuses et travailleurs contribueraient à faire prospérer l’économie locale et les commerces d’ici. Permettre aux grandes compagnies de télécommunications de perpétuer leur modèle d’affaires actuel nous coûte très cher.

Un déséquilibre à la table de négociations

Les grandes compagnies de télécommunications savent très bien qu’elles détiennent le gros bout du bâton lorsque les travailleuses et les travailleurs tentent de négocier le maintien des emplois au Canada. En effet, il n’y a pas de loi anti-briseurs de grève au fédéral. Parce qu’elles ont la possibilité de recourir à de la main-d’œuvre à l’étranger à tout moment, les grandes entreprises de télécommunications sont donc avantagées à la table de négociations. Et c’est l’économie canadienne qui en paie le prix.

Protection de nos renseignements

Il y a aussi des inquiétudes légitimes quant à la protection des renseignements personnels. Les grandes compagnies de télécommunications envoient des informations personnelles et financières de leurs millions de clients dans des pays où les lois protégeant les données personnelles ne sont pas nécessairement les mêmes qu’au Canada. C’est jouer avec le feu et le prochain gouvernement fédéral doit mettre fin à cette pratique.

En cette période électorale, nos demandes aux partis pour le secteur des télécommunications sont claires : il est temps d’interdire la délocalisation à l’étranger de bons emplois syndiqués et des renseignements personnels.

Vous pouvez agir maintenant.

Jerry Dias, président national d’Unifor

Mark Hancock, président national du Syndicat canadien de la fonction publique