Ne répétez pas les erreurs du passé au chapitre des garderies

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Nous avons enfin un plan national de garderies, et nous ne pouvons pas nous permettre de le perdre en raison des jeux politiques à Ottawa.

C’est tout simplement trop important.

Cela fait plus de 16 ans que le gouvernement libéral précédent a tenté de mettre en place un programme national de garderies, avant que les conservateurs de Stephen Harper ne l’éliminent après que Jack Layton les ait aidés à vaincre le gouvernement de Paul Martin.

Pensez-y. Les enfants nés à l’époque où ce programme a été proposé font maintenant des plans pour leur vie après le secondaire. La prochaine génération ne doit pas subir les erreurs du passé. Aucun parti, y compris les libéraux, ne devrait faire quoi que ce soit pour laisser cet important programme mourir en raison de manœuvres politiques.

Aujourd’hui, un autre gouvernement libéral minoritaire propose un plan national de garderies. Encore une fois, les conservateurs ne l’appuient pas, et il est même question d’élections.

L’histoire ne peut tout simplement pas se répéter. Les Canadiens ne peuvent pas voir une autre génération d’enfants privés de services de garde de qualité.

Nous étions si près du but la dernière fois. Le plan était prêt, et les provinces l’appuyaient. La volonté politique et le soutien du public y étaient, malgré l’opposition des conservateurs.

Mais le NPD, qui soutient les services de garde, s’est ensuite rangé du côté des conservateurs pour faire tomber les libéraux minoritaires.

Aujourd’hui, nous avons un nouveau plan de garderies, un soutien généralisé dans l’ensemble du pays, et une opposition conservatrice qui refuse de soutenir un programme qui aiderait de nombreuses femmes et leur famille.

Le scénario semble familier?

Nous n’avons surtout pas besoin cette fois-ci d’un caucus néo-démocrate qui se rallie aux conservateurs, encore une fois, pour faire tomber le gouvernement avant que le programme puisse être mis en place.

Nous n’avons pas non plus besoin que les libéraux décident de leur propre chef de déclencher ou de provoquer des élections prématurées. Ils doivent, autant que quiconque, reconnaître que les Canadiens ne veulent pas d’une élection et n’en ont pas besoin en ce moment.

Le Canada a désespérément besoin de ce programme de garderies. Il fournirait des places en garderies à 10 $ par jour aux familles de tout le Canada, au coût de 30 milliards de dollars sur 5 ans.

« Il s’agit d’une infrastructure sociale qui favorisera l’emploi et la croissance, a déclaré la ministre des Finances Chrystia Freeland en présentant le budget. C’est une politique économique féministe. C’est une politique économique intelligente. »

La pandémie a particulièrement touché les femmes, et seul un budget féministe peut y remédier. Le travail non rémunéré consistant à prendre soin des autres à la maison incombe en grande partie aux femmes, dont les emplois sont souvent moins bien rémunérés que ceux des hommes.

Les femmes sont plus susceptibles d’être évincées du marché du travail, alors que leurs enfants font l’école à la maison et que des parents âgés ont besoin de soins, et moins à même de retourner au travail.

Un programme national de garderies abordable contribuerait grandement à rééquilibrer la situation. Ce n’est pas une solution miracle, mais c’est un grand pas en avant qui doit être mis en œuvre.

La tenue d’une élection maintenant empêcherait toutefois sa mise en œuvre.

Tous les partis, y compris les libéraux et tous les partis d’opposition, doivent s’en souvenir.

Le chef du Parti conservateur Erin O’Toole n’appuie manifestement pas le plan puisqu’il parle de coûts et de « flexibilité », un terme qu’utilisent les conservateurs pour maintenir les garderies non agréées et en milieu familial, et qu’il ne fait essentiellement rien qui ait de réelles conséquences.

Si aucune élection n’a lieu au cours des deux prochaines années, ce nouveau programme de garderies sera déjà en place depuis deux ans. Les conservateurs, s’ils gagnaient, devraient démanteler un programme populaire, plutôt que de simplement annuler un projet qui n’a pas encore commencé.

Le NPD, sous la direction de Jagmeet Singh, dit craindre que les libéraux ne donnent pas suite à la promesse des garderies, citant les échecs du passé.

« Il ne fait aucun sens qu’ils aient été au pouvoir tant de fois au cours des trois dernières décennies et qu’ils n’aient rien fait pour faire avancer ce dossier, a indiqué Jagmeet Singh. Comment les Canadiens peuvent-ils les croire maintenant? »

C’est une bonne question. Peut-être faut-il regarder dans le miroir pour trouver la réponse.

Ne répétez pas les actions de Jack Layton en vous rangeant du côté des conservateurs et en forçant la tenue d’une élection avant que ce programme essentiel de garderies ne soit mis en place.

Le NPD et le Parti vert disent ne pas vouloir d’élections. Bien, alors ne les y forcez pas.

Les libéraux ne peuvent pas laisser l’avertissement de Jagmeet Singh se concrétiser. Les Canadiens soutiennent le programme de garderies et ne seront pas indulgents si les libéraux déclenchent une élection et laissent le plan mourir, ou même être retardé.

Il y a sans doute des améliorations à apporter à ce plan. Aucune loi n’est parfaite, après tout. C’est le travail de l’opposition de signaler les lacunes et de se battre pour apporter des améliorations.

Je vous en prie, faites-le. Je suis certain que les Canadiens apprécieront votre contribution, mais ne faites pas tomber le gouvernement et ne provoquez pas d’élections à cause de cet enjeu.

Ne répétez pas les erreurs du passé.