Les travailleuses et travailleurs de T.-N.-L. méritent mieux que des salaires de misère

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Linda MacNeil, directrice de la région de l’Atlantique d’Unifor
 

Les employeurs qui refusent d'offrir aux travailleuses et travailleurs un salaire horaire d'au moins 15 dollars condamnent leurs employés à la pauvreté.

Le directeur exécutif du Conseil des employeurs de Terre-Neuve-et-Labrador, Richard Alexander, a récemment qualifié de « politique extrême » un salaire minimum de 15 dollars de l'heure.

Cela ne pourrait être plus éloigné de la vérité. La situation actuelle à Terre-Neuve-et-Labrador est extrême, et une hausse du salaire minimum, attendue depuis longtemps, est un changement sensé et nécessaire. Terre-Neuve-et-Labrador n'est qu'à 8 cents d'avoir le salaire minimum le plus bas au pays.

Un salaire minimum insuffisant a des répercussions disproportionnées sur les groupes de travailleuses et travailleurs les plus vulnérables, dont les jeunes, les personnes âgées, les personnes sans études postsecondaires et les femmes. En fait, à T.-N.-L., plus des deux tiers (66 %) des travailleurs au salaire minimum sont des femmes, ce qui dépasse considérablement la moyenne canadienne (58,8 %) et ne peut que contribuer de façon significative à l'écart persistant entre les revenus et les salaires dans la province.

Les poids lourds du détail comme la chaîne Loblaws, ainsi que les magasins à grande surface et les chaînes de restaurants sont les principaux coupables pour maintenir les travailleuses et travailleurs sous le seuil de la pauvreté. En fait, le PDG des Compagnies Loblaw limitée, Galen Westin, s'est infâmeusement opposé à un salaire minimum de 15 dollars en Ontario, incitant le gouvernement de Doug Ford à bloquer le salaire minimum à 14 dollars dans la province.

En fait, lorsque l'Ontario a instauré un salaire minimum de 14 dollars en janvier 2018, le ciel ne nous est pas tombé sur la tête. Le taux d’emploi s’est amélioré et le taux de chômage est tombé à 5,4 %, son niveau le plus bas depuis 2000. En outre, les entreprises ont fait état d'une augmentation de leurs bénéfices au cours des six premiers mois de l'augmentation du salaire minimum.

Les entreprises, petites et grandes, ont prospéré. Et les travailleuses et travailleurs au salaire minimum ont reçu un revenu un peu plus élevé pour contribuer à leur collectivité.

Relever la barre pour les travailleuses et travailleurs à faible salaire est bon pour notre économie. Elle contribue à atténuer la pauvreté en augmentant les revenus des travailleurs à faible salaire et de leur famille, réduit la discrimination salariale et l'écart salarial, et favorise une population en meilleure santé, ce qui exerce moins de pression financière sur un système de santé publique déjà surchargé.

Un salaire minimum de 15 dollars de l'heure n'est pas une attaque contre les petites entreprises; c'est une revendication pour que les sociétés partagent leurs profits avec leurs employés, pas seulement avec le PDG.

La plupart des chefs de la direction des sociétés, y compris Galen Westin, gagnent le revenu annuel moyen des employés de Loblaw en une seule journée. Malgré cela, et malgré les profits records de plus de 800 millions de dollars réalisés par Loblaw l'an dernier, les travailleuses et travailleurs des magasins Loblaw à Terre-Neuve-et-Labrador ont du mal à joindre les deux bouts. Nous ne pouvons pas compter sur les grandes entreprises pour faire passer les intérêts des travailleuses et travailleurs en premier, c'est pourquoi les travailleurs de Dominion s'organisent par l'entremise de leur syndicat, pour exiger un meilleur salaire. Mais la lutte pour rehausser les normes à Terre-Neuve-et-Labrador touche tous les travailleurs et travailleuses; il est plus que temps que le gouvernement provincial mette en œuvre une solution qui s’appuie sur du gros bon sens pour aider les travailleurs et travailleuses et l'économie.

Si le gouvernement Ball veut servir les Terre-Neuviens et les Labradoriens, nous devons établir un plancher salarial pour tous qui crée des règles du jeu équitables avec les entreprises.