Les travailleuses et travailleurs autochtones pendant la crise de la COVID-19

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Note de reherche de Sune Sandbeck

Alors qu'Unifor souligne la Journée nationale des peuples autochtones et que nous nous réunissons pour célébrer le patrimoine et l'histoire des premiers peuples de ce pays, nos pensées se tournent vers les obstacles auxquels les peuples autochtones sont confrontés au Canada en raison du racisme structurel et de l'héritage violent et constant du colonialisme.

Dans cet article complémentaire à notre bulletin mensuel Observations sur le marché du travail, nous examinons en détail comment les Autochtones se sont retrouvés sur le marché du travail pendant la pandémie de COVID-19 et nous soulignons certains des principaux défis auxquels sont confrontés les travailleuses et travailleurs autochtones dans tout le pays.

Figure 1
Comme l'illustre la figure 1, le taux de chômage des Autochtones a toujours été plus élevé que celui des non-Autochtones, même si l'écart s'est lentement réduit de 2016 à 2019. En 2020, cependant, le taux de chômage des Autochtones est monté en flèche pour atteindre plus de 14 %, soit 4,8 points de pourcentage de plus que le taux de chômage des non-Autochtones.

 

 

Figure 2
La figure 2 révèle que l'écart était encore plus important si l'on compare le taux d'emploi entre les Autochtones et les non-Autochtones, ce qui suggère qu'un plus grand pourcentage de travailleuses et travailleurs autochtones a entièrement quitté le marché du travail. Alors que l'écart du taux d'emploi avait été ramené à 4,7 points de pourcentage en 2018, les répercussions économiques de la pandémie de COVID-19 ont frappé les communautés autochtones beaucoup plus durement. En conséquence, le taux d'emploi des Autochtones a chuté à 52 % en 2020, soit 6,1 points de pourcentage de moins que celui de la population non autochtone. Cet écart était plus important pour les hommes autochtones (-7,5 points de pourcentage) que pour les femmes (-4,5 points de pourcentage).

 

Figure 3
En fait, l'écart de taux d'emploi était encore plus prononcé pour les travailleuses et travailleurs du noyau dur âgés de 25 à 54 ans, l'écart atteignant 11,5 points de pourcentage en 2020 (voir figure 3). Un écart de taux d'emploi moins important entre les jeunes autochtones et non autochtones âgés de 15 à 24 ans (44,7 % pour les jeunes autochtones contre 49,7 % pour les jeunes non autochtones en 2020) a permis de compenser en partie l'écart de taux d'emploi nettement plus important que connaissent les travailleuses et travailleurs autochtones en âge de travailler.

En moyenne, les travailleuses et travailleurs autochtones travaillaient un peu plus d'heures par semaine en 2020 que les non autochtones, mais gagnaient 2,78 dollars de moins par heure, soit une différence d'environ 10 % (voir tableau 1).

Tableau 1: Salaires et heures hebdomadaires

Autochtone

Non-Autochtone

Salaire horaire moyen

26,81 $

29,59 $

Heures hebdomadaires moyennes

35,7

35,5

 

Ces chiffres se reflètent dans les types d'emplois les plus précaires, les moins bien rémunérés et les plus exigeants en main-d'œuvre, dans lesquels se concentrent les travailleuses et travailleurs autochtones. Comme le montre le tableau 2, les travailleuses et travailleurs autochtones sont surreprésentés dans les postes de vente et des services, ainsi que dans les emplois traditionnels de cols bleus dans les secteurs des métiers, des ressources naturelles, de la fabrication et des services publics, etc.

Tableau 2: Pourcentage de la population par catégorie professionnelle

Autochtone

Non-Autochtone

Gestion, affaires, finances et administration

21,18 %

26,05 %

Sciences naturelles et appliquées; santé; éducation, droit et services sociaux, communautaires et gouvernementaux; art, culture, loisirs et sport

25,77 %

31,37 %

Vente et services

26,31 %

22,20 %

Métiers, transport et machinerie; ressources naturelles, agriculture et production connexe; fabrication et services publics

26,74 %

20,38 %

 

Figure 4
Enfin, la figure 4 indique que les situations sur le marché du travail des Autochtones sont inégalement réparties dans le pays, les habitants des provinces de l'Ouest (Colombie-Britannique, Alberta, Saskatchewan et Manitoba) ayant tendance à s'en sortir moins bien que ceux des provinces du Centre et de l'Est (Ontario, Québec, Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse, Terre-Neuve-et-Labrador et Île-du-Prince-Édouard).

 

Alors que le pays continue d'être bouleversé par l'horrible découverte des restes de 215 enfants autochtones qui avaient fréquenté l'un des plus grands pensionnats du Canada, nous ne devons jamais oublier que les terribles séquelles de la violence coloniale et du système des pensionnats continuent de se manifester dans la discrimination structurelle et les obstacles au marché du travail auxquels les travailleuses et travailleurs autochtones sont confrontés aujourd'hui.