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Le Conseil de l'automobile d'Unifor s'est rassemblé afin de tracer la voie vers de solides négociations en 2026 avec les trois grands constructeurs de Detroit. Ensemble, les dirigeantes et dirigeants du syndicat, les membres du comité de négociation ainsi que les représentantes et représentants des travailleuses et travailleurs retraités ont discuté des priorités de négociation, de la lutte pour la défense des emplois et des pressions mondiales qui influencent l'industrie automobile canadienne.
Lors de cette rencontre qui s'est déroulée le 14 avril à London, en Ontario, les membres du conseil ont assisté à des allocutions de la présidente nationale d'Unifor Lana Payne et du président du Conseil de l'automobile John D'Agnolo, ainsi qu'à des présentations des responsables du Service de la recherche et du Service des pensions et avantages sociaux d'Unifor qui ont fait le point sur l'état du secteur et les difficultés à venir dans l'industrie.
Les principaux thèmes qui ont été abordés sont les emplois, les investissements et l'avenir de l'industrie automobile canadienne.
M. D'Agnolo a livré un message clair à propos des véritables enjeux en cette année de négociation pour le renouvellement des conventions collectives avec les trois grands constructeurs de Detroit qui prendront fin cet automne. Il a mis l'accent sur l'importance de prévenir de nouvelles pertes d'emploi et de poursuivre de nouveaux mandats de fabrication de produits.
« Tout ce que nous négocierons ne voudra rien dire sans investissements, a déclaré M. D'Agnolo. Rien de ce que nous obtenons ne sera concret si le travail n'est pas au rendez-vous. »
Mme Payne a pour sa part parlé des difficultés auxquelles font face les travailleuses et travailleurs ainsi que l'ensemble de l'industrie, notamment les tarifs douaniers américains, le conflit géopolitique et la domination croissante du secteur automobile chinois.
« Tous ces facteurs font en sorte que ce cycle de négociation avec les trois grands constructeurs de Detroit sera sans doute le plus lourd de conséquences de notre vie. », a-t-elle déclaré.
Elle a aussi mis en garde les membres en leur rappelant qu'un an après l'imposition de tarifs douaniers par le président américain Donald Trump, les prédictions du syndicat se sont malheureusement révélées exactes.
« Trump ne plaisantait pas. Il voulait s'approprier nos emplois. Nous savions que les investissements chuteraient et que les entreprises réagiraient d'une manière dommageable pour nos membres. »
Mme Payne a expliqué que les milliards de dollars détournés en tarifs douaniers sont des sommes qui ne sont pas investies pour soutenir les usines, les produits ainsi que les travailleuses et travailleurs ici même au Canada.
Elle a aussi signalé qu'en plus d'affecter les travailleuses et travailleurs canadiens, le cadre commercial actuel entraîne l'élimination d'emplois dans les usines américaines et nuit aux activités des trois grands constructeurs de Detroit en accordant un avantage aux importateurs étrangers.
Mme Payne a souligné que l'expansion rapide des constructeurs automobiles chinois présentait une difficulté nouvelle et urgente. Elle a lancé une mise en garde contre l'arrivée de modèles qui apporteraient une contribution économique minimale au Canada.
Elle a mentionné les entreprises comme BYD, Chery et Geely, qui prennent de l'expansion à l'échelle mondiale en misant sur un modèle de remontage avec des « trousses au rabais » produisant un nombre limité d'emplois locaux et représentant une menace directe pour les emplois et les chaînes d'approvisionnement intérieures.
« Ce n'est pas de la construction automobile. Ce n'est pas de la fabrication. Cette approche ne respecte pas les engagements pris envers nos membres », a-t-elle déclaré au sujet des rumeurs voulant que Stellantis prévoie importer des « trousses au rabais » afin de procéder au remontage à l'usine de Brampton, en réitérant le rejet par Unifor de ce plan.
Le syndicat a aussi présenté la structure de l'équipe en vue des prochaines négociations, notamment en décrivant le rôle des comités de négociation, en plus d'expliquer le contexte économique global qui risque d'influencer le déroulement des pourparlers.
Les responsables d'Unifor ont exposé les principales pressions exercées sur le secteur, y compris les tarifs douaniers, l'expansion chinoise, la stagnation des investissements dans les véhicules électriques, les bénéfices en baisse, et décrit l'influence de ces facteurs sur les priorités fondamentales du syndicat comme la sécurité d'emploi, les régimes de retraite, les salaires et la protection du revenu.
Mme Payne a mis l'accent sur le fait que la résolution du conflit tarifaire avec les États-Unis demeure essentielle pour garantir la stabilité à long terme de l'industrie.
« Il n'y a qu'une porte de sortie à cette crise qui soit acceptable pour notre syndicat, c'est une résolution du conflit tarifaire avec les États-Unis.»
Du même souffle, elle a souligné les efforts du syndicat pour faire pression en faveur d'une politique industrielle plus forte, notamment sa demande pour une stratégie « Fabriquez ici pour vendre ici » qui vise à rendre l'accès au marché contingent à la production intérieure et à la création d'emplois au pays.
Comme Mme Payne l'a déclaré aux déléguées et délégués présents à la rencontre, la réaction du syndicat sera fondée sur la solidarité et l'action.
« Nous poursuivons notre lutte. Nous continuons de résister. Nous continuons de défendre les emplois dans le secteur de l'automobile et l'ensemble de l'industrie... et c'est ensemble que nous réussirons. »