Le combat des travailleuses et travailleurs de la raffinerie Co-op concerne tout le monde

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La semaine dernière, j'ai été témoin de quelque chose que je n'avais pas vu en 40 ans d’expérience sur les lignes de piquetage à travers le Canada. Jamais auparavant je n'ai vu une force policière se comporter avec un tel manque de respect à l’égard des droits des travailleuses et travailleurs, et un tel mépris pour leur rôle fondamental d'agents de la paix.

Le chef du Service de la police de Regina a ordonné à plus de 70 policiers d'intimider, de harceler et de démanteler par la force une ligne de piquetage légale et un rassemblement pacifique de centaines de piqueteurs d'Unifor et de leurs partisans.

Au plus fort de l'escalade policière, de nombreux véhicules de la ville et des engins lourds ont été déployés pour briser notre ligne de piquetage et miner notre syndicat. En signe de solidarité, les chauffeurs ont refusé de soutenir les tactiques du Service de la police de Regina et sont partis.

J'ai averti le sergent-chef Guy Criddle de ne pas aggraver ce conflit, et lui ai rappelé que la plupart des forces policières restent neutres dans ces conflits. Guy Criddle a répondu en m'arrêtant ainsi que treize autres piqueteurs.

Ils ont malmené des membres, poussé et menacé des femmes. Ils ont même frappé un piqueteur d'Unifor après que des policiers aient réquisitionné un camion de 26 pieds, blessant un membre de l'Ontario. Au lieu de s'excuser et d'enquêter sur l'incident, ils l'ont arrêté et l'ont traîné alors qu’il boitait jusqu'au panier à salade.

Ces actes répétés de harcèlement et de provocation de la part de la police n'ont servi qu'à motiver d’autres partisans qui ont tout laissé tomber pour venir à Regina afin de renforcer la ligne de piquetage des travailleuses et travailleurs de la raffinerie. 

Les tactiques musclées de la police rappellent les tactiques de brisement de grève et d'intimidation d'une époque révolue. La réaction de la police était complètement excessive.

Mon père a un dicton sur les gens comme Guy Criddle. Donnez à quelqu'un un manteau de fourrure et il se prend pour King Kong. L'abus de pouvoir de la police est un grave affront à l’endroit des travailleuses et travailleurs de la raffinerie qui sont en lock-out dans le froid depuis 47 jours, pour tenter de protéger leurs droits fondamentaux.

Le rôle des policiers pendant les conflits de travail devrait être de rester neutres et d'assurer la sécurité de tous les civils, y compris les travailleuses et travailleurs en lock-out. Le 20 janvier, nous avons été témoins d’une attaque non provoquée et injustifiée contre les travailleuses et travailleurs. 

Ce qui est en jeu dans le conflit de travail à la raffinerie Co-op, c'est le gagne-pain et la sécurité de la retraite de nos membres là-bas. Le lock-out concerne également les droits de tous les travailleurs au Canada. Chaque lock-out et chaque grève sont un acte courageux de la part des travailleuses et travailleurs pour défendre leurs droits fondamentaux. Dans le cas de la raffinerie Co-op, l'employeur réalise un bénéfice de 3 millions de dollars par jour. Si une entreprise aussi riche et puissante peut s'en tirer en sabrant dans les pensions de travailleuses et travailleurs qualifiés, alors les autres travailleurs n'ont aucune chance.

Le culot d'une raffinerie largement rentable et le comportement excessif des forces policières de Regina ont fait de cette affaire un moment déterminant pour le mouvement syndical canadien actuel. Nous le savons, car des travailleuses et travailleurs d'un océan à l'autre sont en route en ce moment pour Regina et apportent leur soutien sur les médias sociaux.

Puis-je avoir l'audace de suggérer que la tentative du Service de la police de Regina et de son chef de police de briser notre solidarité a plutôt réussi à transformer une lutte locale en une lutte d'une importance et d'une urgence nationales?