Le budget de la Nouvelle-Écosse devrait viser plus haut

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Linda MacNeil, directrice de la région de l’Atlantique d’Unifor

Linda MacNeil, directrice de la région de l’Atlantique d’Unifor

Le budget de la semaine dernière a annoncé des investissements importants qui ont fait la une des journaux, mais si l'on considère les détails, ces annonces générales ne couvrent toujours pas les failles qui doivent être comblées pour les travailleuses et travailleurs de la Nouvelle-Écosse.

Le budget a annoncé que le financement des soins continus, y compris les soins de longue durée et les soins à domicile, augmenterait de 13 % par rapport au plan budgétaire de 2020, dépassant pour la première fois la barre du milliard de dollars.

Ce sont de bonnes nouvelles, et je suis heureuse de voir que le gouvernement prend enfin au sérieux la crise des soins de longue durée. Mais je me demande aussi si c'est suffisant. Le budget des soins de longue durée a été considérablement réduit en 2015. Ce budget rétablit peut-être le financement qui a été coupé alors, mais ce n'est pas suffisant pour réformer le secteur. 

Même si ce financement est suffisant pour mettre en œuvre les 22 recommandations visant à améliorer la qualité dans les foyers de soins de longue durée formulées par le groupe d'experts du gouvernement – et je ne suis pas certaine qu'il le sera – ce financement ne sera pas suffisant pour remédier aux pénuries de personnel et aux bas salaires qui sont devenus extrêmement évidents pendant la pandémie.

Il est impératif que le gouvernement reconnaisse son rôle dans la création des conditions de soins en améliorant les conditions de travail des milliers de personnes qui travaillent dans le système de soins de longue durée de la Nouvelle-Écosse.

Nos membres ont exprimé haut et fort leurs besoins. Ils ont besoin de salaires décents, de niveaux de dotation en personnel plus élevés et de la stabilité d'un travail à temps plein.

Les membres d'Unifor observent les actions de ce gouvernement sur le plan des services de garde d'enfants, et c'est troublant. Le budget de cette année a réduit le financement des services de garde de près de 10 millions de dollars. Cela peut être justifié par les économies réalisées en raison du passage à la mise en œuvre complète du programme préscolaire, mais ces économies auraient dû être réaffectées à l'élaboration d'un plan de services de garde universels et abordables pour les familles de la Nouvelle-Écosse.

Un élément de ce budget qui mérite d'être applaudi a trait à l’Office de l'équité et des initiatives antiracistes. Pour l'instant, cet office dispose d'un budget de 2 millions de dollars et sera doté de six fonctionnaires à temps plein.

L'engagement envers une approche pangouvernementale à l’égard de l'antiracisme et de l'équité est extrêmement important. Tout aussi important est l'engagement du gouvernement à agir. L'élimination du racisme et le renforcement de l'équité ne se produiront pas dans un bureau de six personnes, mais lorsque le gouvernement mettra en œuvre des mesures antiracistes dans l'ensemble du système. J'espère que le gouvernement mettra en place le personnel suffisant et donnera suite aux recommandations formulées. Pour commencer, le gouvernement doit commencer à recueillir des données fondées sur la race concernant la pandémie de COVID-19.

Dans l'ensemble, cependant, ce budget est décevant. Le gouvernement devrait se concentrer sur le fait de rebâtir en mieux après la pandémie. Notre province doit corriger les inégalités et les crises qui existaient avant la pandémie, notamment l'inégalité des revenus, le travail précaire et le changement climatique.

Avant la pandémie, le taux de pauvreté en Nouvelle-Écosse était de 12,1 % - le deuxième plus élevé au pays. Des milliers de travailleuses et travailleurs occupaient des postes précaires et un emploi à temps plein au salaire minimum permettait à un travailleur de gagner à peine plus que le seuil de pauvreté. Cette situation est inacceptable.

Le gouvernement devrait se concentrer sur la construction d'une infrastructure de qualité sur laquelle les Néo-Écossais comptent pour se rendre au travail, aller à l'école et avoir une qualité de vie élevée. Il devrait s'assurer que les travailleuses et travailleurs des soins de longue durée puissent être prospères, qu'il existe un système de services de garde d'enfants universel de haute qualité et que l'assurance-médicaments universelle est mise en œuvre.

Les travailleuses et travailleurs de la Nouvelle-Écosse méritent un salaire minimum de 15 $ et des congés de maladie payés. Nous méritons tous un gouvernement qui bâtit quelque chose de mieux pour tout le monde, pour faire de notre province un endroit où il fait encore mieux vivre.

Au lieu de cela, le gouvernement se concentre sur le retour à l'équilibre budgétaire en quatre ans. Cela peut donner l'illusion de la prudence, mais ce n'est pas le cas.

Le choix prudent serait de bâtir une province qui offre les programmes et les services dont la population de la Nouvelle-Écosse a besoin et de créer le type d'emplois grâce auxquels les travailleuses et travailleurs peuvent se permettre une qualité de vie élevée.