Le budget d’austérité de Jason Kenney : un désastre

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Le deuxième budget du premier ministre Jason Kenney envoie un message clair aux travailleuses et travailleurs : vous ne comptez pas. Son budget 2020 ne crée pas d'emplois, il les fait disparaître, tout en exposant les plus vulnérables de l'Alberta à une insécurité encore plus grande. 

Le premier ministre Kenney s'appuie sur la même stratégie d'austérité qui n'a pas donné de résultats en Alberta ni ailleurs dans le monde. Ses réductions massives des dépenses, associées à des allègements fiscaux pour les riches, sont la dernière chose dont l'Alberta a besoin.

Il ne fait aucun doute que l'économie provinciale est en difficulté compte tenu de la baisse mondiale des prix du pétrole et du gaz, et que les familles de travailleuses et travailleurs en souffrent. Alors que la première priorité de tout gouvernement devrait être d'aider ces familles, l'instinct de Jason Kenney va à l'opposé.

Presque toutes les décisions politiques que Jason Kenney a prises depuis qu'il a formé le gouvernement l’ont été au bénéfice de ses riches et puissants alliés, plutôt qu'au bénéfice des travailleuses et travailleurs. Le budget provincial de l'automne dernier a réduit les dépenses pour les programmes et les services, et a gelé les dépenses d'éducation tout en donnant des milliards aux riches Albertains par le biais de réductions d'impôts sur les sociétés et de généreuses déductions pour amortissement pour les sociétés. 

Le résultat : la suppression de 7 000 emplois dans le secteur public, notamment chez les infirmières, les enseignants, les travailleuses et travailleurs de la santé, et les employés du gouvernement. 

Le budget 2020 de l'Alberta annoncé la semaine dernière poursuit cette voie de destruction, malgré l'échec du dernier budget du PCU à inverser le déclin de l'économie. 

Ce budget poursuit sur la même voie d'austérité imprudente avec le gel des dépenses en éducation, qui constitue une réduction importante si l'on tient compte de la croissance démographique et de l'inflation. Jason Kenney réduit également 138 autres postes d’enseignants et 106 postes de membres du personnel de soutien, en introduisant des augmentations massives des frais de scolarité, ainsi que des coupes dans l'aide financière aux étudiants, les services de garde, le service de soutien aux sans-abri, les médicaments et les allocations, les soins aigus, et l'aide à l'emploi et au revenu. 

Et ce n'est pas tout. Les Albertains paieront 460 millions de dollars de plus en primes et en frais d'utilisation – presque tous des frais fixes injustes qui touchent le plus durement les familles à faible revenu.

Ce que fait Jason Kenney met en évidence son manque de connaissances économiques. Ce qu’il n’a pas saisi, c'est le rôle que jouent les gouvernements pour stimuler l'économie en période de ralentissement économique. Il ne comprend pas que les dépenses publiques sont une composante importante du PIB et de la croissance économique. Lorsque les emplois du secteur public disparaissent et que les dépenses du secteur public diminuent, l'économie aussi, car il y a moins de personnes qui travaillent et dépensent de l'argent.

Cela exerce en fait une pression à la baisse sur la croissance économique. Une étude récente montre que les compressions budgétaires de Jason Kenny mène en fait l’Alberta vers une récession. 

La combinaison des réductions de l'impôt sur les sociétés et des services publics n'équilibre pas le budget, elle ne fait que déplacer l'argent des poches des employés du secteur public vers les comptes bancaires des entreprises qui paient déjà moins que leur part de ce qu'il faut pour faire fonctionner la province.

La stratégie économique du PCU révèle également une connaissance étonnamment naïve des tendances énergétiques mondiales.

Le secteur de l'énergie est l'un des principaux moteurs économiques qui créent de bons emplois dans de nombreuses communautés de l'Alberta. Peu importe les efforts que le PCU déploie, le secteur évolue au fur et à mesure que le monde s'éloigne des combustibles fossiles.  Aucun politicien, y compris Jason Kenney, ne peut contrôler les tendances économiques mondiales. 

Le premier ministre Kenney doit investir dans de nouvelles infrastructures énergétiques, dans la formation professionnelle et dans des aides au revenu de transition pour les travailleuses et travailleurs de l'Alberta afin de préparer la province – à l'avance – aux changements économiques inévitables. Plus ils attendront, plus cela coûtera cher et plus les travailleuses et travailleurs albertains en souffriront.

Dire que le budget 2020 est une occasion manquée est une énorme sous-estimation. Le manque de vision et de leadership de Jason Kenney, en poursuivant sur la voie de l'austérité et des allègements fiscaux pour les riches, au lieu d'investir dans de nouvelles infrastructures économiques et des programmes de soutien aux travailleurs et aux plus vulnérables, met en danger l'avenir de la province.