La Conférence du programme d’aide aux employés et à leur famille propose des outils de prévention du suicide et incite les gouvernements à agir pour la santé mentale

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Les représentantes et représentants du Programme d'aide aux employés et à leur famille (PAEF) des sections locales se sont réunis à l’occasion de la conférence biennale du PAEF d’Unifor, qui s’est tenue au Centre familial d’éducation de Port Elgin, en Ontario, du 11 au 13 septembre. Les déléguées et délégués à la conférence sont repartis avec deux compétences : celle de demander directement à un membre s’il a des pensées suicidaires, et celle d’élaborer un plan pour porter les revendications sur la santé mentale et la toxicomanie à tous les niveaux de gouvernement.

« Beaucoup d’entre vous sont le premier point de contact pour les membres lorsqu’ils cherchent quelqu’un vers qui se tourner, a déclaré Samia Hashi, directrice de la région de l’Ontario d’Unifor. C’est vous qui recevez les SMS et les appels téléphoniques tard dans la nuit, qui accompagnez nos membres dans des moments vraiment difficiles, et qui accomplissez ce travail discrètement et, le plus souvent, sans grande reconnaissance. »

Mme Hashi a évoqué une résolution sur la santé mentale et les dépendances adoptée en décembre par le Conseil régional de l’Ontario à une écrasante majorité. Elle charge le syndicat de renforcer la formation au Programme d’aide aux employés et à leur famille et de faire pression sur les gouvernements pour obtenir des services de santé mentale et de prise en charge des dépendances auxquels les personnes puissent réellement accéder, avec des mesures de soutien intégrées pour les familles. Mme Hashi a indiqué que ce travail devait commencer durant cette conférence puisque ce sont les représentantes et représentants du Programme d’aide aux employés et leur famille qui constatent les lacunes en premier.

La formation à la prévention du suicide a eu lieu tôt le premier jour. L’animatrice a demandé aux déléguées et délégués de se tourner vers la personne à leur côté et de lui demander : « Avez-vous des pensées suicidaires? » L’objectif était de faire sortir cette question de la bouche des gens, car ceux et celles qui ont le plus besoin qu’on leur pose cette question sont justement ceux et celles à qui personne ne la pose. Les déléguées et délégués ont également appris comment réagir si la réponse était « oui » : composer le 988 et rester en ligne avec le membre jusqu’à ce qu’une intervenante ou un intervenant de crise prenne l’appel. Ensuite, chaque participante et participant a écrit un message sur un ruban jaune ou un cœur en papier violet, puis l’a épinglé à l’intérieur d’un grand cœur accroché au mur. Cet impressionnant témoignage est resté affiché pendant toute la durée de la conférence.

Camille Quenneville, présidente-directrice générale de l’Association canadienne pour la santé mentale, division de l’Ontario, a présenté aux déléguées et délégués des chiffres alarmants. La demande de services communautaires en santé mentale a augmenté de 21 % depuis le début de la pandémie, les professionnelles et professionnels qui les fournissent sont rémunérés 30 % de moins que le personnel hospitalier, et l’Ontario continue de perdre sept personnes par jour victimes d’une surdose d’opioïdes. Elle a évoqué le centre de crise de l’Association canadienne pour la santé mentale (ACSM) à London, où la police et les ambulanciers peuvent mettre une personne en situation de crise en relation avec un professionnel de la santé mentale en environ 17 minutes, au lieu de l’obliger à attendre six heures aux urgences, et a sollicité l’aide d’Unifor pour renouveler l’accord de 10 milliards de dollars du gouvernement fédéral sur la santé mentale et les dépendances avant qu’il ne prenne fin l’année prochaine. Unifor a versé un don de 2 500 dollars pour soutenir l’ACSM de l’Ontario dans son travail essentiel. 

Les déléguées et délégués ont également entendu un groupe d’experts sur les actions de lobbying pour la santé mentale et la lutte contre les dépendances. Sue McKinnon, présidente du Comité sur la condition féminine de la section locale 444, a décrit comment des délégations à Windsor ont fait pression sur le conseil municipal pour qu’il approuve une enveloppe de 192 000 dollars destinée à la création de 12 lits supplémentaires au refuge « Welcome Centre Shelter for Women and Families », Tracy Ramsey, directrice du Service de la condition féminine, a lu un message de Jodi Nesbitt, présidente de la section locale 240, qui a présenté la résolution au Conseil régional de l’Ontario. Elle y a retracé une décennie de lutte contre un système qui a laissé tomber son fils, et expliqué comment ses 35 années passées au sein du syndicat lui ont appris à mener des actions de mobilisation auprès des familles et à s’adresser aux responsables politiques. Gina Smoke, directrice des relations avec les communautés autochtones, et Jensen Williams, du Service de la mobilisation et de l’action politique d’Unifor, ont complété le groupe.

Les ateliers ont porté sur les incidents critiques et le stress post-traumatique, les risques psychosociaux sur le lieu de travail, les conversations difficiles et le programme « La santé mentale, ça compte » d'Unifor. Le week-end s’est achevé par une séance consacrée au bien-être personnel animée par Yolanda Cornwall et une cérémonie de guérison autochtone dirigée par Doran Ritchie, de la Première Nation de Saugeen.

Len Poirier, secrétaire-trésorier national d’Unifor, a clos la conférence dimanche matin.

« Chacune et chacun d’entre vous a endossé ce rôle parce qu’une ou un collègue avait besoin d’aide et que vous vous êtes mobilisé. C’est ce qu'il fait, notre syndicat, a déclaré M. Poirier. Notre mission au niveau national est de veiller à ce que vous disposiez de la formation, des ressources et du soutien nécessaires pour accomplir ce travail, et de faire en sorte que la santé mentale reste à l’ordre du jour à chaque négociation. »

Mike Byrne, représentant national d’Unifor et promoteur de la santé mentale, a rappelé aux déléguées et délégués que la formation ne s’arrête pas à Port Elgin. Les sections locales peuvent organiser des formations « La santé mentale, ça compte » et le Plan d’action pour le rétablissement et le bien-être, et certaines ont déjà négocié dans leurs conventions collectives des formations aux premiers secours en santé mentale et aux techniques d’intervention préventive du suicide (ASIST), prises en charge par l’employeur.

Si vous ou l’un de vos proches êtes en difficulté, appelez ou envoyez un SMS au 988.

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