Journée mondiale pour l'éradication de la pauvreté : Un logement sûr pour tous

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Le 17 octobre 2026, Unifor souligne la Journée mondiale pour l'éradication de la pauvreté. Cette année, le message véhiculé sera « Un logement sûr pour tous » qui s'inscrit dans le thème plus large de l'ONU qui est « Unis pour la paix et les droits de la personne ».

Un logement sûr, stable et abordable constitue un droit de la personne fondamental; ce n'est pas un privilège. La qualité du logement d'une personne influence tous les aspects de sa vie, y compris sa santé, son éducation, son travail et sa famille. Sans un logement sûr, stable et abordable, tout le reste devient considérablement plus difficile. Selon l'ONU, environ 2,8 milliards de personnes dans le monde vivent dans un logement inadéquat pour une raison ou une autre, et, parmi ces gens, les personnes qui vivent dans la pauvreté sont représentées de façon disproportionnée.

La pauvreté et les mauvaises conditions de logement enferment les gens dans un cycle duquel il est difficile d'échapper. Lorsque le loyer représente la moitié ou plus du revenu d'un foyer avant de payer la nourriture, les services publics et les transports, lorsque les familles sont forcées à s'entasser dans des logements trop petits qui peuvent être insalubres ou en décrépitude et lorsqu'une personne est à un retard de paiement de perdre son logement, la situation de pauvreté s'aggrave et il devient de plus en plus difficile de s'en sortir. Nous ne pourrons jamais éliminer la pauvreté au Canada tant que nous n'aurons pas résolu la crise du logement.

Les travailleuses et travailleurs canadiens sont poussés chaque jour vers l'insécurité liée au logement. Le prix des loyers et des résidences a atteint des sommets et augmente beaucoup plus rapidement que les salaires. Plusieurs jeunes travailleuses et travailleurs doivent attendre avant de fonder un foyer ou quitter la communauté où ils sont nés et ont grandi. Les aînées et aînés ayant un revenu fixe ont du mal à rester dans leur logement en raison de la hausse des loyers. Les camps de sans-abri sont devenus monnaie courante dans les villages et les villes partout au pays. De plus, les gens qui vivent dans la plus grande précarité sont ceux qui se heurtent déjà à des obstacles systémiques, notamment les peuples autochtones, les communautés noires et racialisées, ainsi que les personnes vivant avec une inCapacité et les femmes.

Aucune travailleuse ni aucun travailleur ne devrait avoir à choisir entre payer son loyer et acheter de la nourriture ou payer sa facture d'électricité ou ses médicaments d'ordonnance, ou encore entre payer son hypothèque et acheter son titre mensuel de transport pour se rendre au travail. Malheureusement, c'est le genre de décisions qu'un trop grand nombre de personnes qui travaillent fort, avec un emploi à temps plein doivent prendre chaque mois.

Un travail convenable et un logement adéquat vont de pair. Les bons emplois syndiqués avec des salaires équitables, des avantages sociaux et des régimes de retraite permettent aux travailleuses et aux travailleurs d'obtenir la stabilité financière nécessaire pour planifier leur avenir et garder un toit au-dessus de leur tête. La négociation collective demeure l'une des méthodes les plus efficaces pour les travailleuses et travailleurs d'augmenter leur salaire et de lutter contre la pauvreté. Même si de meilleurs salaires aident à s'en sortir, à eux seuls, les salaires ne sont pas suffisants pour régler la crise de l'accessibilité financière. Lorsque le marché privé n'est pas en mesure de fournir des logements que les travailleuses et travailleurs peuvent se permettre, les gouvernements doivent intervenir.

Les solutions à la crise du logement doivent tenir compte des gens qui sont affectés par cette situation. Les locataires, les personnes sans domicile et les communautés qui souffrent de l'insécurité liée au logement doivent participer directement aux efforts visant à élaborer la politique sur le logement, pas seulement être consultés après coup. 

C'est pourquoi Unifor, par le biais de son Fonds de justice sociale, a appuyé des groupes qui luttent activement pour la justice en matière de logement, notamment York-South Weston Tenants Union, le Réseau national du droit au logement, le Centre canadien pour le droit au logement et le Projet Genèse à Montréal. Ces organismes travaillent en étroite collaboration avec les locataires et les gens directement touchés par l'insécurité liée au logement dans le but de protéger les droits des locataires, de faire progresser le droit au logement et de développer des communautés plus fortes et plus sûres.

Tous les ordres de gouvernement doivent contribuer. Le logement doit être considéré comme étant un droit de la personne dans les lois, dans les budgets et dans la pratique. Les gouvernements doivent s'engager à développer et à préserver les logements abordables et hors marché, notamment les logements sociaux, coopératifs et supervisés, et à protéger le parc locatif abordable existant. Les locataires doivent pouvoir compter sur de meilleures mesures de protection, en particulier de véritables limites sur les augmentations de loyer. Nous devons aussi mettre fin aux expulsions dans les cas de mauvaise foi et aux rénovictions. Pour mettre fin à l'itinérance, nous devons mettre en place un plan concret fondé sur des logements permanents, pas sur le déplacement de personnes. De plus, les mesures de soutien au revenu et le salaire minimum doivent correspondre au coût véritable de la vie au Canada.

La crise de l'accessibilité financière du logement n'est pas le fruit du hasard. Elle a été causée par les décisions relatives aux politiques et de meilleures décisions sur les politiques peuvent permettre de renverser la tendance.

En cette Journée internationale pour l'éradication de la pauvreté, Unifor réitère son engagement envers la création d'un pays où chaque personne a un logement sûr et la sécurité financière nécessaire pour vivre dans la dignité. Nous continuerons de syndiquer les milieux de travail, de négocier et de faire pression sur les gouvernements pour réaliser cette vision.