Il faut permettre aux travailleuses et travailleurs de rester à la maison avec un salaire lorsqu'ils sont malades

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Gavin McGarrigle, Directeur de la régionde l'Ouest
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Le refrain « si vous êtes malade, restez chez vous » n'est pas seulement une politique intelligente sur le lieu de travail, c'est aussi une politique de santé publique intelligente.

Bien sûr, la COVID-19 a élevé l'importance de cette habitude à de nouveaux niveaux. Empêcher la propagation de la COVID-19 sur les lieux de travail est une question de vie ou de mort.

Ce mois-ci, le premier ministre a reconnu le lien entre les politiques provinciales en milieu de travail et la santé publique en légiférant pour que les travailleuses et travailleurs puissent bénéficier de congés payés pour se faire vacciner.

Il est temps de passer à l'étape suivante et de légiférer sur les congés de maladie payés par l'employeur pour tous les travailleurs et travailleuses de la Saskatchewan.

Si vous avez déjà des congés de maladie payés, vous faites partie d’une minorité. La plupart des travailleuses et travailleurs en Saskatchewan ne bénéficient pas de congés de maladie payés. Chez les travailleuses et travailleurs faiblement rémunérés, ce chiffre est encore plus élevé. Il ne faut pas non plus s'étonner que les femmes soient plus nombreuses que les hommes à ne pas avoir de congés de maladie payés.

Le fait est que les confinements et les ordres de rester à la maison ne fonctionnent pas sans congés de maladie payés.

Bien que la Prestation canadienne de maladie pour la relance économique du gouvernement fédéral aide, du moins en théorie, les travailleuses et travailleurs présentant les symptômes de la COVID à rester à la maison, elle est temporaire, insuffisante et peu pratique.

Pour être admissible, une ou un travailleur doit manquer une semaine complète de travail. La prestation ne fournit qu'un maigre 450 $ par semaine aux personnes qui ont dû s'absenter du travail en raison de la COVID-19. Elle n'offre pas la même sécurité qu'un congé de maladie payé, car les délais de traitement, qui peuvent atteindre quatre semaines, sont trop longs pour de nombreux travailleurs et travailleuses qui vivent d'un chèque de paie à l'autre.

Les travailleuses et travailleurs qui ne peuvent pas se permettre de subir une réduction massive de leur salaire sont toujours obligés de faire un choix entre leur chèque de paie ou aller travailler et infecter les autres.

Lorsqu'une personne décide de rester à la maison parce qu'elle a le nez qui coule ou une nouvelle toux, ce n'est pas pour son bien, c'est pour le reste d'entre nous. Pourquoi devrait-elle en payer le coût?

Il existe une meilleure solution. La Saskatchewan peut se joindre au Québec et à l'Île-du-Prince-Édouard pour offrir des congés de maladie payés par l'employeur.

À l'heure actuelle, les normes d'emploi de la Saskatchewan ne prévoient que douze jours de congé de maladie, tous non payés. Cette réglementation était tout à fait inadéquate avant la pandémie. Nous savons aujourd'hui qu'elle est fatale.

Il est temps de protéger les travailleuses et travailleurs en portant le minimum légal à sept jours de maladie payés par l'employeur, et à quatorze jours de maladie payés dans le cas d'une urgence de santé publique comme la COVID-19.

Toutes les catégories de travailleuses et travailleurs de tous les secteurs devraient être admissibles et aucun billet de maladie ne devrait être exigé – les praticiens de la santé surchargés de travail ont des tâches plus urgentes à accomplir.

La Saskatchewan doit également supprimer la période de probation actuelle. Cette politique insiste sur le fait que les jours de congé de maladie ne sont accessibles aux travailleuses et travailleurs qu'après 13 semaines de travail.

Une poignée d'employeurs cupides résisteront sans doute à l'idée de congés de maladie payés en Saskatchewan, mais une simple leçon de productivité devrait aider ces patrons à comprendre que limiter la propagation des maladies infectieuses, la COVID-19 ou autres, sur le lieu de travail est bon pour les affaires.

Lorsqu'il s'agit de sa santé, et de celle de ses collègues, la population ne peut pas se fier aux caprices et à la charité des employeurs. Les enjeux sont tout simplement trop élevés pour rester les bras croisés et espérer que des milliers d'entreprises paieront volontairement pour dépasser le minimum de douze jours actuellement en vigueur dans la province.

Quelle entreprise voudrait commencer en premier, alors que ses concurrents refusent d'offrir le même avantage? Selon un rapport récent, seulement 15 % des entreprises au Canada ont amélioré leurs politiques de congé de maladie pendant la pandémie.

Il faut plutôt relever la norme provinciale afin qu'aucun employeur ne puisse prétendre qu'une modeste politique de congés de maladie payés constitue un « désavantage concurrentiel ».

En relevant le plancher et en rendant obligatoires les congés de maladie payés, nous pouvons contribuer à stopper cette pandémie et à assurer la sécurité de tous sur le lieu de travail à long terme.