Des dirigeantes syndicales se rendent au siège des Nations Unies pour demander l’égalité et la justice dans le monde entier

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Lisa Kelly fait partie d’une délégation internationale de dirigeantes syndicales qui assisteront à la 59e séance de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies du 9 au 20 mars 2015 à New York. Cette séance marquera le 20e anniversaire de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing, adoptés par des États qui s’étaient engagés à passer à l’action sur un grand nombre d’enjeux touchant les femmes et les filles, y compris la violence, la pauvreté, l’éducation et la formation, ainsi que le pouvoir et la prise de décision.

La délégation syndicale cherche à inclure les droits des femmes dans le Programme de développement pour l’après-2015 des Nations Unies et recommandera vivement aux États de prendre des mesures audacieuses et immédiates pour mettre en œuvre le programme d’action de Beijing.

Unifor s’est joint à 1 000 autres groupes de défense des droits des femmes et de la personne pour décrier les lacunes de la nouvelle déclaration qui sera signée pendant la séance.

Voici le premier article qu’a publié Lisa Kelly sur son blogue depuis New York :

J’ai eu la chance exceptionnelle de participer à une marche dans les rues de New York à l’occasion de la Journée internationale de la femme.  Comme on le sait, la ville de New York a été le théâtre des premières grandes manifestations de travailleuses, notamment après l’incendie de l’usine Triangle Shirtwaist, qui a enlevé la vie à 146 travailleuses et travailleurs du vêtement, principalement des immigrantes et des enfants.  Les travailleuses ont toujours été au premier plan des campagnes en faveur du changement.  Je faisais partie de la délégation syndicale, et nous avions l’intention d’être combatives!

La Journée internationale de la femme n’est pas soulignée partout par une forte volonté de changer les choses.  Dans un pays en particulier, le gouvernement a célébré cette journée en rendant publique une étude sur le tour de taille des femmes.  Sous le couvert d’une prise de conscience en matière de santé, le gouvernement peut renforcer le rôle qu’il joue dans le contrôle du corps des femmes.

Cette marche dans les rues de New York m’a pourtant inspiré des sentiments mitigés.  D’une part, le nombre de participantes et participants était une démonstration incroyable du pouvoir des femmes et de l’appui que les hommes leur apportent dans leur lutte pour l’égalité. D’autre part, la marche n’était pas aussi radicale, énergique ou tumultueuse que ce à quoi je m’attendais.

Il y a peut-être un parallèle à tracer avec la déclaration politique que les États sont censés signer le 9 mars lors de la séance de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies.  Cette déclaration marquera le 20e anniversaire de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing.  D’après l’opinion générale, cette déclaration politique maintient le statu quo, n’est pas novatrice ni progressiste et reflète notre itinéraire d’aujourd’hui : elle nous fait faire le tour d’un pâté de maisons et nous redirige dans la même direction.

Au bout du trajet, il y avait des barrières de métal sur trois côtés. Nous avons entendu un policier dire à la foule que nous étions censés entrer dans cet enclos.  Je ne veux pas être parquée dans un enclos!  Je ne veux pas que mes droits stagnent!

Vingt ans se sont écoulés depuis la Déclaration de Beijing.  Nous connaissions nos objectifs et nos cibles à l’époque, et nous avons pris des engagements.  Pourquoi n’en avons-nous pas fait plus?  Pourquoi nous attendons-nous à ce qu’une déclaration de « statu quo » résulte de ces événements? Mais la véritable question est la suivante : les femmes accepteront-elles simplement d’être enfermées dans un enclos?