Des congés de maladie payés sont essentiels

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Un photo de Linda MacNeil avec le texte : "Un message de la directirce de la région de l'Atlantique."

Les mesures de confinement nécessaires pour lutter contre la COVID-19 ont été coûteuses et difficiles pour de nombreuses personnes à Terre-Neuve-et-Labrador.

Nous sommes restés loin de nos proches – nos aînés qui ont besoin de notre aide, nos plus jeunes qui franchissent des étapes que nous avons manquées – pour contenir la COVID-19. Des entreprises ont fermé. Des travailleuses et travailleurs ont été mis à pied ou en congé forcé.

Nous ne pouvons pas laisser tout ce dur labeur et ces sacrifices se perdre.

Avec l'arrivée de nouveaux variants du virus beaucoup plus transmissibles au Canada, le nouveau gouvernement élu doit s'assurer que nous avons pris toutes les précautions nécessaires pour que cette pandémie ne s'installe jamais de manière significative à Terre-Neuve-et-Labrador.

Des congés de maladie payés figurent parmi ces mesures de précaution. Unifor demande deux semaines de congés de maladie payés pour chaque travailleuse ou travailleur pendant la pandémie, et sept jours après. Nous avons actuellement sept jours de congés de maladie non payés, mais c'est loin d'être suffisant. Pas en pleine pandémie, ni par la suite.

Pour maîtriser le virus, nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour arrêter sa transmission partout où une éclosion se produit. Terre-Neuve enregistre actuellement un pic de cas à deux chiffres, et nous devons déployer plus d’effort.

Pour lutter de manière efficace contre la propagation, les travailleuses et travailleurs doivent rester chez eux lorsqu'ils sont malades. Une personne qui doit aller travailler tous les jours juste pour payer les factures a moins de chances de rester à la maison si cela implique qu'elle perd son salaire pour les jours où il reste à la maison. Cette personne ne peut pas se le permettre. Mais en allant travailler, elle risque de propager le virus.

Seuls des congés de maladie payés garantis peuvent contribuer à garantir que les travailleuses et travailleurs restent chez eux et à limiter la propagation du virus. En raison de la période d'incubation de 14 jours de la COVID-19, il faut prévoir deux semaines de congés de maladie payés jusqu'à ce que la pandémie soit déclarée terminée.

Aucun travailleur ou travailleuse ne devrait avoir à choisir entre payer le loyer et risquer de rendre ses collègues malades. Cette maladie est mortelle.

Les employeurs se sont montrés peu enclins à accorder des congés de maladie payés de leur propre initiative – c'est pourquoi nous devons légiférer en la matière.

Il ne s'agit pas seulement d'une question de droits du travail. Il s'agit d'une question de santé publique, et c'est pourquoi des groupes d’affaires de tout le Canada ont commencé à se prononcer en faveur des congés de maladie payés, en particulier dans les provinces les plus durement touchées.

Ces entreprises reconnaissent que c'est la bonne chose à faire du point de vue de la santé publique et pour garder leurs propres travailleuses et travailleurs en bonne santé, mais savent aussi que peu d'entreprises veulent partir le bal.

Nous savons que notre adhésion à la distanciation sociale et aux bulles a permis de maintenir les infections à un faible niveau à Terre-Neuve-et-Labrador. Mais compte tenu des nouveaux variants super-propagateurs, des congés de maladie payés sont considérés comme vitaux.

Le nouveau gouvernement élu doit le reconnaître.

Les travailleuses et travailleurs ont fait preuve d’endurance face à cette pandémie, certains étant même qualifiés de héros et de héroïnes de la COVID et pourtant certains employeurs, comme la chaîne Loblaws qui gère les épiceries Dominion, se battent bec et ongles contre des congés de maladie payés.

Le gouvernement libéral actuel ne s'est pas engagé à payer les jours de maladie et ne s'engagera même pas à augmenter le salaire minimum à des niveaux appropriés, ce qui est aussi désespérément nécessaire.

Les travailleuses et travailleurs ont perdu beaucoup de revenus depuis environ un an à cause de cette pandémie, et les entreprises ont perdu des ventes. L'augmentation du salaire minimum aidera à la fois les travailleurs et les entreprises. Les travailleurs auront plus d'argent à dépenser, et l'augmentation de leurs dépenses aidera les entreprises à se rebâtir.

Nous avons vu dans d'autres provinces ce qui se passe lorsque cette pandémie échappe à tout contrôle. Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir – y compris de prévoir des congés de maladie payés – pour nous assurer que tout notre travail n'a pas été vain.

Cet article a été publié dans le St.-John's Telegram, le 17 février 2021.