Aider les travailleuses et travailleurs ne se résume pas à payer des indemnités de licenciement et des frais de scolarité

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Message du president

Aujourd'hui, c’est un jour déchirant pour les travailleurs forestiers de la Nouvelle-Écosse, et c’est un rappel honteux du mépris que le premier ministre Stephen McNeil porte aux travailleurs.

Une équipe réduite restera chez Northern Pulp jusqu'au 21 avril pour s’occuper de l’usine pendant l’hiver. Le reste des 230 membres d'Unifor travaillant chez Northern Pulp ont franchi les portes de l'usine pour la dernière fois aujourd'hui, laissant derrière eux de longues carrières, la certitude d'avoir un bon emploi pour subvenir aux besoins de leur famille dans leur ville natale et la promesse d'une retraite digne avec une bonne pension syndicale.

Trop de travailleurs aujourd'hui souffrent de devoir lutter pour un avenir incertain dans notre pays et notre économie, mais ceux que représente Unifor me préoccupent beaucoup, et c'est pourquoi Unifor se consacre à une transition juste pour les travailleuses et travailleurs confrontés à un tel changement. 

Le syndicat a travaillé avec diligence afin de faire entendre son point de vue respectueux dans une situation délicate et complexe, tout en défendant les travailleuses et travailleurs pris au milieu d'un tort historique flagrant.

Nous n'avons jamais hésité à dire que Boat Harbour devait fermer.

Nos objections publiques ont porté sur le manque de transparence du processus et le manque d'implication des travailleurs avant la fermeture de Boat Harbour, ainsi que sur l’impact prévu par notre étude pour les milliers de familles dont les moyens de subsistance sont directement ou indirectement liés à cette usine.

Aucun fonds de secours du gouvernement, quel que soit son montant, ne peut remplacer le dur travail politique de développement d'une économie plus verte par une planification stratégique à long terme et, surtout, par l'implication des travailleurs touchés par toute transition industrielle.

Trouver un terrain d'entente demande du travail

Le rassemblement forestier du 19 décembre a exigé un travail colossal. Des propriétaires d'entreprises, des entrepreneurs indépendants, des associations industrielles et d'autres personnes qui ne seraient pas normalement disposées à se tenir avec des pancartes de piquetage à côté d'un syndicat devant l'Assemblée législative de la Nouvelle-Écosse, se sont tenus là, avec Unifor, pour exiger des mesures concernant Northern Pulp et réclamer le respect de leur premier ministre.

Malgré toutes les embrouilles et les divergences d’approche entre le syndicat et les entreprises, les concurrents et les étrangers, des centaines de personnes se sont rassemblées pour livrer un message commun. Il a fallu un solide leadership de la part de nombreuses parties pour y parvenir et mettre de côté leurs différences pour défendre avec fermeté notre terrain d'entente.

C'est le genre de leadership que nous voulions voir de la part du premier ministre McNeil. C'est le genre de leadership qu'Unifor exigeait depuis des années.

Nous ne l'avons pas eu.

À la place, le premier ministre McNeil a limité les consultations au strict minimum et il s'est une fois de plus appuyé sur une législation qui ne se souciait pas des travailleuses et travailleurs de cette province. Il semble qu'il ait à peine pensé au réseau interprovincial d'entreprises et d'entrepreneurs connexes, de propriétaires de terres et de boisés qui risquent de perdre des générations de travail acharné et de stabilité durement gagnée.

Les travailleuses et travailleurs forestiers ne l'oublieront pas.

Aucune justice pour les travailleuses et travailleurs forestiers

Les célébrations et les consolations des personnes qui qualifient cette transition de « juste » pour les travailleurs forestiers ne pourraient pas être plus fausses. La fermeture de l’usine de Northern Pulp n'a absolument rien de « juste » pour les travailleuses et travailleurs, et il n'y a aucune raison de croire que cette fermeture représente une réelle opportunité de transition vers une nouvelle carrière.

Unifor a des principes pour une transition juste, soutenus par des recherches et des cadres de travail provenant de groupes internationaux de travailleurs comme IndustriALL et la Confédération syndicale internationale (CSI). Ces principes guident le travail que notre syndicat effectue avec les gouvernements et les entreprises d'un océan à l'autre pour créer de nouvelles opportunités dans une économie verte tout en soutenant les travailleuses et travailleurs des industries traditionnelles

Ces principes se traduisent par des demandes adressées au gouvernement pour qu'il assume un rôle de leader. Et, franchement, une transition juste signifie plus que de distribuer de l'argent aux travailleurs déplacés pour les indemnités de départ et les frais de scolarité. Il faut établir une feuille de route économique, un plan qui garantit la mise en place de bons emplois, dans des secteurs stratégiques et durables, pour les travailleuses et travailleurs en transition.

Cela signifie également de consulter directement les travailleurs concernés, en veillant à ce qu'ils aient un siège à la table de décision et de planification. Sinon, comment pouvons-nous guider le processus d'adaptation et les plans pour répondre à leurs besoins individuels et collectifs? 

Pour être clair, une justice climatique qui oublie les travailleuses et travailleurs n'est pas une justice, et une réconciliation qui divise une communauté n'est pas une réconciliation du tout. Le gouvernement McNeil a échoué sur ces deux fronts avec l’usine de Northern Pulp.

On est loin d'une « transition juste ». C'est juste un gâchis.