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MONTRÉAL – Les membres d’Unifor des usines de Domtar visées par la négociation du contrat modèle de la foresterie dans l’Est du Canada ont voté en faveur de la recommandation de règlement du conciliateur présentée par le syndicat plus tôt cette semaine.
Ce vote vient officiellement établir les paramètres du nouveau contrat modèle qui servira de référence aux prochaines négociations dans les pâtes et papiers, les scieries et les opérations forestières et qui touchera, à terme, quelque 14 000 membres d’Unifor dans l’Est du Canada.
Le règlement survient à un moment particulièrement critique pour l’industrie forestière canadienne. Depuis plusieurs mois, le secteur subit de plein fouet les conséquences de la guerre commerciale avec les États-Unis, la hausse des tarifs imposés aux produits forestiers canadiens ainsi qu’une succession de ralentissements, d’arrêts de production et de mises à pied qui fragilisent les travailleuses et travailleurs, leurs familles et des communautés entières.
« Les travailleuses et travailleurs de la foresterie vivent les conséquences d’une guerre commerciale qu’ils n’ont pas déclenchée. L’urgence est bien réelle et la réponse doit être à la hauteur des défis auxquels l’industrie est confrontée. Nous devons agir collectivement pour protéger les emplois, maintenir nos usines en activité et faire en sorte que les travailleuses et travailleurs qui ont bâti cette industrie aient une place dans son avenir », a déclaré Lana Payne, présidente nationale d’Unifor.
Le vote des membres fait suite à trois rondes de négociation difficiles entre Unifor et Domtar, l’employeur ciblé dans le cadre de cette ronde de négociation coordonnée. Devant l’impasse à la table, les parties ont convenu de soumettre la recommandation du conciliateur au vote des membres. Le syndicat en a présenté le contenu aux membres des trois usines afin qu’ils puissent se prononcer, alors que l’alternative aurait été le déclenchement immédiat d’un conflit de travail.
« On ne peut pas regarder cette négociation sans tenir compte de ce qui se passe dans l’industrie. Elle s’est déroulée en pleine guerre commerciale, alors que des usines ralentissent ou ferment et que des milliers de travailleuses et travailleurs vivent avec une immense incertitude. Dans ce contexte, nos membres ont fait un choix réfléchi : protéger leurs acquis, obtenir des améliorations et établir un contrat modèle qui nous permet de continuer à avancer. Maintenant, ce modèle devient le plancher à partir duquel nous allons négocier dans le reste du secteur », a déclaré Daniel Cloutier, directeur québécois d’Unifor.
D’une durée de quatre ans, soit du 1er mai 2026 au 30 avril 2030, le règlement prévoit des augmentations salariales de 2,5 % par année, pour un total de 10 %, auxquelles s’ajoute une prime annuelle d’assiduité pouvant atteindre 1 %. Il prévoit également des améliorations aux vacances et aux congés, ainsi que des avancées concernant l’assurance collective, le régime de retraite et la période de probation.
« Cette négociation a été difficile du début à la fin, mais notre comité est resté déterminé à défendre les priorités établies par les membres. Le contrat modèle est maintenant établi et le travail est loin d’être terminé. Ce que nous avons obtenu à cette table devient notre point de départ pour les prochaines négociations, et nous allons continuer de nous battre pour améliorer les conditions de travail dans l’ensemble du secteur », a déclaré Martin Dugas, coordonnateur du secteur de la foresterie pour Unifor Québec.
Avec l’établissement de ce nouveau contrat modèle, Unifor se tourne maintenant vers les prochaines étapes de sa négociation coordonnée dans l’industrie. Le syndicat poursuivra d’abord les négociations dans le secteur des scieries, avant de poursuivre le processus dans les autres composantes du secteur forestier.