Une conférence sur les droits de la personne insuffle de la joie malgré les difficultés

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A large group photo outside the Unifor FEC classroom building in the sunshine.
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La conférence sur les droits de la personne organisée par Unifor a réuni des membres au Centre familial d’éducation du syndicat à Port Elgin, en Ontario, pour une fin de semaine au cours de laquelle les déléguées et délégués, ainsi que des conférencières et conférenciers, ont partagé leurs expériences, tissé des liens et planifié leurs actions militantes. 

Des photos de la conférence sont accessibles sur Facebook. 

« Les droits de la personne et l’action syndicale sont indissociables. Aujourd’hui, alors que les travailleuses et les travailleurs sont confrontés à d’immenses difficultés économiques et des attaques régressives contre les droits de la personne, les membres d’Unifor peuvent jouer un rôle de premier plan en refusant d’être divisés et en continuant à militer pour le progrès de toutes et de tous », a déclaré Lana Payne, présidente nationale d’Unifor. 

Vendredi soir, Samia Hashi, directrice de la région de l’Ontario, a accueilli les déléguées et délégués au centre et a présenté le contexte des luttes à venir : « Les enjeux sont bien réels, mais notre pouvoir et notre solidarité le sont tout autant. »

A women speaking at a podium

« Chaque droit que nous avons aujourd’hui existe parce que les travailleuses et les travailleurs qui nous ont précédés ont refusé de baisser les bras. C’est donc à nous maintenant de poursuivre le combat. »

Jennifer Murray, directrice de la région de l'Atlantique d'Unifor, a assisté au congrès et a souligné la qualité de l’engagement militant présent : « Cette salle rassemble certaines des meilleures organisatrices et certains des meilleurs organisateurs de campagnes, ces personnes mêmes qui rassemblent les communautés pour inspirer l’espoir et l’action. » 

Paul Taylor, cofondateur d’Evenings and Weekends Consulting, s’est adressé à la conférence et a défini la valeur des droits de la personne comme le droit non seulement à un bon emploi, mais aussi à une vie de qualité et à la dignité.

Il a partagé des anecdotes sur les femmes de son entourage qui prenaient soin les unes des autres, ainsi que ses propres souvenirs d’enfance empreints de joie, d’abondance et d’amour dans la cuisine, lors de repas partagés ensemble et dans un esprit de solidarité. 

A man speaks at a podium

« Pour les femmes noires exposées au racisme anti-Noirs, au sexisme, à la pauvreté et à des systèmes qui sous-évaluent systématiquement leur vie et leur travail, choisir la joie était un acte de résistance. »

« Ma mère m’a appris quelque chose que, selon moi, trop peu de dirigeantes et de dirigeants comprennent. La joie n’est pas ce qui arrive après. La joie fait partie intégrante de la manière dont nous survivons assez longtemps pour instaurer la justice. »

Les déléguées et les délégués ont intégré ce message d’espoir à l’ordre du jour de samedi, où Mike Yam, représentant du Service de recherche d’Unifor, a animé une table ronde réunissant des militantes et militants des droits de la personne qui ont partagé l’importance que représente pour elles et eux leur engagement. 

L’une des intervenantes, Tawakalitu Braimah, d’Amnistie internationale, s’est confiée et a expliqué aux déléguées et délégués à quel point le lieu où l’on vit influence la manière dont on s’identifie. 

Originaire du Ghana, Tawakalitu Braimah s’est installée en France avant de venir au Canada et a dû composer avec une identité en mutation au fil de ces transitions. 

« C’était la première fois que je faisais partie d’une minorité visible. Chez moi, j’étais avant tout une femme, mais en France et au Canada, je dois me considérer d’abord et avant tout comme une femme noire, car c’est ce que l’on remarque en premier. » 

Ce lien entre race, identité et lieu de vie a été repris par Rabia Khedr, de l’association « Le handicap sans pauvreté ». 

« Je ne savais pas comment reconnaître le racisme dont j’étais victime jusqu’à ce que je rencontre d’autres personnes vivant la même situation et que nous parlions ensemble. Cette réalité m’est apparue clairement en discutant avec d’autres femmes musulmanes ayant une inCapacité », a ajouté Rabia.

Au cours de sa carrière de plusieurs décennies au sein d’InterPares, Rita Morbia s’est rendu compte que, dans les moments difficiles, la solidarité devient une nécessité. 

Lors d’un voyage au Soudan, alors qu’elle se trouvait à Khartoum et que le groupe paramilitaire gouvernemental RSP menait une attaque et avait pris le contrôle du hall de l’hôtel, c’est cette même communauté qu’elle était venue soutenir qui s’est mobilisée pour l’aider à évacuer en toute sécurité. 

« J’ai découvert la profonde solidarité des femmes locales, des militantes, qui étaient elles-mêmes confrontées à des difficultés. »

Cette expérience a contribué à mettre en évidence la profonde relation réciproque qui existe dans toutes les luttes pour les droits de la personne. 

Jessica McCormick, présidente de la Fédération du travail de Terre-Neuve-et-Labrador, a expliqué aux déléguées et aux délégués comment diriger en montrant l’exemple, et avec joie. 

En tant que plus jeune et première personne 2ELGBTQIA+ ouvertement assumée élue à la tête d’une fédération syndicale au Canada, Jessica McCormick s’engage dans toutes les communautés et tous les espaces de syndicalisation avec toute son identité, consciente que la représentation fait parfois toute la différence pour les jeunes travailleuses et travailleurs queer et transgenres, ou celles et ceux qui se sentent isolés. 

Récemment, la Fédération syndicale de Terre-Neuve-et-Labrador a mené une enquête sur les réalités actuelles de la vie des travailleurs migrants dans la province, qui feront l’objet d’un prochain mémoire au gouvernement. 

Les coupes dans les programmes d’immigration plongent des millions de travailleuses et de travailleurs au Canada dans une profonde instabilité. Au cours des deux dernières années, plus de deux millions de personnes titulaires d’un permis d’études ou de travail ont vu leur permis arriver à échéance, tandis que les restrictions en matière de résidence permanente ferment la porte à une vie stable au Canada. 

La table ronde suivante de la conférence a mis en lumière cette crise actuelle de l’immigration et de l’emploi. 

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Animée par Navjeet Sidhu, directeur du Service des relations internationales et Fonds pour la justice sociale, elle réunissait Danilo De Leon, de Migrante Canada, Stacey Gomez, Centre for Migrant Worker Rights Nova Scotia, Deena Ladd, du Workers’ Action Centre, et Manuel Salamanca Cardona, d’Immigrant Workers.

Stacey Gomez a mis en avant le travail de plaidoyer mené par le Centre pour les droits des travailleurs migrants de Nouvelle-Écosse, ainsi que les travaux de recherche ambitieux et approfondis menés par cette organisation.

Dans le cas de Kerian Burnett, le centre a directement soutenu une travailleuse migrante, Kerian, qui a choisi de rester au Canada pour bénéficier d’un traitement anticancéreux vital, tout en partageant son histoire et en mettant en lumière les profondes lacunes inhérentes à la couverture santé des immigrés en Nouvelle-Écosse et au Canada. 

Danilo De Leon et Salamanca Cardona ont également démontré, à travers leur travail, l’importance cruciale de combiner le plaidoyer local avec les campagnes nationales. 

Navjeet Sidhu a souligné la normalisation des sentiments et des réglementations anti-immigrés au Canada, en Europe et aux États-Unis. 

Deena Ladd a abondé dans ce sens, revenant sur le revirement soudain de la reconnaissance dont bénéficiaient les travailleurs migrants et de première ligne pendant la pandémie de COVID : « Du jour au lendemain, en 2023, avec une inflation galopante et des difficultés de logement, on a pointé du doigt les étudiants internationaux et les migrants. Personne ne pointait du doigt Amazon ni Galen Weston. »

Dans ce contexte, les déléguées et délégués ont pris part à des ateliers consacrés à la Montée de l’extrême droite et à la campagne « Protégeons les emplois au Canada! » d’Unifor. 

A  woman presenting at the front of a room

À l’issue de ces ateliers, Kassandra Churcher, directrice exécutive d’Amnistie internationale, a accueilli les déléguées et délégués dans la salle plénière principale et leur a adressé un vibrant message d’encouragement. 

« Le mouvement des droits de la personne souffre d’un manque de compétences. Mais vous possédez toutes les compétences qui font défaut », a-t-elle lancé aux déléguées et délégués.

« Comment pouvez-vous utiliser ces compétences pour opérer les changements systémiques qui, nous le savons, s’imposent? Ce sont les mains des syndicalistes qui peuvent construire ce système.  »

Jensen Williams, représentant d’Unifor chargé de la mobilisation des membres et de l’action politique, a animé un vaste débat lors de la table ronde de dimanche intitulée « Les voies de l’activisme en faveur des droits de la personne au sein du syndicat et au-delà ». 

Des militantes et militants de tout le syndicat ont été mis à l’honneur au cours de cette séance. 

Alicia Rivera, de la section locale 1106, a raconté son parcours d’étudiante à militante syndicale, et a évoqué la force des campagnes électorales « de membre à membre » d’Unifor : « C’est en s’engageant bénévolement dans une campagne que le militantisme devient une force. » 

A woman smiling and clapping

Tricia Wilson, directrice du Service de l’équité et de la justice raciale chez Unifor, a clôturé la conférence par un message de réflexion et de soutien à l’intention des militantes et militants réunis : « En tant que dirigeantes et dirigeants syndicaux, nous devons nous attacher à identifier les systèmes susceptibles d'engendrer des changements institutionnels. En tant que dirigeantes et dirigeants locaux, ce changement doit s’opérer au niveau local. »

« Notre solidarité est notre stratégie, et c’est ainsi que nous garantissons l’équité pour toutes et tous. »

Formation nationale sur l’équité

La conférence a mis fin à une semaine de formation et de planification stratégique destinée aux comités permanents régionaux sur l’équité du syndicat.

Les membres d’Unifor sont élus au sein de comités permanents au niveau régional pour représenter les membres de leurs communautés en quête d’équité et diriger le travail du syndicat en matière d’équité. 

Réunis au Centre familial d'éducation, les membres des comités ont acquis de nouvelles compétences, mené des recherches et élaboré des plans stratégiques triennaux, en fixant des objectifs à court et à long terme. 

Media Contact

Sarah McCue

Représentante aux communications - Ontario
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