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Des centaines de membres se sont réunis dans les locaux de la section locale 1285 d’Unifor le 19 février dernier pour connaître les derniers développements concernant les efforts que déploie le syndicat pour faire redémarrer l’usine de montage de Stellantis à Brampton qui tourne présentement au ralenti.
Le président de la section locale 1285 d’Unifor, Vito Beato, a débuté la réunion par un message de détermination, s’engageant à tenir l’entreprise responsable.
« Nous ne laisserons pas l’entreprise se tirer d’affaire, a-t-il dit. Stellantis doit cesser de chercher à amadouer l’administration américaine et examiner la stratégie du gouvernement fédéral pour le secteur de l’automobile afin d’y trouver des éléments qui lui permettront de remettre l’usine de Brampton en service. »
Il a également parlé en détail des efforts déployés par le syndicat à l’échelle municipale, faisant notamment pression sur la ville pour qu’elle protège l’avenir de l’usine. Il a expliqué que le syndicat avait exhorté le conseil municipal de Brampton à adopter une motion visant à reclasser le terrain de l’usine de montage comme un site de construction automobile.
« Nous avons pu obtenir le soutien de la ville et faire pression pour que l’usine soit classée comme zone réservée à la construction automobile », a-t-il ajouté.
Ardis Snow, président du comité d’usine de l’installation de Brampton, a remercié les membres pour leur solidarité et reconnu les impacts de ce ralentissement des activités sur les travailleuses et travailleurs et leur famille.
« C’est la période la plus difficile que nous ayons jamais traversée à Brampton, a-t-il avoué. Nos membres vivent des difficultés : nous savons qu’ils veulent retourner au travail et ils méritent de pouvoir le faire. »
Jason Watson, président du comité des métiers spécialisés de l’usine de Brampton, a présenté les mesures qu’a prises le syndicat pour soutenir les membres pendant l’arrêt des activités. Le syndicat s’est assuré notamment que le revenu des travailleuses et travailleurs est protégé, que leurs années de service sont reconnues et que les prestations de soins de santé sont maintenues pendant les négociations en 2026.
« Notre syndicat continue de faire preuve de détermination et d’agir de façon responsable, a-t-il indiqué. Notre engagement à défendre nos membres n’a jamais faibli. »
« C’est un moment difficile, mais c’est précisément dans des moments comme celui‑ci que le leadership prend son importance et que la solidarité devient notre plus grande force, a-t-il ajouté. Les entreprises prioriseront toujours les bénéfices. Elles ne prennent pas leurs décisions en fonction de leur conscience ou de la communauté. C’est pour cette raison que nous existons. C’est pour cette raison que les travailleuses et travailleurs forment des syndicats. Nous représentons l’équilibre. Nous sommes leur voix. Nous sommes la boussole morale. Nous continuerons de nous battre en faisant preuve d’intégrité et, ensemble, nous irons jusqu’au bout. »
La présidente nationale d’Unifor, Lana Payne, s’est ensuite adressée aux membres, soulignant les efforts déployés par le syndicat auprès du gouvernement alors que le secteur canadien de l’automobile doit composer avec une pression croissante découlant des menaces commerciales et tarifaires persistantes de la part des États-Unis.
Elle a parlé des efforts du syndicat pour éviter que l’industrie automobile ne soit pas sacrifiée dans la poursuite d’un accord commercial, de son appel en faveur d’un cadre de remise des tarifs douaniers qui pénalise les constructeurs automobiles qui réduisent leur présence au Canada, et de la nécessité d’élaborer une politique fédérale sur le secteur de l’automobile fondée sur un principe simple : si vous voulez vendre ici, vous devez construire ici.
Elle a prévenu que les enjeux auxquels l’industrie doit faire face ne sont pas accidentels, mais s’inscrivent plutôt dans un cadre plus large de pression économique.
« Nous devons comprendre que l’attaque contre notre industrie automobile a été chirurgicale, lancée pour produire exactement les résultats que nous constatons, a-t-elle dit. Cette industrie n’appartient pas à Donald Trump, ni aux États-Unis, ni à qui que ce soit d’autre. Elle nous appartient, et nous devons la défendre chaque minute de chaque jour. »
Elle a souligné que les tarifs douaniers n’excusent pas ce qui s’est passé à Brampton, affirmant que Stellantis avait d’autres options.
« Depuis que Stellantis a annoncé sa pause temporaire en février de l’an dernier, il n’y a pas eu une semaine où cette équipe locale, nous tous ensemble, n’a pas exigé des réponses et des éclaircissements de la part de l’entreprise, a ajouté Lana Payne. Nous allons continuer de construire des automobiles à Brampton. Continuons de nous battre ensemble et assurons-nous de sauver cette industrie pour vous, vos enfants et la prochaine génération de travailleuses et travailleurs parce qu’ils méritent de travailler dans l’industrie automobile de ce pays. »
Faisant écho à ce message d’unité et de détermination, Vito Beato a réitéré la détermination et la confiance du syndicat envers ses membres.
« Si vous regardez notre histoire, vous verrez que nous avons toujours gagné, a-t-il lancé aux membres. Chaque jour de la semaine, et deux fois le dimanche, je parie sur nous, nos dirigeantes et dirigeants et nos membres. Je parie que nous allons surmonter cette épreuve et continuer de construire des automobiles à Brampton. »