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Malgré les sacrifices héroïques, les travailleuses et travailleurs de la santé de l’Ontario font face à de véritables baisses de salaire

SEIU, CUPE, ONA et Unifor's logos
18 mai 2021 - 0:00

Le gouvernement Ford doit reconsidérer une loi mal avisée sur les restrictions salariales

TORONTO (Ontario) 18 mai 2021 – Les travailleuses et travailleurs de la santé qui ont été là pour les patients et leur famille dans toutes les régions de l’Ontario tout au long de la pandémie de COVID-19 disent au gouvernement de Doug Ford que son programme de restrictions salariales dévalorise profondément leur contribution, et qu’il doit être aboli maintenant.

Pendant près de 16 mois, les travailleuses et travailleurs de la santé de première ligne ont relevé défi après défi dans la lutte contre le coronavirus. Près de 23 000 d’entre eux ont contracté la COVID-19 et 24 en sont morts. Ils ont travaillé des quarts de travail prolongés et fait des heures supplémentaires obligatoires, fin de semaine après fin de semaine, ont vu leurs vacances être annulées, ont dû s’isoler de leur famille pour les protéger, et ce, sans jamais se plaindre parce qu’ils savaient que la population de l’Ontario avait besoin d’eux.

Les travailleuses et travailleurs de la santé, en grande partie des femmes, ont subi trois gels de salaires provinciaux en 15 ans. Le plus récent (projet de loi 124) a été présenté par le gouvernement Ford en novembre 2019. Les impacts de la loi sur les restrictions salariales pour le personnel genré de la santé sont énormes, faisant reculer l’équité salariale de plusieurs années et élargissant effectivement l’écart salarial entre les femmes et les hommes.

En mars 2021, l’inflation était de 2,2 %, et ce taux devrait continuer d’augmenter. Le projet de loi 124 limite les hausses salariales des travailleuses et travailleurs de la santé à un maximum de 1 %, lequel taux inclut toute bonification des avantages sociaux. Concrètement, le projet de loi signifie une baisse de salaire réelle pour chacune des trois années d’application de la loi.

Cette restriction salariale ne s’applique pas aux services essentiels à prédominance masculine, comme les policiers et les pompiers. Les disparités sont davantage accentuées par le fait que de nombreux secteurs de la santé, dont les établissements de soins de longue durée à but lucratif, sont exclus de son application. Le projet de loi 124 plafonnant la rémunération globale, il empêche les travailleuses et travailleurs de la santé de négocier des mesures de soutien en santé mentale ou des congés de maladie pour le personnel à temps partiel qui contracte la COVID-19 au travail.

Les arbitres aussi ont fait preuve d’ambivalence à l’égard du projet de loi. Plusieurs d’entre eux ont indiqué qu’il tourne en dérision la négociation collective et, dans certains cas, ils ont décrit l’augmentation de salaire qu’ils accorderaient si la loi ne les contraignait pas.

Plusieurs groupes différents contestent le projet de loi 124 devant les tribunaux, lesquels demandent tous son abrogation. L’Association des infirmières et infirmiers de l’Ontario a déposé une contestation constitutionnelle.

Le gouvernement Ford doit corriger cette situation. Il doit abroger le projet de loi 124 immédiatement, affirment l’Association des infirmières et infirmiers de l’Ontario, le Conseil des syndicats d’hôpitaux de l’Ontario (CSHO-SCFP), l’Union indépendante des employés de soutien (UIES Soins de santé) et Unifor. Collectivement, les quatre syndicats représentent plus de 200 000 infirmières et infirmiers, préposé(e)s aux services de soutien à la personne, membres du personnel de contrôle des paramètres environnementaux et de la prévention des infections, membres du personnel administratif et professionnel, et autres employés de la santé dans les hôpitaux, les établissements de soins de longue durée et les milieux communautaires.

Citations

« En tant qu’infirmières et professionnelles de la santé, nous sommes passionnées par ce que nous faisons. Cependant, après plus d’une décennie de contrats qui ne reflètent pas le travail hautement spécialisé que nous faisons et qui ne reconnaissent pas la valeur du personnel infirmier et des professionnels de la santé pour le système, nous disons qu’assez c’est assez. Depuis 2010, les salaires réels des infirmières et infirmiers autorisés et des professionnels de la santé ont été réduits de 5 %. Il est temps d’abroger le projet de loi 124 et de montrer à ces braves infirmières et infirmiers autorisés et professionnels de la santé qu’ils sont appréciés et respectés. »

Vicki McKenna, infirmière autorisée, présidente, Association des infirmières et infirmiers de l’Ontario

« Réaffectée de son poste à l’hôpital vers un poste en soins de longue durée, elle a soigné seule 12 bénéficiaires atteints de la COVID-19, 24 heures sur 24, pendant des jours. Elle craignait de ramener le virus dans sa famille, mais elle savait qu’il n’y avait personne d’autre pour s’occuper de ces bénéficiaires et elle les a tous sauvés, sauf un. Multipliez cet altruisme des centaines de milliers de fois et vous obtiendrez une image de l’héroïsme et de la compassion du personnel de la santé. Nous n’acceptons pas que les remerciements du gouvernement Ford soient une véritable baisse salariale et nous demandons l’abrogation du projet de loi 124. »

Michael Hurley, président, Syndicat canadien de la fonction publique, Conseil des syndicats d’hôpitaux de l’Ontario

« Les travailleuses sont les infirmières, les préposées aux services de soutien à la personne, les éducatrices en garderie, les travailleuses des services de développement et tant d’autres que les politiciens de Queen’s Park aiment maintenant appeler des héroïnes et des championnes. Mais ce sont ces héroïnes et championnes qui vivent avec les conséquences d’un premier ministre qui a décidé de plafonner leur salaire pour pouvoir réduire les impôts des grandes entreprises. Non seulement parce que ces travailleuses ont répondu à l’appel pendant la pandémie, mais aussi en raison de ce qu’elles font toujours, il est temps que Doug Ford abroge le projet de loi 124 et donne à nos travailleuses de la santé les salaires équitables qu’elles méritent. »

Sharleen Stewart, présidente, UIES Soins de santé

« Ce qui distingue les ambulanciers paramédicaux d’Ornge de la plupart des autres ambulanciers de la province, c’est qu’ils sont couverts en vertu de la contrainte du projet de loi 124, a déclaré Katha Fortier, négociatrice principale d’Unifor dans le secteur de la santé et adjointe au président national d’Unifor. Le mois dernier, les ambulanciers paramédicaux d’Unifor à Thunder Bay ont négocié une convention collective avec la ville. Ils n’étaient pas contraints par le projet de loi 124 et ont pu négocier librement et équitablement. L’entente reflète ce que nous verrions chez d’autres premiers intervenants, comme les pompiers et les policiers. Ce droit, c’est-à-dire le droit à la négociation collective libre et équitable, n’est pas une option pour les ambulanciers paramédicaux d’Unifor chez Ornge. »

Katha Fortier, adjointe au président national d’Unifor

Pour de plus amples renseignements

Corey Johnson, UIES Soins de santé : 416-529-8909

Hamid Osman, Unifor : 647-448-2823

Sheree Bond, Association des infirmières et infirmiers de l’Ontario : 416-986-8240

Stella Yeadon, CSHO-SCFP : 416-559-93