Eaux souterraines – Rendre l'invisible visible

Depuis 1993, le 22 mars est la Journée mondiale de l’eau des Nations unies. Il s’agit d’une célébration annuelle visant à sensibiliser et à agir sur les questions liées à l’eau, en particulier les deux milliards de personnes qui vivent sans accès à l’eau potable.

Le thème de cette année – les eaux souterraines – a été choisi de façon à rendre visible l’invisible. La protection des eaux souterraines contre la contamination est l’une des principales priorités des communautés autochtones dans tout le Canada. Des actions directes et des conflits ont fait la une des actualités lorsque des militants, qui s’efforcent de se faire entendre des entités gouvernementales et privées, ont adopté des tactiques de blocage à divers emplacements d’infrastructures clés, comme des autoroutes et des lignes ferroviaires.

Plutôt que d’inclure les communautés autochtones dans le processus de prise de décisions, des projets d’infrastructure susceptibles d’affecter de manière irréversible les territoires ancestraux traditionnels ont été mis en œuvre, et certains gouvernements ont encore davantage criminalisé la dissidence, comme c’est le cas avec le projet de loi 1 de l’Alberta.

Le Canada peut et doit faire mieux.

Les gouvernements doivent respecter les engagements constitutionnels qu’ils ont pris envers les peuples autochtones, inuits et métis. Unifor soutient les principes inscrits dans la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA), y compris la nécessité d’une consultation et d’une pleine participation socio-économique.

De récentes décisions de justice transforment également l’obligation morale du Canada de respecter les droits et les titres autochtones en obligation légale.

Dans Nation Tsilhqot’in c. Colombie-Britannique (2014), la Cour suprême a reconnu la revendication de titre des Tsilhqot’in sur une étendue de 1 750 kilomètres carrés de territoire hors réserve. Cette décision est importante et signifie que le titre autochtone portant sur le territoire traditionnel englobe le droit de contrôler tous les aspects de l’utilisation des terres, y compris l’exploitation des ressources.

Les communautés autochtones et non autochtones tirent profit d’infrastructures sécuritaires qui créent de bons emplois et génèrent des redevances ou des dividendes, lesquels servent à renforcer les services communautaires et à améliorer le niveau de vie des travailleurs et travailleuses.

Les projets de développement ne doivent pas être imposés aux communautés qui s’y opposent. Unifor soutient les projets de développement responsables qui ajoutent de la valeur à nos vastes ressources naturelles partagées. Le syndicat demande à tous les gouvernements et aux intérêts privés de mettre en œuvre des prises de décisions conjointes qui incluent authentiquement les communautés et voix autochtones. Ces processus doivent privilégier le consentement libre, préalable et éclairé des communautés autochtones dans toutes les régions affectées par de tels projets.

Comme l’a déclaré une professeure de droit de l’Université du Manitoba lors d’un webinaire d’Unifor en 2021, « les peuples autochtones sont les partenaires du Canada dans la confédération, un avantage et non un fardeau, ni un ‘risque’ à gérer... Les peuples autochtones sont des décideurs, et non simplement l’une des nombreuses parties prenantes, dans les décisions concernant leurs terres et leurs territoires ».