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Soutenir la collecte de données fondées sur la race dans le cadre de la COVID-19

La crise de la COVID-19 a montré comment l'inégalité économique a affecté la capacité de nombreuses communautés à résister aux impacts d'une crise nationale et internationale.

Elle révèle également les impacts disproportionnés sur les communautés racialisées. Par exemple, dans de nombreuses grandes villes américaines, les Noirs américains contractent et meurent de la COVID-19 à un rythme beaucoup plus élevé que les autres groupes. Ce phénomène a également été documenté dans des pays comme le Royaume-Uni, qui a vu le taux de mortalité des communautés noires et d'autres communautés ethniques augmenter de façon spectaculaire par rapport aux citoyens britanniques blancs.

Nous constatons également comment certaines industries essentielles, comme la transformation de la viande, qui dépendent de la main-d'œuvre migrante et des travailleuses et travailleurs de couleur à bas salaire, deviennent des foyers d’éclosion virale avec des infections généralisées. Les communautés autochtones sont également à risque, souvent en raison de leur éloignement et de leur accès limité aux services de soins de santé et des problèmes de santé existants.

C'est pourquoi Unifor exhorte les gouvernements fédéral et provinciaux ainsi que les municipalités à demander aux organismes de santé publique concernés (par exemple, Santé Canada, les ministères provinciaux de la santé, les unités locales de santé publique, etc.) et aux autres agences et services de collecte de données (par exemple, Statistique Canada) de recueillir des données fondées sur la race pour les tests, les taux d'infection et de mortalité de la COVID-19. Ces données devraient être normalisées autant que possible afin de permettre des comparaisons entre les différentes juridictions.

Les outils et les données doivent être détenus et contrôlés par les groupes et les communautés autochtones eux-mêmes, et toutes les données recueillies doivent être utilisées pour faciliter une action immédiate.

Ces données doivent être utilisées pour développer des politiques justes, des stratégies de santé équitables, des ressources culturellement adaptées aux communautés touchées, et pour lutter contre le racisme et la discrimination qui existent dans la société.

Nous vous demandons, en tant que sections locales, dirigeant(e)s et membres d'Unifor, de soutenir cet appel à l'action en envoyant une lettre à votre municipalité ou à votre premier ministre. Demandez-leur de devenir un allié et d’appuyer cette demande, et montrez-leur que cette requête est importante pour les travailleuses et travailleurs de leur région.

Téléchargez ici un modèle de lettre que vous pouvez remplir et envoyer au nom de votre section locale, de votre comité ou de vous-même.

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FAQ

Pourquoi collecter des données fondées sur la race?

La crise de la COVID-19 a montré comment les inégalités économiques ont affecté la capacité de nombreuses communautés à résister aux impacts d'une crise nationale et internationale. 

Elle révèle également les impacts disproportionnés sur les communautés racialisées. Par exemple, dans de nombreuses grandes villes américaines, les Noirs américains contractent et meurent de la COVID-19 à un rythme beaucoup plus élevé que les autres groupes. Ce phénomène a également été documenté dans des pays comme le Royaume-Uni, qui a vu le taux de mortalité des communautés noires et d'autres communautés ethniques augmenter de façon spectaculaire par rapport aux citoyens britanniques blancs. Nous constatons également comment certaines industries essentielles, comme la transformation de la viande, qui dépendent de la main-d'œuvre migrante et des travailleuses et travailleurs de couleur à bas salaire, deviennent des foyers d’éclosion virale avec des infections généralisées. Les communautés autochtones sont également à risque, souvent en raison de leur éloignement et de leur accès limité aux services de soins de santé et des problèmes de santé existants.

Il ne faut pas s'étonner que les effets du racisme systémique, de la discrimination et de l'héritage du colonialisme aient créé les conditions pour que les groupes racialisés et autochtones soient plus exposés à des épidémies de santé publique. Les mauvais débouchés sur le marché du travail (par exemple, le travail à bas salaire dans le secteur des services et les emplois précaires) entraînent un risque accru de pauvreté, de manque de logements abordables et de qualité, d'insécurité alimentaire et d'accès réduit aux services de soins de santé – autant de facteurs qui contribuent à une mauvaise santé et au risque de maladie. Pour de nombreuses communautés autochtones, la pauvreté chronique, aggravée par le manque d'eau potable, les logements inadéquats, le manque de services de santé accessibles et appropriés centrés sur les autochtones et la proximité des contaminants environnementaux, compromet aussi gravement la santé personnelle et communautaire.

Dans les juridictions du Canada, nous ne savons pas (à part pour des raisons anecdotiques) quels groupes sont les plus susceptibles de contracter et de mourir de ce virus, car les gouvernements (à tous les niveaux) et les organismes de santé ne recueillent pas de données fondamentales et essentielles sur la race. Ce manque d'information met nos communautés en plus grand danger en accélérant la propagation à ceux qui ont le moins de moyens de se protéger.

Comment la collecte de données aide-t-elle les communautés racialisées?

La collecte et l’analyse de données ventilées par race nous aident à mieux comprendre les effets sur la santé publique auxquels sont confrontés certains groupes racialisés en fonction de caractéristiques culturelles (et autres) communes, par exemple, le fait d’être Noir, Sud-asiatique, Est-asiatique, Latino-américain, etc.

Pour les peuples autochtones, les données seraient collectées afin de comprendre les différences auxquelles sont confrontés les différents groupes autochtones, tels que les Premières nations, les Inuits et les Métis. Cette collecte est une façon de reconnaître et d’admettre que ces groupes ne sont pas homogènes, mais plutôt distincts et uniques, et qu'en tant que tels, ils ont des besoins différents. 

Ces données contribuent également à mettre en évidence les obstacles systémiques auxquels sont confrontés les groupes racialisés et les peuples autochtones, notamment le racisme institutionnel, les préjugés raciaux et la discrimination qui empêchent un accès équitable aux programmes et services publics et à d'autres domaines essentiels, tels que le logement, le marché du travail et l'éducation.

L'accès à des données désagrégées en fonction de la race est essentiel pour prendre des décisions et mettre en place des interventions politiques appropriées, fondées sur des preuves, au niveau gouvernemental, tout en garantissant que les ressources publiques sont allouées de la manière la plus stratégique et la plus efficace possible. En outre, cet accès peut contribuer à identifier les lacunes et les obstacles aux programmes existants tout en conduisant au développement de services plus sensibles à la culture – tout cela dans un effort pour accroître l'accessibilité parmi les groupes vulnérables.

Enfin, nous devons veiller à ce que des mesures de protection soient mises en place pour garantir la confidentialité de la collecte de ces données. Il est impératif que ces informations ne soient pas utilisées par les services de police ou d'immigration ou par d'autres autorités gouvernementales pour faire avancer la police ou pour surveiller les personnes racialisées et autochtones. Ces données sont un outil pour nous aider à construire collectivement une meilleure société, et non pour opprimer davantage les communautés.

Quel type de données Unifor veut-il voir collectées?

Unifor soutient les demandes croissantes en faveur de la collecte de données ventilées par race en ce qui concerne les tests, le diagnostic, le traitement et les décès liés à la COVID-19. Idéalement, en plus des données collectées en fonction de la race/l'ethnicité des personnes, nous souhaitons nous assurer que d'autres informations démographiques clés sont saisies, notamment le sexe, la langue, le revenu, l'orientation sexuelle, les incapacités, le lieu de naissance et le statut d'immigration.

Ces données sont importantes pour reconnaître les facteurs supplémentaires qui se recoupent et qui peuvent affecter la santé, l'accès aux services de santé et le niveau de vie général d'une personne. Nous demandons également que ces outils de collecte de données deviennent permanents afin que nous puissions mieux suivre et comprendre les inégalités en matière de santé et les impacts pour les différentes populations. 

Quelle est la situation actuelle en matière de collecte de données fondées sur la race au Canada ?

Actuellement, il n'existe pas de collecte de données fondées sur la race normalisées ou uniformes à l’échelle nationale en matière de santé, et il n'existe pas non plus de législation ou d'instructions pour la collecte de telles informations. Elle est plutôt volontaire si un gouvernement, une agence ou une organisation individuelle décide de la collecter. Cette lacune a été soulevée par les défenseurs de la santé depuis de nombreuses années

Même Statistique Canada continue d'utiliser des variables dépassées sur les « minorités visibles » qui laissent de côté de nombreux groupes. Le manque de données de qualité, cohérentes et ventilées sur la santé des populations autochtones au Canada a également été soulevé comme étant largement inadéquat et contribuant à une connaissance limitée de l’état de santé des Autochtones.  

Ce n'est pas le cas dans d'autres pays. Aux États-Unis, par exemple, le Centre de contrôle des maladies exige que les États recueillent et publient des données sur les tests et les traitements en fonction de la race lors d'une épidémie (mais la conformité, la cohérence des données et les délais de publication ont posé problème). Au Royaume-Uni, la législation impose au Service national de santé de collecter des données sur l'ethnicité afin de surveiller les résultats en matière de santé, de garantir l'égalité raciale et d'assurer l'absence de discrimination dans le système de soins de santé

La forte augmentation et la concentration des cas (infections et décès) parmi les personnes de couleur dans plusieurs pays ont amené les défenseurs à renouveler leurs demandes de collecte de données appropriées au Canada. Toutefois, l'absence persistante d'action gouvernementale incite certains organismes à intervenir pour combler cette lacune critique. Par exemple, le service de Santé publique de Toronto (y compris certaines autres municipalités de l’Ontario) a récemment annoncé son intention de commencer à recueillir des données fondées sur la race et d'autres données sociodémographiques sur les personnes infectées par la COVID19

Pourquoi Unifor s’implique-t-il?

En tant qu'organisation de défense du travail et de la justice sociale, notre objectif premier est de mettre en évidence les inégalités sociales et économiques et de plaider en faveur de solutions politiques fondées sur des données probantes, ce qui constitue un prolongement de notre travail de défense de l'équité et de la lutte contre le racisme. Cette campagne est également importante car elle touche directement nos membres qui travaillent actuellement dans les services essentiels.

Il est essentiel que nous sachions quels sont les groupes les plus exposés au risque de contracter le virus sur le lieu de travail, car nous savons que les travailleuses et travailleurs racialisés et autochtones sont surreprésentés dans certains secteurs clés à bas salaires, tels que le commerce de détail, les services de soutien à la personne, l’entretien, la restauration, etc. Ces données peuvent également servir d'outil essentiel dans les négociations avec les employeurs, car des demandes de négociation concernant la santé et la sécurité ou d'autres revendications peuvent être mieux développées lorsque nous connaissons les principaux problèmes et risques auxquels sont confrontés nos membres en quête d'équité sur le lieu de travail.