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Sauvons les emplois chez Northern Pulp

Article de Lana Payne, directrice de la région de l’Atlantique d’Unifor, une version abrégée à été publié dans le New Glasgow News le 1 août, 2018.

L'usine Northern Pulp, dans le comté de Pictou, fait l’objet d’un débat très passionné depuis quelque temps déjà. Plus de 330 personnes travaillent à l’usine et la grande majorité d'entre elles sont membres d’Unifor, le plus grand syndicat du secteur privé et du secteur forestier du Canada et de la Nouvelle-Écosse. Ces travailleuses et travailleurs d’usine sont des bénévoles dans leur communauté, des mères monoparentales, des entraîneurs de hockey. Ils sont fiers d’élever leur famille dans le comté de Pictou. Leurs emplois et leur travail sont importants pour l’économie régionale ainsi que pour la structure sociale des municipalités du comté.

Ils font partie des milliers de personnes qui tirent leur subsistance directement ou indirectement de l’usine, notamment les travailleurs des scieries de la province, les entrepreneurs, les camionneurs et les travailleurs du port de Halifax, où l’usine compte pour 37 % de tout le trafic en conteneurs destiné pour la Chine.

Les salaires décents qu’ils touchent contribuent à l’assiette fiscale de la province, au financement des écoles et des services de soins de santé, à l’augmentation des ventes au détail et à la création de milliers d’emplois indirects. Ils sont inquiets des profondes divisions dans leurs communautés.

Étant le plus grand syndicat du secteur forestier du Canada, Unifor connaît bien les usines de pâtes et papiers et les technologies disponibles pour les moderniser, et il est clair que certaines des propositions circulant dans la population sont tout simplement irréalisables.

Dans le cas de l'usine de Pictou, s’il existait une meilleure technologie pour le centre de traitement des effluents que celle proposée, nos membres seraient les premiers à dire qu’elle devrait être utilisée. Ils veulent eux aussi ce qu’il y a de mieux pour leur communauté.

Leurs amis et leurs voisins sont des pêcheurs. Ils ont des consœurs et des confrères qui tirent leur subsistance des pêcheries de la Nouvelle-Écosse, de Terre-Neuve-et-Labrador et du Nouveau‑Brunswick.

Nous voulons assurer la prospérité et la durabilité tant du secteur forestier que du secteur des pêches, y compris du détroit de Northumberland, pour les générations à venir. C’est pourquoi nous sommes en faveur d'une évaluation environnementale rigoureuse comportant des études scientifiques.

Il est important de souligner que depuis que la société Paper Excellence a pris les commandes de l’usine il y a six ans, elle a investi des dizaines de millions de dollars dans la modernisation de l’usine, ce qu’elle devait faire et devrait continuer de faire jusqu’à ce que l’usine Northern Pulp figure parmi les plus modernes et les plus écologiques au Canada.

Les améliorations (notamment l’acquisition d’un nouveau dépoussiéreur et le remplacement du combustible de soute C par du gaz naturel) ont permis de réduire par 80 % les émissions des chaudières de récupération.

Notre objectif est de travailler dans une usine moderne qui atteint et dépasse les objectifs environnementaux, tout en assurant la durabilité du secteur forestier et la stabilité économique de la région pour les années à venir.

Le débat d’aujourd’hui porte sur le centre de traitement des effluents qui est proposé. Pour certains opposants à la nouvelle installation, le seul problème réside dans le fait que l’entreprise refuse de construire un système en circuit fermé en raison du coût élevé.

Il est important de préciser qu'il n’existe nulle part dans le monde une seule usine de pâte Kraft blanchie sans chlore élémentaire qui soit dotée d’un système en circuit fermé ou sans tuyaux. Cette technologie n’existe pas pour les usines qui produisent actuellement de la pâte Kraft blanchie utilisée pour la fabrication de papier hygiénique et plusieurs autres produits destinés aux marchés asiatiques et nord américaines.

Par conséquent, si l’usine est tenue d’installer un système sans tuyaux, elle devra fermer ses portes, ce qui entraînera la perte d’une base économique importante pour la région et pour des milliers de travailleuses et travailleurs.

Les membres d’Unifor savent qu’il est impossible d’amener toute la population à changer d’avis au sujet de leur usine, mais nous n’accepterons pas de ne pas avoir voix au chapitre. Nous participerons à ce débat et nous encouragerons nos amis, nos familles et nos voisins à reconnaître l’importance de ces emplois pour nos communautés et l’ensemble de la région. Nous vous demandons de comprendre que nous ne voulons pas nuire au gagne-pain des autres. C’est pourquoi nous sommes d'accord avec le processus d’évaluation environnementale établi par la province. Nous aimerions que toutes les parties intéressées donnent une chance à ce processus d’évaluation de faire la lumière sur la situation.

Nous aimerions également attirer l’attention sur d’autres régions du pays où les travailleuses et travailleurs des usines de pâtes et papiers, les pêcheurs et les peuples des Premières Nations ont trouvé, chaque fois que c’était possible, un moyen de travailler ensemble et d’arriver à un consensus pour le mieux-être de leurs communautés.

Les enjeux sont très importants, mais il est possible de résoudre beaucoup de points par le dialogue.