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Exiger la démocratie au CTC

Le différend a trait à la gouvernance du CTC et à son incapacité d’empêcher les syndicats américains d’attaquer les travailleuses et travailleurs canadiens. Le CTC a établi des règles pour s’assurer que les travailleuses et travailleurs ont des droits démocratiques et que les membres canadiens des syndicats américains jouissent d’une réelle autonomie. Malheureusement, elles ne sont pas suivies ou respectées. Profondément préoccupé par le fait que les syndicats américains bafouent les droits des travailleuses et travailleurs, Unifor a pris la décision de se désaffilier du CTC.

Au cours de la dernière année, Unifor a exprimé clairement ses préoccupations au sujet des syndicats américains et des tactiques musclées qu’ils employaient pour réprimer la volonté démocratique des sections locales canadiennes et de leurs membres. Unifor a directement fait part de ses préoccupations au CTC. Jusqu’à maintenant, les affiliés au CTC n’ont pas répondu aux appels à l’action d’Unifor. Aucune mesure concrète n’a été prise.

En janvier 2017, Unifor a exprimé avec force ses opinions sur la mise en tutelle de la section locale 113 du SUT. Notre syndicat protestait contre cette mise en tutelle par principe : il s’oppose à ce que tout syndicat menace, harcèle, intimide, musèle des travailleuses et travailleurs simplement parce qu’ils revendiquent des droits démocratiques et une autonomie par rapport à leur syndicat américain.

Lorsqu’ils se sont tournés vers le CTC pour obtenir du soutien, les travailleuses et travailleurs se sont heurtés à un silence, même si l’article 26 des statuts du CTC est censé protéger les droits des travailleuses et travailleurs canadiens qui sont membres de syndicats américains.

Outre l’inaction à l’égard des droits démocratiques des travailleuses et travailleurs canadiens, l’article 4 des statuts du CTC est demeuré sans effet. L’article 4 décrit un processus démocratique permettant aux travailleuses et travailleurs de changer de syndicat, mais il n’est pas appliqué. Les affiliés y ont souscrit, mais, en pratique, ils n’accordent pas ce droit aux travailleuses et travailleurs. Les syndicats américains préfèrent imposer une tutelle, s’emparer des ressources des sections locales et destituer les membres de leur comité exécutif, leurs délégués et leur personnel lorsqu’ils manifestent leur dissidence, comme c’est actuellement le cas dans la section locale 75 de UNITE HERE.

Cette façon de faire injuste et antidémocratique ne fait pas passer les droits des travailleuses et travailleurs en premier. Les affiliés au CTC ont le pouvoir de changer les choses. Le CTC doit changer pour défendre réellement les droits des travailleuses et travailleurs, même lorsque c’est difficile.

Compte tenu de la situation et de notre désir de changement immédiat pour défendre les travailleuses et travailleurs canadiens contre leurs oppresseurs américains, notre syndicat a pris la décision de cesser de participer aux activités du CTC.

Il s’agit d’une décision de principe. Elle tient les autres affiliés responsables de ne pas mettre les principes convenus en pratique. Les dirigeantes et dirigeants d’Unifor croient fermement que, pour améliorer le sort des travailleuses et travailleurs, il faut faire progresser ce dossier maintenant dans l’espoir de renforcer le mouvement syndical au Canada.